Énergie

Branchez-vous !


Jadis fantasme écologique ou simple sujet de science-fiction, la voiture électrique ou hybride est maintenant devenue réalité, avec une arrivée sur le marché remarquable. Reportage.

Il n’est plus rare d’en croiser sur nos routes. Devenues accessibles et adaptées à plusieurs besoins, elles nécessitent peu d’entretien et ne rejettent pas ou peu de gaz à effet de serre (ges). Une réussite qui apporte son lot de défis ! Un des premiers objectifs : au-delà de la recharge habituelle à la maison, permettre aux automobilistes de s’approvisionner en électricité lors de leurs déplacements. Hydro-Québec et quatre autres partenaires ont mis en place un ambitieux réseau de bornes de recharge publiques partout au Québec.

Hugues Philippin ne changerait pas de voiture pour tout l’or du monde. Depuis qu’il a son véhicule électrique, l’homme de 42 ans n’a que des éloges à en faire. « Étant ingénieur de formation, j’ai toujours été intéressé par l’apparition de nouvelles machines », explique-t-il en riant. Pour son entreprise, l’entrepreneur qui vit et travaille à Saint-Augustin-de-Desmaures, en banlieue de Québec, utilise dorénavant quotidiennement son véhicule électrique pour ses besoins de tous les jours. « C’est parfait pour les déplacements de routine. Je peux aller travailler, chercher mes enfants ou faire les courses sans jamais utiliser une goutte d’essence ! » se réjouit-il.

Selon Hugues Philippin, les avantages sont indéniables. Il y a bien sûr les considérations écologiques : on peut rouler sans polluer. Mais en ces temps de crise économique, c’est surtout pour des raisons financières que le chef d’entreprise a été séduit par l’énergie électrique. Et les chiffres sont sans équivoque : depuis 2010, le prix de l’essence à la pompe a augmenté de plus de 20 % dans les principales villes du Québec, s’approchant encore tout récemment de la barre psychologique de 1,50 dollar le litre. « Recharger ma voiture revient à environ 0,20 dollar de l’heure. Lorsque la batterie est vide, cela me prend environ quatre heures », explique-t-il.

À l’instar d’autres utilisateurs, c’est principalement à la maison ou au travail que l’entrepreneur recharge son véhicule. « C’est très facile, c’est comme pour un appareil électroménager. Je branche ma voiture pendant la nuit, et le matin, elle est prête à partir », dit-il. Pour l’installation d’une borne de 240 volts à domicile, le gouvernement propose un programme de remboursement de 50 % des frais d’installation jusqu’à concurrence de 1 000 dollars par propriétaire. Il existe différentes sortes de bornes et celles-ci coûtent en moyenne près de 1 500 dollars. « Toutes considérations faites, une voiture électrique demeure bien plus avantageuse qu’une voiture à essence », ajoute l’ingénieur.

Un marché en pleine expansion

Ces avantages, l’homme d’affaires n’est pas le seul à les avoir -compris. D’après les statistiques publiées par le magazine Protégez-vous, ces dernières années, près de 60 % des ventes de voitures électriques au Canada se sont conclues au Québec. Et si la tendance se maintient, ces chiffres traduisant un marché de l’automobile en profonde mutation risquent fort d’augmenter dans un avenir proche. D’après un sondage Senergis-Le Devoir publié en 2011, plus de 60 % des Québécois envisagent d’utiliser une auto hybride ou électrique d’ici 10 ans.

Prenant acte de cette évolution, Hydro-Québec a mis en place le 30 mars dernier un réseau public de bornes de recharge pour véhicules électriques nommé le Circuit électrique (lecircuitelectrique.com). La société d’État et les quatre autres partenaires fondateurs (Rôtisserie St-Hubert, Metro, Rona et l’Agence métropolitaine de transport) sont d’ailleurs considérés comme des précurseurs dans ce domaine. Le Circuit électrique vise à encourager l’installation de bornes électriques un peu partout sur le territoire québécois afin de permettre aux automobilistes de se ravitailler en route et ainsi rouler l’esprit tranquille. « L’idée est d’appuyer l’arrivée des véhicules électriques sur notre territoire », explique Mathieu Rouy, porte-parole d’Hydro-Québec. Et le succès ne se dément pas puisque 17 autres partenaires privés et institutionnels sont à déployer des bornes de recharge publique comme partenaires du Circuit électrique.

