Québec

MONTRÉAL La Neuve

Transport en commun, gestion municipale, culture : la vision des candidats à la mairie de Montréal se précise à l’approche du scrutin du 3 novembre. Mais qu’en est-il de l’attractivité économique de la métropole du Québec ? Selon le Conference Board du Canada, entre 1999 et 2009, le nombre de sièges sociaux établis à Montréal est passé de 596 à 443, une chute de 25,6 %.
Les aspirants maires ont-ils un plan pour stopper ou endiguer cette fuite hors de Montréal ?
Voici ce qu’ils proposent

DENIS CODERRE
(ÉQUIPE DENIS CODERRE)

Le rôle de la Ville de Montréal est avant tout de créer « un environnement favorable où les entreprises voudront s’installer », indique Denis Coderre. Cette attractivité passe notamment par un régime fiscal concurrentiel, mais aussi par la création d’un milieu de vie qui plaira aux travailleurs et à leurs familles. L’ancien député fédéral estime que la mise en place d’un « leadership fort » à la tête de Montréal rassurera les chefs d’entreprise que les récentes histoires de corruption ont pu faire fuir. De manière plus concrète, une administration Coderre travaillerait avec Aéroports de Montréal pour augmenter le nombre de liaisons avec les métropoles commerciales du monde, moderniserait les parcs industriels du Grand Montréal et veillerait, par l’intermédiaire des universités, au maintien d’un bassin de main-d’œuvre qualifiée. « Nous devrons aussi sensibiliser le gouvernement provincial, dont les politiques fiscales, notamment, ont une très grande influence sur le déplacement des sièges sociaux », insiste Denis Coderre.

MARCEL CÔTÉ
(COALITION MONTRÉAL)

Issu du monde des affaires, Marcel Côté aborde directement la question des sièges sociaux dans le programme électoral de son parti. « Les secteurs des sièges sociaux et de la finance, longtemps piliers de l’économie montréalaise, ont depuis 50 ans glissé progressivement vers Toronto. » Pour « accélérer la mondialisation de l’économie montréalaise », Marcel Côté s’engage notamment à « positionner l’image internationale de Montréal en tant que ville de création, ville de savoir, ville universitaire ». Ce dont Montréal a besoin, croit la Coalition Montréal, c’est d’entreprises qui souhaitent s’établir dans un milieu nord-américain cosmopolite. Le savoir, l’innovation et l’ouverture sur le monde sont les trois axes qui permettront à Montréal de « réinventer son économie », avance le parti. Tout comme les autres candidats à la mairie, Marcel Côté souhaite améliorer le réseau de transport de la métropole pour faciliter le déplacement des investisseurs. Cela comprend à la fois l’amélioration de la desserte par avion de Montréal et une plus grande efficacité du transport par navette entre l’aéroport et le centre-ville.

RICHARD BERGERON
(PROJET MONTRÉAL)

« L’attraction et la rétention de sièges sociaux nécessite un climat politique stable, un bassin de main-d’œuvre suffisant et talentueux, ainsi qu’un lieu globalement compétitif jouissant d’une bonne réputation », résume Richard Bergeron. À la manière de ses adversaires politiques, il estime que pour améliorer la compétitivité de Montréal, son administration devra assainir les finances, éliminer la corruption, réduire le coût des services et offrir une fiscalité avantageuse. Il faut, selon lui, miser sur le « caractère universitaire » de la métropole, vendre la ville en tant que milieu propice à l’innovation, sans toutefois négliger l’investissement dans les infrastructures pour améliorer la qualité de vie. Le parti avance, à titre d’exemple, que ses politiques de protection d’ateliers d’artistes ont convaincu la compagnie londonienne d’effets spéciaux Framestore d’ouvrir récemment un bureau sur le Plateau-Mont-Royal. « Avec les moyens à notre disposition et des solutions innovatrices, nous pouvons favoriser le développement économique et le rayonnement de notre métropole », affirme le chef de Projet Montréal.

MÉLANIE JOLY
(GROUPE MÉLANIE JOLY)

Si elle est élue le 3 novembre prochain, Mélanie Joly veut présenter Montréal comme un milieu d’affaires, mais aussi un milieu de vie favorable aux chefs d’entreprise. « La décision d’investir, c’est bien sûr une décision d’affaires, mais c’est aussi un enjeu émotif », explique-t-elle. La candidate de 34 ans croit qu’il faut « redorer le blason de Montréal » en faisant sa promotion à l’étranger, tâche dont elle compte s’acquitter personnellement : « Pour moi, le rôle du maire, c’est de faire la promotion d’un projet, d’être un vendeur de marque ». Elle estime que l’élection d’une nouvelle génération de politiciens à la tête de Montréal permettra d’exploiter différents réseaux, de rétablir la confiance des investisseurs envers les institutions politiques et de mettre en valeur le potentiel de la ville. « Avec notre créativité, notre caractère bilingue et notre jeunesse, je crois que Montréal peut devenir un terreau fertile pour des industries de la créativité comme celles des jeux vidéos ou de la mode. » Une administration Joly créerait un poste de « chef du développement économique de Montréal » principalement consacré à la promotion de la métropole auprès d’investisseurs potentiels. 5

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