Économie

John W. Snow, ancien secrétaire américain au Trésor: Le pire c'est la déflation

John W. Snow, issu du milieu des affaires, a été nommé secrétaire au Trésor le 13 janvier 2003 par le président américain George W. Bush.
Il a été remplacé par Henry Paulson en mai 2006, à la suite de différends avec l’administration Bush.

L’ancien secrétaire américain au Trésor, John W. Snow, évoque un point de non-retour, un système financier fissuré dont la réparation exige une concertation internationale. Ce travail de reconstruction prendra un certain temps, comme le retour du marché du crédit à des conditions normales.  

          John W. Snow est aujourd’hui président du conseil d’administration du fonds d’investissement privé Cerberus Capital Management, L.P.

          Il a accordé une entrevue à Forces le 11 novembre, soit une semaine après l’élection de Barack Obama à la présidence des États-Unis. Il était invité à commenter les présidentielles, mais aussi et surtout à revenir sur cette crise financière qui sévit et sur la récession économique dont les analystes tentent encore de mesurer l’ampleur.

          Dans son analyse de la crise, l’ancien secrétaire au Trésor retient que les actions posées sont adéquates et félicite à cet égard l’inspiration dont ont fait preuve la Banque d’Angleterre et son gouverneur, Mervin King. Il retient qu’au départ, les autorités américaines ont commis l’erreur de ne pas élaborer un plan de sauvetage clair, créant une confusion mal accueillie par les marchés. Le tir a été corrigé par la suite grâce à l’adoption du modèle d’intervention britannique.

          Au sujet de cette crise économique certes importante, John W. Snow affirme que l’activité économique aux États-Unis ne devrait pas sombrer dans une profonde et sévère contraction à long terme. Toutefois, les consommateurs étant particulièrement secoués, on ne pourra éviter le pire sans un plan de stimulation ciblé… tout en prenant garde au danger du repli sur soi. « L’une des pires options serait d’emprunter la voie du protectionnisme. Nous l’avons appris à nos dépens lors de la grande dépression, avec Hawley-Smoot », souligne-t-il.

          À ce sujet, les promesses électorales de Barack Obama, qui s’est engagé à revoir à la baisse l’Accord de libre-échange nord-américain, lui font froncer les sourcils.

          Ce qui ne l’empêche pas d’applaudir au passage l’élection d’un président démocrate et de faire l’éloge de Barack Obama. Ce dernier arrive à un moment charnière. Tributaire du lourd héritage de l’administration sortante, il devra rallier les Américains aux innombrables défis qui s’annoncent et leur rappeler qu’ils ne peuvent envisager de continuer à vivre ainsi au-dessus de leurs moyens. « Je crois que nous avons besoin d’un président qui parlera franchement et honnêtement aux Américains », résume-t-il.

La crise financière a représenté un tournant dans la dernière campagne présidentielle. Qu’avons-nous à apprendre de cette crise ?

          Il y a beaucoup de choses à apprendre, beaucoup de leçons à tirer. Et il nous faudra probablement beaucoup de temps. Mais au cœur de cette crise, il y a l’échec de la gestion du risque. Toutes les crises – et elles se produisent trop fréquemment – se résument à cela : un échec de l’activité de gestion des risques dans le secteur financier et, dans le cas actuel, tant du côté des emprunteurs que de celui des prêteurs.

Nous oublions constamment les leçons du passé et celles de la dernière bulle, qui nous rappellent que l’arbre ne pousse pas jusqu’au ciel, que les temps favorables ne sont pas perpétuels.

          Avant l’actuelle crise, nous avons  connu une longue période de prospérité. Les pratiques en matière de prêt se sont relâchées et le crédit a été élargi à beaucoup de personnes, tant des acheteurs de maison que des investisseurs, qui n’auraient pas dû y accéder. À la fin, nous avons eu droit à une explosion du crédit et de la consommation, ainsi qu’au développement d’une toute nouvelle génération d’instruments financiers « créatifs » qui n’étaient pas bien compris. Aussi la dette atteint-elle maintenant un niveau insoutenable.

Washington a-t-il bien réagi, notamment en se portant acquéreur d’actions de banques ?

          Je crois que oui. Il y avait différentes façons de réagir. Au départ, on a cru que le plan retenu donnerait aux autorités les pouvoirs de poser des gestes qui n’avaient pas été envisagés antérieurement. D’ailleurs, initialement, le plan prévoyait le rachat des actifs à problème. Or, les autorités ont conclu que le processus serait long et ardu, qu’il ne produirait pas l’effet immédiat escompté et qu’il serait plutôt préférable d’user de leur pouvoir pour injecter les capitaux directement dans les banques et obtenir des garanties.

