Michel Dumais

Sur fond de crise de l’imprimé, certains éditeurs voient dans le iPad la technologie qui les fera renouer avec la rentabilité. Toutefois, rien n’est moins sûr.
Les « natifs du numérique » – concept introduit en 2001 par Marc Prensky (Digital Natives, Digital Immigrants) –  arrivent sur le marché du travail. Mais qui sont-ils ? Âgés de 12 à 24 ans, ils forment la toute première génération à avoir grandi dans l’univers des technologies numériques. Carburant aux marques de commerce, fervents utilisateurs multitâches, ils remettent en question certains fondements de notre société ainsi que des industries bien établies.
Lorsque le bureau du premier ministre du Canada en vient à interdire à son personnel politique de fréquenter Facebook, le réseau social le plus populaire de l’heure, par crainte d’une indiscrétion coûteuse, ou qu’au contraire, un député flamboyant comme Denis Coderre l’utilise pour rester en contact avec ses « amis » et supporteurs, on peut en conclure que l’essor phénoménal qu’a connu Facebook au cours des derniers mois est bien plus qu'une simple mode passagère. Facebook est en fait la success story d'un phénomène Internet qui existe depuis un certain temps, celui des réseaux sociaux.
En 1998, après un exil forcé de quelques années, Steve Jobs reprenait en main la direction de la société qu’il avait fondée et, dans un geste audacieux, réussissait l’exploit de simultanément ressusciter la flamme et créer la machine qui allait relancer Apple. Après l’iMac, il rééditait le même coup en octobre 2001 avec son iPod. En 2007, Steve Jobs semble avoir réussi son défi en recréant le « buzz » et l’appareil qui vient avec : l’iPhone. Plus qu’un simple téléphone portable, l’iPhone porte en germe une révolution qui pourrait ébranler sérieusement les sociétés de télécommunications et favoriser l’émergence de nouveaux contenus mobiles.
Lorsque Revenu Canada ne peut recevoir les déclarations d’impôts des citoyens par Internet, nous nous rendons compte à quel point l’ordinateur est omniprésent, à la maison, au travail, à l’école, dans les commerces ainsi qu’au gouvernement, et qu’à force de compter sur lui, beaucoup sont totalement désemparés lorsque survient une attaque et que la bête ronronnante et rassurante affiche soudainement un écran noir. La sécurité ? Nous sommes tous pour, comme nous sommes en faveur de la tarte aux pommes. Mais qui s’en préoccupe vraiment ?
  « Le terrorisme a transformé la terre en champ de bataille », a dit Élie Wiesel, prix Nobel de la paix. Les champs peuvent-ils, demain, devenir virtuels ? Doit-on avoir peur du cyberterrorisme ? Plutôt…