Renault étudie un retour dans l'automobile haut de gamme

Une Alpine A110, modèle de sport de Renault datant de 1967, dans un garage parisien, en 1998

Renault envisage de revenir dans l'automobile haut de gamme avec pour objectif de profiter d'un des créneaux les plus juteux du marché et, dans le sillage de ses projets de relance d'Alpine, d'atténuer son image de constructeur cantonné aux voitures généralistes, voire low cost.

En avant-première du Grand Prix de Formule 1 de Monaco, le groupe doit présenter vendredi dans la Principauté un "concept car" rendant hommage à la mythique Alpine 110 Berlinette.

Renault envisage de revenir dans l'automobile haut de gamme avec pour objectif de profiter d'un des créneaux les plus juteux du marché et, dans le sillage de ses projets de relance d'Alpine, d'atténuer son image de constructeur cantonné aux voitures généralistes, voire low cost.

En avant-première du Grand Prix de Formule 1 de Monaco, le groupe doit présenter vendredi dans la Principauté un "concept car" rendant hommage à la mythique Alpine 110 Berlinette.

Son numéro deux, Carlos Tavares, a confirmé mardi devant des analystes le projet de résurrection d'Alpine, évoqué à plusieurs reprises depuis l'été 2011, selon Les Echos.

La nouveauté consisterait en revanche à en faire une marque sport à part entière, aux côtés d'une autre inédite, "Initial Paris", qui doterait Renault d'"une nouvelle ligne de produits haut de gamme", a rapporté jeudi le quotidien économique citant des sources concordantes.

Le créneau de la voiture haut de gamme a été déserté ces dernières années par le deuxième constructeur français, échaudé par les échecs cuisants de la VelSatis et l'Avantime.

"Les marques françaises ne sont plus légitimes aujourd'hui dans le haut de gamme et il faut remonter 20 ans ou 30 ans en arrière, avec la R25 et la Safrane, pour retrouver des modèles de cette catégorie qui ont eu du succès", relève Emmanuel Taillardat, éditeur de La Lettre professionnelle VN.

"Le marché du haut de gamme est trusté par les marques allemandes alors qu'il est déclinant en Europe mais en pleine expansion dans les pays émergents", précise Didier Laurent, directeur des rédactions du groupe L'Argus.

Il relève, par ailleurs, que Renault est le "parent pauvre de l'alliance Renault-Nissan, le japonais dégageant l'essentiel des profits".

"Hypothèses"

Le constructeur français avance à pas comptés. "Le projet Alpine est effectivement à l'étude, pour le reste nous n'en sommes qu'au stade des hypothèses", a déclaré jeudi à l'AFP un porte-parole de Renault.

Les deux projets "nécessitant de lourds investissements, Renault cherche à les mettre en oeuvre dans le cadre d'accords de coopération avec d'autres constructeurs", soulignait jeudi Les Echos.

Carlos Tavares avait évoqué en février la possibilité pour Renault de développer un véhicule haut de gamme à partir d'une plateforme de la Mercedes-Benz classe E, l'un des plus grands modèles de la marque allemande.

Renault et Daimler-Benz sont déjà liés depuis 2010 par des accords de coopération industrielle, notamment pour la production de petites voitures comme la Twingo et la Smart.

"L'annonce de Renault intervient alors que marque est en période de creux sur le plan des produits et que sa rentabilité est sauvée par les activités low cost de Dacia", analyse Emmanuel Taillardat.

Selon lui, Renault souhaite se dégager d'une image trop associée aux petites Clio et Twingo ou à la Logan "low cost" de sa filiale Dacia. Il envoie donc un message au monde de la finance pour assurer "que la marque a un projet diversifié visant à la tirer vers le haut".

Pour autant, estime-t-il, une telle stratégie devrait passer par la déclinaison haut de gamme de modèles existants, comme l'a fait avec succès Citroën avec la DS (DS3 et DS4 sont tirés des modèles C3 et C4).

"Ni PSA, ni Renault n'ont aujourd'hui la capacité financière de lancer un nouveau modèle", ajoute-t-il.

Paradoxalement, et à l'inverse de Renault, Peugeot a dévoilé de son côté jeudi les détails de la 301, une berline "d'entrée de gamme" destinée aux pays émergents, dont il entend faire un de ses véhicules "les plus importants en volumes de ventes dans le monde" tout en rejetant l'étiquette "low cost".

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