Alain Juppé

J’ai lu avec beaucoup de plaisir et d’intérêt le livre qu’Olivier Ray et Jean-Michel Severino, qui vient de quitter la direction générale de l’Agence française de développement (AFD), ont récemment publié : Le Temps de l’Afrique. Leur thèse est simple : le XXIe siècle sera celui de l’Afrique. C’est une conviction que je partage depuis longtemps.
Avec Michel Rocard, ancien premier ministre français, Alain Richard, ancien ministre de la Défense, et le général Norlain, qui a exercé de hautes responsabilités dans notre armée de l’air, j’ai récemment signé un appel au désarmement nucléaire. Ce geste a pu surprendre de la part d’un responsable politique se réclamant du gaullisme… car nul n’a oublié la ténacité avec laquelle le général de Gaulle a œuvré, dans les années 1960, pour que la France accède au rang de puissance nucléaire.
La même question revient dans tous les esprits et sur toutes les lèvres : quand nos économies vont-elles sortir de la crise ? Je me garderai bien de faire un pronostic, tant les « spécialistes » nous envoient des messages contradictoires.
Personne n’est aujourd’hui capable de prévoir le moment où nos économies sortiront de la crise… Les uns perçoivent les premiers frémissements annonciateurs d’une reprise possible dès l’an prochain. D’autres redoutent les possibles rechutes d’un système financier qui reste fragilisé par 4 000 milliards de dollars d’actifs « toxiques ».
L’élection de Barack Obama a suscité partout dans le monde, et notamment en Europe, enthousiasme et espoir. Il faut s’en réjouir, car de tels moments d’unanimisme sont propices aux initiatives susceptibles de débloquer des situations depuis longtemps figées. Pour ne pas décevoir, la nouvelle administration américaine va devoir agir vite, et sur bien des fronts.
L’Europe a massivement voté pour Barack Obama. Dans son cœur, à défaut de pouvoir le faire dans les urnes. La France n’a pas échappé à cette vague d’« Obamania » : les Français étaient en liesse le mercredi 5 novembre au matin, et la quasi-totalité de leurs responsables politiques se sont réjouis des résultats des élections, moi le premier.
L’expression « guerre froide », qui avait peu à peu disparu de notre vocabulaire, revient aujourd’hui en force dans le discours politique, la crise géorgienne lui ayant donné un regain d’actualité.  
Lancée en mars 2000 par l’Union européenne, la « stratégie de Lisbonne » visait à faire de l’Europe « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde à l’horizon 2010 ». L’ambition était grande, sans doute irréaliste. Peut-être pouvait-elle même faire sourire. Et de fait, huit ans plus tard, elle ne semble pas en bonne voie. Dans un rapport récemment remis au gouvernement français, Laurent Cohen-Tanugi en dresse un bilan contrasté : l’objectif d’un taux de croissance de 3 % n’a pas été atteint par l’Union européenne sur la période 2002-2006, constate-t-il, même si « la moitié des États membres ont affiché des résultats supérieurs ». Certes, les taux d’emploi global « ont connu une évolution positive ». Mais les dépenses européennes de R-D demeurent très loin de l’objectif affiché de 3 % du PIB. À 1,8 %, « elles apparaissent même en régression depuis 2000 ». Les 27 États membres de l’UE ne renoncent pas pour autant, et le Conseil européen de mars 2008 vient même de réaffirmer sa détermination.  
« Ma patrie, c’est ma langue ». J’aime cette phrase d’Albert Camus qui résume, en termes lapidaires, ce qui est en cause dans le combat pour la « défense et illustration » de la langue française : rien de moins que notre identité, notre « moi » le plus profond.
    La bonne administration des villes du monde est l’un des grands défis auxquels nous allons être confrontés dans les prochaines décennies. En un siècle, le poids des citadins dans la population mondiale est passé de 15 à 50 %, et le mouvement se poursuit !

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