          Les autorités apprennent elles aussi, au fur et à mesure que la crise évolue. Je le répète : il y avait plusieurs façons d’agir, mais on a suivi le modèle britannique, qui consiste à injecter de l’argent dans les banques en retour de garanties entourant le financement interbancaire ou de conditions visant à relancer les prêts interbancaires.

          Depuis, nous assistons à un début de dégel du système financier, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Nous sommes encore loin du retour à des conditions normales sur les marchés du crédit.

Il n’était donc pas possible de laisser le marché agir, de laisser les choses aller sans intervenir ?

          Absolument pas ! Ne rien faire aurait été une erreur. Nous nous serions retrouvés avec un système financier complètement paralysé. La confiance aurait été brisée, et lorsque cela arrive, la panique s’installe. La seule façon d’éviter les mouvements de panique est d’utiliser les états financiers du gouvernement. Une injection de capitaux dans le système devient alors nécessaire afin de rétablir la confiance. Et qui dispose d’actifs suffisamment importants pour injecter de tels capitaux, si ce n’est l’État ?     

          Sans aucun doute, il était important que le gouvernement intervienne afin de sauver le système.

Henry Paulson, l’actuel secrétaire américain au Trésor, a indiqué que les autorités avaient commis des erreurs. Pouvez-vous préciser ?

          Je ne sais trop de quoi il parlait au juste. Des erreurs, il y en a eu beaucoup. Pensons par exemple à ces institutions bancaires trop laxistes, qui sont allées trop loin dans l’abaissement des critères d’octroi des prêts. Les autorités n’ont pas posé la question fondamentale, à savoir qui allait rembourser le prêt et si elles allaient recouvrer leur argent. Et elle se retrouvent propriétaires des banques qui sont à l’origine de ces prêts.

          De plus, beaucoup d’emprunteurs ont certainement dû se rendre compte qu’ils avaient pris plus d’obligations qu’ils n’étaient capables d’en assumer. Nous avons également le développement de ces instruments financiers « exotiques », les CDO (Collateralized Debt Obligations) et autres. Les créateurs de ces instruments ne comprenaient pas bien les risques qu’ils comportaient, et leurs acheteurs ne mesuraient pas le degré de risque qu’ils représentaient.

          Les agences de notation n’ont pas su elles non plus mesurer le risque, et ont coté ces papiers bien au-dessus de leur réel niveau de qualité.

          Par ailleurs, il faut également se demander : Où étaient les vérificateurs ? Et les responsables des prêts ? Et les comités de vérification ? Où étaient les conseils d’administration et les chefs financiers de ces institutions ? En fin de compte, la responsabilité appartient à ce système financier qui crée des risques dont il est incapable de comprendre la portée ou qu’il manipule avec négligence.

Parlons de Lehman Brothers. Fallait-il sauver cette banque commerciale ? Les analystes ont retenu que son effondrement est à l’origine de la tension et de la méfiance sur le marché des prêts interbancaires. Laisser Lehman Brothers faire faillite a-t-il été une erreur ?

          Je ne vais pas me livrer au jeu de ce qui aurait dû être fait. Pour cela, il aurait fallu que je sois là. Et je sais pertinemment à quel point il est difficile de répondre à ce type d’appel. Mais il m’apparaît que s’il y a échec, il provient de ce manque de clarté dans l’élaboration d’une stratégie, qui a empêché le marché de comprendre quelle était la politique du gouvernement.
En rétrospective, il est évident que les autorités gouvernementales auraient pu agir plus rapidement en appliquant une politique claire et structurée qui soit bien comprise des marchés.

          Cela dit, je ne souhaite pas commenter les décisions particulières, comme celle concernant Lehman.

À un moment donné, avons-nous frôlé le chaos total et atteint un point de non-retour ?

          Je pense que nous sommes actuellement au cœur d’un bourbier financier et que nous avons effectivement atteint le point de non-retour. L’intervention gouvernementale a rassuré le marché et a montré que le gouvernement était là pour agir en dernier recours et qu’il posera les gestes requis pour stabiliser la situation.

          Le président de la Réserve fédérale américaine (FED), Ben Bernanke, et le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, à l’instar de leurs homologues des autres pays – et je pense plus particulièrement à la Banque d’Angleterre et à son gouverneur, Mervin King, qui est le leader intellectuel du groupe –, ont clairement indiqué que les gouvernements ne laisseraient pas le système financier se cristalliser complètement en l’état actuel des choses.

          Mervin King est celui qui a agi avec le plus de force et d’efficacité. Il est le héros obscur de cette triste histoire. Il a été le premier à soumettre une approche compréhensible fondée sur une connaissance réelle des fondements de la crise. Le marché avait déterminé que les papiers détenus par les banques étaient plus risqués que celles-ci ne le pensaient. Une fois cette conclusion atteinte, la valeur de ces papiers s’est effondrée, ce qui a provoqué une chute du capital des banques.

