Énergie

Sur la route de l’énergie

Photos fournies par Hydro-Québec

Le printemps qui s’achève nous a rappelé à quel point les victoires du Canadien de Montréal peuvent faire vibrer les cordes sensibles des Québécois de toutes les régions. Si le Bleu Blanc Rouge est une figure emblématique de l’identité québécoise, on peut en dire autant d’Hydro-Québec, qui accueille chaque année dans ses installations quelque 150 000 visiteurs.
 

Daniel Johnson à l’honneur

            De toutes les grandes réalisations du génie québécois, le barrage Daniel-Johnson, à Manic-5, constitue la destination touristique de prédilection. Pour s’y rendre, près de 10 000 visiteurs parcourent chaque année une route sinueuse de plus de 200 kilomètres à partir de Baie-Comeau. Il s’agit du plus grand barrage à voûtes multiples et à contreforts du monde, et de l’ouvrage de génie civil québécois sans doute le plus photographié. Il s’agit également du témoin d’une date mémorable de notre histoire : le décès subit de Daniel Johnson, alors premier ministre du Québec, à la veille de l’inauguration officielle des installations.

            Symbole des travaux réalisés dans les bassins de la Manicouagan et de la rivière aux Outardes, le site de Manic-5 témoigne de l’époque où le génie québécois a commencé à s’affirmer sans complexes. C’est notamment à la suite des travaux d’aménagement réalisés dans cette région que la première ligne de transport à très haute tension du monde a été mise en service.

            À une vingtaine de kilomètres de Baie-Comeau, la centrale Manic-2 est aussi ouverte aux visiteurs pendant la saison chaude et permet aux touristes de se familiariser avec la beauté du complexe Manic-Outardes.

            Afin d’offrir aux visiteurs de Manic-5 une expérience renouvelée, Hydro-Québec prévoit y entreprendre la construction d’un tout nouveau centre d’interprétation. Signe des temps et du virage éconergétique, la construction du nouveau bâtiment devrait obéir aux principes du développement durable.

La route de la Baie-James

            La visite des installations de la Baie-James, au deuxième rang parmi les destinations touristiques populaires, tient de l’aventure. Plus des deux tiers des 8 500 visiteurs empruntent la route asphaltée de 620 kilomètres construite entre Matagami et Radisson au début des travaux. Outre une végétation rabougrie caractéristique de la taïga, ils peuvent admirer, une fois sur place, les plus imposants de tous les ouvrages construits par Hydro-Québec : la plus grande centrale souterraine du monde et le célèbre évacuateur de crues de l’aménagement Robert-Bourassa. Ils peuvent aussi visiter La Grande-1 et ses aménagements fauniques exceptionnels.

            Les installations de la Baie-James font figure de véritable mythe du Québec moderne. Depuis le début des années 1970, quelque 200 000 Québécois se sont exilés temporairement dans cette région éloignée pour y bâtir une réserve énergétique unique au monde. Rares sont les familles québécoises qui ne comptent pas au moins un ancien travailleur de la Baie-James.

            Dans l’imaginaire collectif, la Baie-James rappelle, par son éloignement et par la rigueur de son climat, les chantiers de coupe à bois des débuts de la colonie. Comme les cultivateurs de l’époque « montaient » aux chantiers pendant l’hiver, des Québécois de toutes les régions sont « montés » à la Baie-James pendant quelques mois ou plusieurs années. Eux aussi en ont rapporté des histoires incroyables sur la taille des moustiques ou le poids des truites. Sans doute les visiteurs viennent-ils aussi pour vérifier la véracité de ces légendes…

            Pour faire revivre l’aventure des premiers bâtisseurs de la Baie-James, la Société des sites historiques de Radisson a aménagé le Parc Robert-A.-Boyd, à proximité des installations hydroélectriques. Ce parc reconstitue un des campements d'exploration qui ont servi, au début des années 1970, à recueillir les données techniques nécessaires à la conception et à l’ingénierie des ouvrages.

Au fil du Saint-Laurent

            À quelques kilomètres de Montréal, la centrale de Beauharnois accueille durant l’été près de 6 000 visiteurs. Destination idéale pour la famille urbaine en escapade dominicale, cette centrale a été la plus puissante du Québec jusqu’à la mise en service de celles du complexe La Grande, à la Baie-James. Elle compte encore aujourd’hui parmi les plus grandes centrales hydroélectriques du monde.

            Intimement liée à l’aménagement de la voie maritime du Saint-Laurent, la construction de la centrale de Beauharnois a elle aussi marqué l’histoire du Québec. Une partie des travaux a été réalisée avant la nationalisation de l’électricité, et le projet s’est achevé sous l’égide d’Hydro-Québec. Profitant du débit impressionnant du fleuve Saint-Laurent, cette centrale contribue aussi à la régulation de ce cours d’eau et à la prévention des inondations.

            Située à proximité de la frontière américaine, cette centrale permet au visiteur de se familiariser avec les échanges d’électricité entre le Québec et les États-Unis.

Un centre d’interprétation pour les électro-curieux

            À Sainte-Julie, tout près des laboratoires de l’Institut de recherche d’Hydro-Québec, l’Électrium propose des visites adaptées aux familles, aux clientèles scolaires et aux adultes. Ouvert toute l’année, ce centre d’interprétation de l’électricité est l’installation la plus fréquentée. Il accueille près de 17 000 visiteurs par an.

            Après une première section consacrée à des informations générales sur Hydro-Québec, les visiteurs découvrent l’électricité d’origine naturelle, de la foudre à l’anguille électrique, en passant par les courants électriques qui assurent le fonctionnement du corps humain. Les visiteurs peuvent y expérimenter l’utilisation des lois de la physique et de l’électromagnétisme dans la production de l’électricité.

Des visites en constante évolution

            Conscients du vif intérêt que suscitent leurs installations chez les touristes québécois, les responsables d’Hydro-Québec veillent à renouveler continuellement le programme des visites et le contenu des centres d’interprétation.

            Comme le souligne Claudine Bouchard, chef Accueil et événements spéciaux à Hydro-Québec : « Nos statistiques révèlent que de nombreux touristes visitent plusieurs de nos installations. Pour varier leur expérience, nous leur proposons des thématiques différentes. Par exemple, à Beauharnois, nous abordons les questions d’environnement et d’échanges commerciaux d’électricité avec les réseaux voisins. À la centrale de  Rivière-des-Prairies, nous faisons revivre aux visiteurs l’histoire de l’électrification de Montréal et de ses environs. »

            Au fil des ans, Hydro-Québec s’est associée à des partenaires pour mettre en valeur ses installations. À la Cité de l’énergie, haut lieu touristique de la Mauricie, une tour de 38 étages permet d’admirer l’aménagement hydroélectrique de cette section du Saint-Maurice. Et le parc de la rivière Batiscan permet de découvrir les vestiges du plus ancien barrage construit en Mauricie et du site des Sept-Chutes, où l’une des plus anciennes centrales hydroélectriques du Québec côtoie des sentiers d’interprétation de la nature.

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