La manifestation virtuelle durant laquelle des milliers de sites Web se sont drapés de noir, les 18 et 19 janvier dernier, avait pour cible les projets de loi américains SOPA (Stop Online Piracy Act) et PIPA (Protect IP Act), visant à contrer le téléchargement illégal.

Selon leurs détracteurs, ils représenteraient une grave menace à la liberté d’expression. En réalité, c’est l’argent qui est le nerf de la guerre. SOPA et PIPA mettent en péril l’avenir des entreprises de la Silicon Valley, et opposent deux légitimités concurrentes en ce qui a trait au droit d’auteur.

Les technologies numériques ont réduit substantiellement les coûts de production et de distribution des œuvres intellectuelles. Pourtant, au cours des dernières décennies, les lobbyistes à la solde des industries cinématographique et musicale ont obtenu des monopoles d’exploitation toujours plus étendus.

Il s’agit là d’un mode de financement convenant parfaitement aux superproductions onéreuses et farcies d’effets spéciaux, mais pas aux œuvres « maison » diffusées dans Internet. Face à cette convergence d’intérêts entre les créateurs indépendants, les consommateurs et les diffuseurs tels que YouTube, les rentiers d’Hollywood mènent un combat d’arrière-garde.

Fin janvier, la Chambre des représentants était prise entre deux groupes de donateurs luttant à armes égales sur le plan financier. Seule la pression populaire aura fait reporter sine die l’adoption de ces projets de loi.

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