          Le gouverneur de la Banque d’Angleterre a bien fait comprendre à ses collègues et au premier ministre Gordon Brown qu’on ne sortira pas de cette crise tant que la capitalisation des banques ne sera pas rétablie. Et ce sont les conversations qu’il a eues avec les autorités américaines et ailleurs qui font que les États-Unis injectent aussi des capitaux dans les banques. Rappelez-vous que le programme prévoyait au départ le rachat des actifs à problème. Ce plan a depuis été radicalement modifié pour devenir un programme d’injection de capitaux. Telle a été la contribution de Mervin King.

          Les États-Unis et le reste du monde lui sont redevables, ainsi qu’à la Banque d’Angleterre.

Quelle a été la contribution de Gordon Brown ?

          Il a permis de convaincre les autorités bancaires du monde entier que l’injection de capitaux n’allait pas tout régler à elle seule, qu’il fallait également que les banques se remettent à prêter. Et parce que les banques se méfiaient de leurs consœurs, les autres banques, la seule façon de les amener à reprendre leurs activités de prêt consistait à leur souligner que les gouvernements garantiraient ces prêts interbancaires. Ce sont ces deux éléments, l’injection de capitaux et la garantie gouvernementale sur les prêts interbancaires, qui ont contribué à un début de retour à la santé du système financier.

Pour la suite des choses, en vue d’assurer l’avenir, doit-on revenir à l’Histoire et aux accords de Bretton Woods ?

          Je crois que oui. Peut-être pas nécessairement à Bretton Woods, mais sûrement à un renforcement du Fonds monétaire international (FMI). Il faudra donner plus d’autorité au FMI. Je crois également que les pays signataires de Bretton Woods devront, à l’interne, se doter d’un solide organisme de réglementation des institutions financières,qui pourra surveiller les risques systémiques. C’est essentiel.

          Nous devons également renforcer le rôle d’institutions tel le G20. Il faut ouvrir ces instances internationales aux nouvelles puissances économiques que sont l’Inde, le Brésil, la Chine et le Mexique, entre autres. Il faut s’assurer que ces pays, qui sont des partenaires commerciaux et qui représentent l’épargne et l’investissement, autrement dit, les flux monétaires, soient présents et puissent jouer leur rôle.

          Il nous faut un nouveau pacte social mondial, comme celui qui a émergé en 1944 des rencontres de Bretton Woods.

Pensez-vous que les États-Unis sauront se montrer plus ouverts au multilatéralisme ?

          Il existe un consensus grandissant autour du besoin de changer ces institutions internationales, qui ont maintenant plus de 60 ans. Elles doivent se renouveler. Et n’oublions pas que nous nous retrouvons aujourd’hui face à un système financier fissuré qui doit être réparé. Cela ne peut se faire que de concert avec les nouvelles puissances économiques, et seulement si ces nouveaux joueurs mondiaux participent.

          Outre le G7, dont fait partie le Canada, nous avons besoin d’un groupe élargi qui inclue les pays que j’ai déjà nommés, ainsi que de représentants du Moyen-Orient, une région qui abrite aujourd’hui un vaste réservoir d’épargne.

          Donc, je ne parlerais pas d’un nouveau Bretton Woods, mais plutôt d’un nouveau pacte social mondial sur la façon dont devrait fonctionner l’économie internationale.

Tout cela s’inscrit dans une conjoncture économique difficile. Adhérez-vous au scénario d’une récession longue et sévère aux États-Unis ?

          Non. Le chômage est appelé à croître considérablement et la croissance économique sera négative pendant quelque temps. Mais j’ai bon espoir que nous pourrons éviter une récession profonde, longue et difficile. Même si cela demeure une possibilité, je pense que nous l’éviterons en mettant en place un solide programme de stimulations, tout en poursuivant des actions visant à redresser le système financier.

          Nous n’en sortirons pas tant que nous n’aurons pas relancé l’activité de prêt. Plus de 70 % du PIB des États-Unis repose sur les consommateurs. Ces derniers sont durement touchés par la situation actuelle. La dette des ménages est trop élevée, l’emploi se contracte. Les consommateurs se voient retirer leurs cartes de crédit. Le crédit est de moins en moins disponible pour la consommation.

          Nous devrions assister à une importante contraction de la consommation, que nous observons déjà dans les statistiques sur les ventes au détail.

          Afin de soutenir l’économie en cette difficile période, nous avons besoin d’un programme de stimulation vigoureux et bien ciblé. J’ai bon espoir que le Congrès orchestrera un tel plan, ou du moins en jettera les bases dès la session en cours.

          La Chine a donné le ton, avec son programme de relance de 586 milliards de dollars...

