Économie

Un partenariat économique Québec - Ontario

Pour un regroupement Québec-Ontario

Le vaste chantier du nouvel espace économique pour le Québec mis en branle par le premier ministre Jean Charest passe inévitablement par un regroupement des forces des provinces centrales. « En matière d’exportation, tous visent les mêmes marchés. Pourquoi ne pas renforcer l’axe Québec-Ontario, deux économies déjà bien intégrées ? Ce marché combiné de plus de 800 milliards de dollars canadiens, déjà bien intégré, compte pour plus de 60 % du PIB canadien. Le potentiel de développement est important », affirme Michel Audet.

 

Ex-ministre du Développement économique au sein du gouvernement Charest, Michel Audet s’est vu confier la tâche de négocier un accord économique et commercial élargi avec l’Ontario.

 

Il s’agit de négocier une entente de partenariat devant déboucher sur une coopération en matière de réglementation. Le projet d’accord doit être soumis aux deux gouvernements pour approbation à la fin de 2008, avec mise en œuvre dès 2009. « C’est ambitieux, mais réaliste », croit Michel Audet.

 

Mobilité de la main d’œuvre, marchés publics, réglementation, services financiers, environnement, transport, agriculture, mécanisme de règlement des différends... Les enjeux sont de taille : la mobilité de la main d’œuvre interpelle la cinquantaine d’ordres professionnels du Québec et les différents corps de métier sur des questions de reconnaissance mutuelle des formations, des compétences et des permis. La définition des marchés publics diffère d’une province à l’autre, et le mécanisme d’appel d’offres est plus décentralisé en Ontario. Et la liste ne s’arrête pas là… Au total, dix tables de travail ont été constituées.

 

Tout cela s’insère dans un cadre plus large de négociations comprenant l’entente France-Québec sur la mobilité de la main d’œuvre et l’accord sur le commerce intérieur (ACI), qui englobe les 13 provinces et territoires. Nous sommes en lien étroit avec l’équipe de Gil Rémillard, négociateur en chef pour la mobilité de la main d’œuvre entre la France et le Québec. Tout se fait dans la transparence. »

 

Michel Audet évoque la tenue d’un conseil des ministres conjoint des gouvernements québécois et ontarien, au début de juin. « Des signaux très clairs de volonté politique ont été envoyés aux ministres et aux négociateurs. »

 

S’ajoutent un mécanisme de règlement des litiges et la présence de sanctions, sous forme d’amendes. « Désormais, il y aura “des dents”. Car qui dit entente dit contrainte, dans le respect de l’autonomie et des marges de manœuvre de chacun. »

 

Certes, on constate des désaccords et des craintes provenant notamment du secteur agricole et du monde syndical. « Ce sont des discussions constructives. Nous travaillons à l’intérieur de balises très précises », prend soin de préciser Michel Audet.

 

Certains éléments sont non négociables, comme la protection de la langue française, l’industrie culturelle, la santé publique, les services sociaux, ou encore le modèle de gestion de l’offre en agriculture.

 

Cependant, un gouvernement pourra toujours décider de passer outre moyennant le versement de l’amende, fixée à 5 millions de dollars.

 

Le Québec négocie face à une économie au poids deux fois plus important et à une population plus nombreuse de 50 %. Par contre, « il dispose de plusieurs bonnes cartes dans son jeu », commente le négociateur québécois, qui insiste : « L’objectif est d’élargir notre espace économique tout en laissant aux deux gouvernements leur marge de manœuvre. Certes, en matière d’attrait des investissements, nous demeurons concurrents. Mais nous voulons établir une meilleure coopération politique pour, au besoin, assurer une meilleure défense de nos potentiels économiques tant face au pouvoir pétrolier de l’Ouest canadien que vis-à-vis du gouvernement fédéral et de l’OMC. »

 

Et Michel Audet d’insister : « Tout le monde y gagnera. »

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