John Ralston Saul

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Président du PEN club International

John Ralston Saul, 62 ans, originaire d'Ottawa, a dirigé une société d'investissement à Paris et travaillé dans une compagnie pétrolière canadienne avant de se consacrer exclusivement à l'écriture comme romancier, auteur de feuilletons et journaliste. Ses oeuvres ont été traduites dans 22 langues.

ses dernières chroniques

Je reviens tout juste de Turquie, où je me suis rendu, à la tête d’une importante délégation d’écrivains, au nom du pen international. Je pense qu’il vaut la peine que je vous en parle un peu.
Les citoyens du Québec sont malheureux, mécontents, hésitants devant l’attitude à adopter. Aux dernières élections provinciales, le vote s’est divisé en trois blocs, comme si les électeurs voulaient indiquer clairement qu’ils ne faisaient confiance à aucun des trois partis ni à aucun des trois chefs.
Pour sortir de la crise économique, il faut des idées, de la créativité. Tous les peuples en sont pourvus. Mais une société peut s’organiser pour réprimer la créativité et les idées, du moins pendant un certain temps. C’est ce que font les dictateurs. Ils savent la menace que représente pour eux la liberté de penser des citoyens.
En matière de catastrophes économiques, tout va très vite ces jours-ci. Ma dernière chronique portait sur la dette publique, ou plutôt, sur notre attitude à son endroit. Je m’étais inquiété à l’idée qu’au moment de sa parution, les arguments que j’y soutenais n’auraient déjà plus cours. Je viens tout juste de la relire et je me rends compte que, oui, les désastres arrivent rapidement. Mais ils vont tous dans le même sens, et alors, ils se conjuguent.
Je tâcherai d’être le plus simple possible dans l’espoir que les grands pontes de l’économie et des marchés, égarés dans les méandres d’une campagne autodestructrice, parviendront à me comprendre.
L’absence volontaire de logique dans la civilisation occidentale est vraiment fascinante. Nous nous félicitons de la liberté qu’offrent les téléphones intelligents, Twitter et Internet, sous leurs formes nouvelles et révolutionnaires avec l’utilisation qu’en font les jeunes de la place Tahrir, de Tunisie ou de Syrie.
Imaginer l’autre. Dans l’ensemble, la philosophie pourrait se résumer à ces trois mots. La capacité d’aller au-delà de ce qui nous définit comme groupe pour atteindre les autres – connaître leurs besoins, leurs émotions, leurs forces, leurs démons – est ce qui constitue un ensemble d’individus en tant que civilisation.