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Économie

Pétrodollar ou pétro-yuan?

Une frégate Jamaran, de conception iranienne, lance un missile Nour au cours d’exercices militaires effectués dans le golfe Persique.

 

 

La possibilité que l’Iran se dote de l’arme nucléaire inquiète Israël et les États-Unis depuis fort longtemps. Puisque les pressions diplomatiques n’ont pas réussi à faire fléchir Téhéran, les événements ont pris la tournure d’une guerre larvée, ponctuée de cyberattaques et d’attentats non revendiqués qui ont notamment tué quatre scientifiques de haut rang.

L’Arabie saoudite – alliée de circonstance cherchant à endiguer l’islam chiite – a signé en 2011 des contrats de fourniture d’aéronefs d’une valeur de 60 milliards de dollars avec les États-Unis, poursuivant de plus belle son « recyclage de pétrodollars » entamé il y a bientôt quarante ans et contribuant ainsi à la course aux armements dans le golfe Persique.

Au tournant de 2012, les flottes iranienne et américaine se sont toisées dans le détroit d’Ormuz, par lequel transitent 30 % des exportations mondiales de pétrole. Or, il est évident qu’un conflit armé à l’échelle régionale ne ferait que des perdants et plongerait l’économie mondiale dans une grave dépression. C’est pourquoi Washington a entrepris une nouvelle offensive diplomatique, visant à pénaliser quiconque fera affaire avec la banque centrale iranienne.

La Chine et la Russie ont refusé d’emblée de souscrire à cet embargo, tandis que le Japon et la Corée cherchent à en être exemptés. Les 27 membres de l’Union européenne se sont rangés du côté de Washington, tout en souhaitant honorer les contrats en vigueur. Mal leur en prit, puisque Téhéran a menacé de suspendre ses livraisons de brut avant leur échéance, ce qui pourrait faire grimper les prix à la pompe dans les pays méditerranéens déjà précarisés, comme la Grèce et l’Italie.

Pendant ce temps, un nouveau paradigme financier se met en place. Des rumeurs veulent que l’Inde paie bientôt en or ses importations de pétrole, tandis que les échanges bilatéraux en yuans ou en roubles se multiplient sur le continent asiatique. Cela porte certains à croire que la fin du dollar à titre de monnaie de réserve mondiale n’en sera que précipitée.

Quant à l’euro, s’il grignotait une part croissante des échanges internationaux grâce à l’Iran et à l’Irak de Saddam Hussein, les événements survenus depuis 2003 ont contribué à sa marginalisation.

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