Opération séduction du Premier ministre indien en Birmanie

Le Premier ministre indien Manmohan Singh (G) et le président birman Thein Sein à Naypyidaw le 28 mai 2012

Le Premier ministre indien Manmohan Singh a signé lundi une série d'accords avec le président birman Thein Sein, lors d'une visite historique en Birmanie où New Delhi souhaite concurrencer l'immense influence de Pékin.

M. Singh, qui est arrivé dimanche soir dans la capitale birmane avec une importante délégation d'hommes d'affaires, est le premier chef de gouvernement indien à se rendre en Birmanie depuis 25 ans.

Le Premier ministre indien Manmohan Singh a signé lundi une série d'accords avec le président birman Thein Sein, lors d'une visite historique en Birmanie où New Delhi souhaite concurrencer l'immense influence de Pékin.

M. Singh, qui est arrivé dimanche soir dans la capitale birmane avec une importante délégation d'hommes d'affaires, est le premier chef de gouvernement indien à se rendre en Birmanie depuis 25 ans.

Alors que l'Inde convoite notamment le pétrole et le gaz birmans, les deux voisins ont signé douze accords couvrant divers domaines dont la sécurité, le développement des zones frontalières, le transport, le commerce et les investissements.

"Les deux dirigeants ont souligné qu'il y avait un important potentiel inexploité pour accroître le commerce et appelé la communauté d'affaires à capitaliser sur ce potentiel", dans une déclaration commune, espérant doubler leurs échanges commerciaux d'ici 2015.

M. Singh doit rencontrer mardi à Rangoun la dirigeante de l'opposition Aung San Suu Kyi.

Autrefois alliée sans réserve de la lauréate du prix Nobel de la paix, l'Inde s'était rapprochée de la junte birmane dans les années 1990, notamment sur des questions de sécurité et d'énergie.

En 2010, Washington avait dénoncé le silence de New Delhi sur les violations des droits de l'homme en Birmanie. Et Mme Suu Kyi, qui a fait une partie de ses études en Inde où sa mère était ambassadrice, avait elle-même exprimé sa "tristesse" devant le soutien indien à la junte.

Mais le contexte politique a profondément changé depuis la dissolution de la junte en mars 2011 et l'accession au pouvoir de Thein Sein. Mme Suu Kyi a été élue députée et prépare une tournée en Europe le mois prochain.

M. Singh est le dernier d'une longue liste de visiteurs de haut rang à se rendre en Birmanie. "L'Inde essaie aujourd'hui de ne pas rater le train dans une Birmanie qui s'ouvre de nouveau au monde", a commenté Renaud Egreteau, de l'université de Hong Kong.

Les échanges commerciaux sino-birmans ont atteint 4,4 milliards de dollars en 2010, contre 1,2 milliard entre l'Inde et la Birmanie.

Selon des chiffres de l'institut de recherche économique IHS Global Insight, la Chine était en tête des investissements étrangers en Birmanie l'an dernier, avec des engagements de 8,3 milliards de dollars alors que l'Inde était 13e avec seulement 189 millions.

Les projets indiens en Birmanie incluent la construction d'un port à Sittwe, dans le nord-ouest du pays, et des investissements dans l'exploration gazière.

Mais le rapprochement bilatéral demeure compliqué pour l'Inde, souligne M. Egreteau. "Les projets d'infrastructures qu'elle réalise en Birmanie depuis quelques années tardent à porter leur fruits, le nord-est indien reste un tampon entre les deux économies et non leur lien, et la confiance politique entre Birmans et Indiens est encore loin de se matérialiser", note-t-il.

La Birmanie a été administrée comme une province indienne à l'époque de la colonisation britannique et les deux pays entretiennent des liens religieux depuis les premiers développements du bouddhisme il y a 2.000 ans. Ils partagent une importante frontière commune.

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