Énergie

Les enjeux d'un projet stratégique

 

Le projet de la Centrale de l’Eastmain-1-A et de la dérivation Rupert est le projet énergétique de la décennie au Québec. Ce développement, qui va engager près de quatre milliards de dollars, selon la société d’État, a fait l’objet d’une consultation publique au cours du printemps 2006. Hydro-Québec s’attend à recevoir les autorisations requises pour aller de l’avant vers la fin de l’année.

 

Le projet de la Centrale de l’Eastmain-1-A et de la dérivation Rupert est le projet énergétique de la décennie au Québec. Ce développement, qui va engager près de quatre milliards de dollars, selon la société d’État, a fait l’objet d’une consultation publique au cours du printemps 2006. Hydro-Québec s’attend à recevoir les autorisations requises pour aller de l’avant vers la fin de l’année.

Le projet, intitulé EM-1-A/Rupert, ne fait toutefois pas l’unanimité. Des groupes environnementalistes prétendent qu’il détruira l’une des dernières rivières vierges du Québec. Hydro-Québec se plaît à rappeler qu’il y a vingt-cinq ans, on disait encore pire de la première phase du complexe La Grande, presque tous les médias annonçant une catastrophe économique et un désastre environnemental.

La société d’État ajoute que, grâce au complexe La Grande, les Québécois profitent aujourd’hui de tarifs d’électricité avantageux et que le Québec est l’endroit en Amérique du Nord où les émissions de gaz à effet de serre sont les plus faibles. Selon Hydro-Québec, cette contribution à la solution d’une problématique environnementale globale ne s’est pas faite au détriment de l’environnement local.

 

Un choix important

D’un point de vue économique, le projet EM1-A/Rupert représente aux yeux d’Hydro-Québec un choix optimal, dans la mesure où il permet de tirer le maximum d’énergie d’un bassin hydrographique déjà aménagé et de quatre centrales déjà construites.

Ce projet, encore méconnu du grand public, consiste d’abord à construire deux nouvelles centrales : la centrale de l’Eastmain-1-A (768 MW), située à proximité de la centrale de l’Eastmain-1 qui est présentement en construction, et la centrale de la Sarcelle(120 MW), à la sortie du réservoir Opinaca aménagé dans les années 1970.

 

Le projet comprend aussi la dérivation d’une partie des eaux du bassin-versant de la rivière Rupert, un grand cours d’eau à l’est de la baie James, vers le bassin-versant de la rivière Eastmain. Les apports hydrauliques de cette dérivation partielle, dont le débit moyen est estimé à 452 m3/s, seront successivement turbinés par six centrales : les centrales de l’Eastmain-1-A et de l’Eastmain-1, la centrale de la Sarcelle, ainsi que les centrales Robert-Bourassa, La Grande-2-A et La Grande-1. Le projet prévoit enfin la construction d’une ligne à 315 kV entre les postes de départ d’Eastmain-1 et Eastmain-1-A ainsi qu’entre les postes Sarcelle et Eastmain-1.

Au total, le projet doit apporter au parc de production d’Hydro-Québec une puissance additionnelle de 888 mégawatts ainsi que des gains énergétiques annuels de 8,5 milliards de kilowattheures. Cela équivaut à la croissance prévue de la consommation d’électricité au Québec de 2005 à 2009. Comme sa mise en service est prévue pour 2010-2011, le projet revêt aux yeux de la société d’État un caractère stratégique pour la sécurité d’approvisionnement en électricité.

 

Pour Hydro-Québec, le projet EM-1-A/Rupert vise aussi à contribuer à l’intégration d’une production éolienne de plus en plus présente sur le réseau électrique du Québec. Dès 1999, Hydro-Québec Production a conclu des ententes avec des partenaires privés pour acquérir 465 MW d’énergie éolienne. En février 2005, à la suite d’un premier appel d’offres, Hydro-Québec Distribution a signé des contrats de vingt ans totalisant 990 MW, avant de lancer, en octobre 2005, un second appel d’offres visant l’acquisition de 2 000 MW additionnels d’énergie éolienne entre 2009 et 2013.

 

 

À l’horizon 2013, plus de 3 500 MW d’énergie éolienne seront en service au Québec. Selon les données actuelles, cela représente plus de 7 % de la puissance éolienne mondiale et plus de 10 % de la puissance installée d’Hydro-Québec.

Pour intégrer toute cette puissance éolienne au réseau québécois, il faut disposer d’une puissance disponible instantanément pour compenser les fluctuations du vent. La meilleure filière permettant de fournir une telle puissance demeure la filière hydroélectrique.

 

 

Le milieu naturel

En décembre 2004, Hydro-Québec a déposé son étude d’impact sur l’environnement du projet EM-1-A/Rupert, un rapport résultant de deux années de consultations et de cueillette de données sur le territoire de la zone d’étude. Les communautés cries de Mistissini, de Nemaska, de Waskaganish, d’Eastmain, de Wemindji et de Chisasibi ont participé à ces études. Les études environnementales et les préoccupations exprimées par les communautés locales ont eu une influence marquante sur la conception du projet, conçu de manière à réduire au minimum les superficies noyées et à prévoir de nombreux aménagements afin de maintenir les débits et les niveaux des différents plans d’eau dans des limites écologiquement viables. L’étude d’impact établit que, dans le cas de la rivière Rupert, dont le point de dérivation est situé à 314 kilomètres de l’embouchure, un débit réservé permettra de reproduire la courbe naturelle du cycle annuel de la rivière, et que le débit de la rivière Rupert à son embouchure demeurera très important, se situant en moyenne entre le débit du Saint-Maurice et celui du Richelieu.

Du côté de la société d’État, on espère vivement que d’ici la fin d’année, le projet passera le test de l’évaluation environnementale, et que pourra s’amorcer le début de la construction.

 

L’eau au service du vent

Une turbine hydroélectrique fonctionne un peu comme un moteur d’automobile muni d’un régulateur de vitesse. Lorsque la charge augmente, les vannes de la turbine s’ouvrent pour laisser passer une plus grande quantité d’eau et ainsi augmenter la production pour qu’elle corresponde à la demande.

Une éolienne fonctionne différemment. Elle utilise la force disponible du vent. Si la charge augmente ou si le vent faiblit, il faut une autre source pour rétablir l’équilibre et maintenir la production au niveau requis. On doit alors pouvoir compter sur une turbine hydroélectrique (ou thermique) disposant d’une certaine marge de manœuvre. L’eau est ainsi mise au service du vent : elle joue le rôle d’une réserve de puissance qui permet d’exploiter pleinement le potentiel éolien tout en assurant la continuité du service électrique.

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