Pour l’année 2012, la province prévoyait l’arrivée de 600 voitures électriques ; or, les derniers chiffres de la Société de l’assurance automobile du Québec font plutôt état de plus de 1 100 véhicules. « C’est le double des prévisions. Ces chiffres sont très encourageants ! » se félicite Mathieu Rouy. Près de la moitié des utilisateurs de véhicules électriques rechargeables immatriculés au Québec sont d’ailleurs membres du Circuit électrique. « Nous sommes très heureux de l’engouement que suscite le Circuit », ajoute-t-il.

D’ailleurs, d’ici la fin de l’année 2012, le Circuit électrique comptera près de 150 bornes dans les principales régions du Québec telles que Montréal, Laval, la Montérégie, l’Estrie, les Laurentides, Lanaudière et Québec. « Et dès 2013, l’Outaouais, le Bas-Saint-Laurent et Chaudière-Appalaches s’ajouteront à cette liste », précise le porte-parole.

La borne électrique, comment ça marche

La société d’État nous assure qu’il s’avère très simple d’utiliser les services du Circuit électrique. « En fait, il suffit de se procurer une carte prépayée en remplissant une demande sur le site Internet du Circuit », dit Mathieu Rouy. La demande est ensuite transmise à caa Québec, qui se charge de l’expédition.

Muni de sa carte prépayée, l’automobiliste peut alors brancher son véhicule sur n’importe quelle borne du réseau. « La carte à puce permet de débiter la valeur d’une recharge. Celle-ci coûte 2,50 dollars, peu importe sa durée. Ainsi, un montant prépayé de 25 dollars donne droit à 10 recharges », explique-t-il. ×

Glossaire

De nombreuses voitures électriques se retrouvent sur le marché. Voici les détails pour s’y retrouver parmi les modèles et les appellations. Les véhicules électriques se regroupent en trois catégories.

Véhicules entièrement électriques
Ces véhicules entièrement électriques disposent en général d’une autonomie de conduite supérieure à 100 kilomètres. Ils sont idéals pour les déplacements en milieu urbain et fonctionnent sans émettre le moindre gaz à effet de serre (GES).
Exemples de modèles : Nissan Leaf, Mitsubishi iMiEV

Véhicules électriques à autonomie prolongée
Bien que ces véhicules soient munis d’un moteur électrique et d’une batterie, ils possèdent également une génératrice à essence qui produit de l’électricité lorsque la batterie se trouve déchargée. Ce procédé permet à la voiture de parcourir une distance équivalente à celle d’un véhicule standard. Ce type de voiture peut parcourir environ 50 kilomètres sans utiliser d’essence ni émettre de GES.
Exemple de modèle : Chevrolet Volt

Véhicules hybrides rechargeables
Ceux qui hésitent encore à passer au tout électrique peuvent se rabattre sur ce type de voitures équipées à la fois d’un moteur électrique et d’un moteur à essence. Ces deux moteurs fonctionnent en simultanéité, selon la vitesse et l’accélération du véhicule. Il faut savoir que ces automobiles sont différentes des véhicules hybrides du fait qu’elles disposent d’une batterie qui peut emmagasiner plus d’électricité tout en étant rechargeable sur le réseau électrique. Cela leur permet de parcourir un certain nombre de kilomètres sans consommer d’essence.
Exemple de modèle : Toyota a mis au point une Prius rechargeable pouvant parcourir environ 20 kilomètres uniquement à l’énergie électrique. Bien qu’ils ne recourent pas à une source externe d’électricité, les véhicules hybrides rechargeables demeurent tout de même un choix éconergétique.

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