          Cette mesure est très positive. Cela montre que la Chine est un membre responsable de cette communauté planétaire, qu’elle fait face à ses responsabilités.

À vos yeux, quelle pourrait-être la prochaine source d’instabilité ou de crise économique ?

          C’est le protectionnisme qui m’inquiète le plus en tant que source d’instabilité. La récession se transformerait alors en une  contraction très sévère et à long terme. Je prie donc pour que les États-Unis et les autres pays du monde résistent aux élans protectionnistes.
        
Pendant la campagne, Barack Obama parlait de renégocier à la baisse l’Accord de libre échange nord-américain. Est-ce le genre de protectionnisme que vous craignez ?

          Tout à fait, et ce serait une erreur terrible ! Nous devons élargir le libre-échange, et non le restreindre.

          Les leçons de l’histoire nous enseignent que les contractions économiques deviennent plus graves et plus difficiles à redresser lorsque les autorités politiques font les mauvais choix. Et l’une des pires options serait de devenir protectionnistes.

          Nous l’avons appris à nos dépens lors de la grande dépression, avec Hawley-Smoot, cette loi promulguée par les États-Unis en 1930 et qui visait à augmenter les droits de douane.

A propos des élections présidentielles, la victoire de Barack Obama vous a-t-elle surpris ?

          Non, aucunement. Le pays était prêt pour ce changement. Barack Obama incarne l’espoir d’un changement et d’un meilleur avenir pour ce pays.

          Le sénateur John McCain présentait un lourd handicap. La faiblesse économique, huit années d’administration républicaine, un président impopulaire, une guerre impopulaire et, plus important encore, la situation économique. Ces élections ont été, en dernière analyse, une affaire d’économie.

L’héritage laissé à Barack Obama est-il à ce point lourd à porter ?

          Le nouveau président entre en fonction en des temps extrêmement difficiles. Probablement les plus difficiles des 30 dernières années, voire depuis Franklin D. Roosevelt.

          Oui, il arrive dans des circonstances défavorables. Deux guerres, une conjoncture économique qui se détériore rapidement, de lourds déficits, la nécessité de rétablir la confiance, et cette économie mondialisée qui appelle les États-Unis à exercer un nouveau leadership. C’est une période extraordinairement riche en défis pour le nouveau président.

          Et si ce n’était que cela ! Barack Obama hérite également d’un déficit budgétaire intenable qui devrait atteindre les 1 000 milliards de dollars américains. D’autres avancent même le chiffre de 1 500 milliards. Nous faisons également face à un problème démographique, à une population vieillissante qui exerce d’énormes pressions sur les coûts de sécurité sociale en matière de santé et de retraite. Et nous savons que ces programmes sont inabordables.

          Le président devra trouver une façon de répondre à ces questions. Il devra dire aux Américains que le moment est venu de faire face à ces réalités : une population vieillissante, des pressions énormes sur les soins de santé, des déficits budgétaires ingérables et un niveau d’endettement beaucoup trop élevé par rapport au produit intérieur brut.

          Bref, je crois que nous avons besoin d’un président qui parlera franchement et honnêtement aux Américains, qui mettra à profit son capital politique inhérent à l’actuelle lune de miel pour appeler les Américains à participer aux changements que nous devrons effectuer. Certains de nos engagements face à l’avenir ne sont plus viables et doivent être revus.

Et vous pensez que les Américains sont prêts à entendre ces vérités ?

          Je pense qu’ils le sont. Spécialement avec un président aussi inspirant que Barack Obama, qui positionne continuellement les États-Unis en fonction des idéaux les plus élevés de ce pays. Un président qui est un orateur né, qui s’appuie sur une rhétorique inspirante. Je pense que seul un Démocrate peut faire cela, un Démocrate disposant du talent extraordinaire d’Obama.

Washington, 18 novembre 2008 : le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson témoigne devant la House Financial Services Committee, dans le cadre des audiences sur le plan de relance de l’administration américaine.

Gordon Brown, 10 Downing Street : le premier ministre du Royaume-Uni a joué un rôle clé auprès des autorités bancaires du monde entier.

Nicolas Sarkozy et George W. Bush
à la Maison-Blanche, lors du sommet
du G20 qui s’est tenu à Washington,
le 15 novembre dernier.

Alan Mulally, p.-d.g de Ford, Robert Nardelli, p.-d.g de Chrysler, et Richard Wagoner, chef des opérations de General Motors, entendus lors d’audiences menées par
la House Financial Services Committee, Washington, le 19 novembre 2008.

La participation du gouvernement
américain à hauteur de 20 milliards
de dollars dans Citigroup s’ajoute aux
25 milliards déjà consentis dans le cadre du plan de sauvetage du secteur financier.
Le gouvernement s’est aussi engagé
à garantir pour plus de 300 milliards
des actifs de la banque.

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