Inde: la dégringolade de la roupie conséquence d'une dérive de l'économie

Des Indiens échangent des roupies

La roupie indienne, qui a enchaîné les records à la baisse la semaine dernière, devrait poursuivre sa dégringolade, à moins que le gouvernement n'agisse pour remettre l'économie indienne sur les rails d'une croissance forte, avertissent les analystes.

La devise indienne, qui a atteint un plus bas à 56,38 roupies pour un dollar la semaine dernière et perdu un quart de sa valeur sur les 12 derniers mois, est la monnaie asiatique la plus mal en point à l'heure actuelle.

La roupie indienne, qui a enchaîné les records à la baisse la semaine dernière, devrait poursuivre sa dégringolade, à moins que le gouvernement n'agisse pour remettre l'économie indienne sur les rails d'une croissance forte, avertissent les analystes.

La devise indienne, qui a atteint un plus bas à 56,38 roupies pour un dollar la semaine dernière et perdu un quart de sa valeur sur les 12 derniers mois, est la monnaie asiatique la plus mal en point à l'heure actuelle.

"La faiblesse de la roupie indienne est un symptôme et non le problème sous-jacent", qui est "l'incohérence de la politique (économique indienne), la baisse de l'appétit mondial pour le risque et un gouvernement comateux", observe Rajeev Malik, économiste senior du courtier CLSA.

L'agence de notation Standard and Poor's a prévenu qu'elle pourrait dégrader la note de crédit de l'Inde, la croissance économique du pays ralentit alors que la pauvreté reste massive, et le déficit des comptes courants est le plus élevé depuis trois décennies.

Le Premier ministre Manmohan Singh a admis que sa coalition instable, dominée par le parti du Congrès, devait faire plus pour remettre l'économie indienne sur les rails d'une forte croissance.

"Je serai le premier à dire que nous devons faire mieux", a reconnu le responsable de 79 ans la semaine dernière.

On attribue à M. Singh le mérite d'avoir ouvert l'économie indienne quand il était ministre des Finances en 1991, mais son mandat de Premier ministre a été entaché par une série de revirements et de scandales de corruption.

Son ambitieux programme de réforme s'est enlisé après des conflits internes à sa coalition et le climat économique a pâti de l'annonce d'une nouvelle politique fiscale vue comme hostile aux investissements étrangers.

"La faiblesse du gouvernement indien reste le principal frein à l'activité", confirme Glenn Levine, économiste senior à Moody's Analytics.

Mais la chute de la roupie semble avoir avivé les inquiétudes sur la politique économique.

Sur 58 économistes et chefs d'entreprises interrogés, 53 estiment que la situation économique s'est brutalement aggravée, selon un sondage des Chambres de Commerce et d'Industrie associées d'Inde (Assocham).

"Le gros du désastre est provoqué par les incertitudes sur la valeur de la roupie et sa chute. Tout le monde des affaires est ébranlé", note l'Assocham.

De nombreux analystes envisagent le seuil de 60 roupies pour un dollar comme la prochaine étape pour la devise indienne alors que les statistiques américaines médiocres et la crise de la dette en Europe poussent les investisseurs cherchant à minimiser les risques à bouder les marchés émergents.

Pendant ce temps, la chute de la roupie aggrave l'inflation en Inde, qui dépasse déjà 7%, en rendant les importations plus onéreuses et alourdissant pour les sociétés le service de la dette en dollars.

Cette dégringolade de la monnaie indienne grève aussi l'afflux de capitaux, rendant le déficit des comptes courants, qui représente déjà 4,3% du PIB, plus difficile à combler.

Selon les analystes, New Delhi pourrait prendre des mesures pour limiter la demande pour le dollar et soutenir la roupie, notamment en demandant à la Banque centrale de vendre directement des dollars aux compagnies pétrolières indiennes, ce qui ferait diminuer la demande pour le billet vert sur le marché des changes.

L'Inde, pauvre en énergie, doit importer 80% de son pétrole brut, en déboursant des dollars.

La banque centrale pourra "au mieux, ralentir un peu le rythme de la dépréciation, mais ne sera pas capable d'inverser la situation", a averti Deepali Bhargava, économiste en chef pour l'Inde chez Espirito Santo Securities.

Les analystes soulignent que la balle est dans le camp du gouvernement, qui doit mettre en place des réformes longtemps repoussées, comme l'ouverture du secteur de la distribution ou de l'aviation aux investissements étrangers.

"Le gouvernement devra restaurer la confiance dans la gouvernance (...) et répondre aux inquiétudes des investisseurs sur la fiscalité", ajoute le chef du courtage de la banque IndusInd, Rajeev Mahrotri.

Le gouvernement indien prévoit une croissance économique de 7,6% sur l'année fiscale en cours qui s'achève en mars 2013. Mais les prévisions du secteur privé tablent sur 6% à 7% de croissance seulement, un rythme certes enviable part rapport à la norme occidentale, mais qui reste trop faible pour réduire la grande pauvreté de la population indienne, soulignent les experts.

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