Économie

Ces Européens qui investissent au Québec: Eidos Montréal

Eidos Montréal

L'industrie du jeu, soutenue par les pays asiatiques, l'Europe et les États-Unis,

verra ses revenus progresser de 9 % à l’échelle mondiale : en effet, ceux-ci devraient passer de 31,6 milliards de dollars en 2006 à 48,9 milliards en 2011*. Au Québec, le secteur du jeu vidéo emploie actuellement plus de 5 000 personnes, et représentait un chiffre d'affaires de 550 millions de dollars en novembre 2007.

 

  EIDOS, membre du SCi Entertainment Group, inscrit à la Bourse de Londres, est le chef de file dans le domaine du développement et de l’édition de jeux vidéo au Royaume-Uni. En 2007, le célèbre concepteur de la série Tomb Raider inaugurait à Montréal l'un de ses studios les plus importants.

            Le groupe EIDOS cherchait alors à accroître sa capacité de production et à étoffer son portfolio de propriété intellectuelle. La société a préféré la croissance interne à une acquisition. « Les raisons ne manquent pas pour expliquer le choix de Montréal parmi plusieurs grandes villes du monde, affirme Stéphane D’Astous, directeur général d’EIDOS Montréal. Les crédits d’impôt sont un facteur, certes, mais la métropole possède aussi une foule d’avantages. Elle recèle notamment une masse critique de travailleurs ultra spécialisés dans le domaine du jeu vidéo, et son grand nombre d'établissements d'enseignement permettra d’accroître cette main-d’œuvre. »

            Au Québec, les universités décernent chaque année plus de 7 000 diplômes en informatique et dans des domaines liés au multimédia. Créé en 2005 en partenariat avec le cégep de Matane, l’Université de Sherbrooke et l’Université de Montréal, le Campus Ubisoft forme à lui seul une grande partie de ces diplômés.

            EIDOS Montréal compte actuellement 131 employés, mais prévoit former une équipe de 350 personnes avant la fin de 2009. « Toutefois, insiste le directeur général, nous voulons que le studio conserve une taille “humaine”, élément essentiel à l’atmosphère de travail. »

            EIDOS a investi 50 millions de dollars à Montréal. « Les prix de l’immobilier et les frais généraux plus bas qu'ailleurs nous permettent de maintenir des coûts d'exploitation raisonnables, ajoute Stéphane D’Astous. Mais c’est surtout le dynamisme de Montréal en tant que pôle incontournable du multimédia qui nous a séduits. » Ce dynamisme est mis en évidence par la place importante qu’occupent les secteurs périphériques tels que le cinéma et l’animation. Les occasions de partager les connaissances et les ressources sont donc omniprésentes. Softimage et Autodesk, pour ne nommer qu’elles, ont pavé la voie à une foule d’autres sociétés venues profiter de cette effervescence.

            « Le programme québécois de crédits d’impôt est l’un des plus généreux du monde et nous faisons des jaloux, c'est certain, mais Montréal est aussi un milieu bien organisé qui propose le soutien de plusieurs organismes parapublics », explique Stéphane D'Astous. Ainsi, EIDOS Montréal a pu compter sur l’appui de facilitateurs comme Alliance numérique, IGDA Montréal, Montréal International et Investissement Québec. « Emploi-Québec nous aide aussi beaucoup en ce qui a trait à la formation », ajoute-t-il.

            Le studio de Montréal se définit comme un centre de profits plutôt que comme un centre de coûts. Il a récemment obtenu du siège social une plus grande autonomie, qui lui permet désormais de mettre directement en vente les produits créés localement. EIDOS Montréal est également un centre d’excellence en matière d’assurance qualité. Tous les produits d’envergure créés par le groupe EIDOS sont en effet testés dans la métropole.

            La société britannique compte dans son portfolio plus de 400 jeux vidéo, dont la majorité sont conçus pour une plateforme PC, les autres étant destinés aux différentes consoles de jeu les plus populaires. Elle possède des studios dans neuf pays d’Europe, aux États-Unis et au Canada. EIDOS Montréal est actuellement le seul studio canadien de l’entreprise.

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