Espagne: pour voler au secours de ses banques, Madrid pourrait avoir besoin d'aide

Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy le 28 mai 2012 à Madrid

Le sauvetage record de Bankia a fait tanguer lundi l'Espagne sur les marchés et poussé le chef du gouvernement Mariano Rajoy à prendre les devants, alors que la quatrième économie de la zone euro pourrait demander une aide extérieure pour renflouer ses banques.

Sans surprise, la Bourse madrilène a passé presque toute la séance dans le rouge, le titre Bankia perdant encore 13,38%, et a clôturé en chute de 2,17%, à son plus bas niveau en neuf ans.

Signe de la suspicion qui pèse sur les banques espagnoles, même les plus solides comme Santander ou BBVA ont été pénalisées.

Le sauvetage record de Bankia a fait tanguer lundi l'Espagne sur les marchés et poussé le chef du gouvernement Mariano Rajoy à prendre les devants, alors que la quatrième économie de la zone euro pourrait demander une aide extérieure pour renflouer ses banques.

Sans surprise, la Bourse madrilène a passé presque toute la séance dans le rouge, le titre Bankia perdant encore 13,38%, et a clôturé en chute de 2,17%, à son plus bas niveau en neuf ans.

Signe de la suspicion qui pèse sur les banques espagnoles, même les plus solides comme Santander ou BBVA ont été pénalisées.

Pendant ce temps, le marché obligataire ne souriait guère plus à l'Espagne: sa prime de risque (surcoût qu'elle doit payer pour emprunter à dix ans par rapport à l'Allemagne, considérée comme référence du marché) a grimpé à un nouveau record historique, à 514 points de base.

La mauvaise réaction des investisseurs était attendue, Bankia ayant demandé vendredi à l'Etat une aide de 19 milliards d'euros: en comptant la précédente injection de fonds, le sauvetage de la troisième banque du pays par les actifs - et la plus exposée à l'immobilier - atteint 23,5 milliards, un record historique en Espagne.

Ce climat de tension extrême a poussé Mariano Rajoy à s'exprimer lors d'une conférence de presse, un événement rare pour le dirigeant conservateur.

"Avec une prime de risque à 500 points, il est très difficile de se financer", a-t-il admis, se voulant rassurant: "il ne va y avoir aucun sauvetage" extérieur du secteur bancaire, tandis que l'injection de fonds dans Bankia "suppose un exercice de transparence" et doit être salué comme tel.

Mais "loin de calmer les marchés de la dette et la cotation en Bourse du secteur financier, les paroles de M. Rajoy ont contribué à accélérer la chute des cotations des banques, en ne dissipant pas les doutes sur l'origine des fonds qui seront injectés dans Bankia", commente Daniel Pingarron, analyste de la maison de courtage IG Markets.

Et c'est cette question "qui va tenir les investisseurs en alerte dans les prochains jours", de quoi chahuter encore l'Espagne sur les marchés, souligne la maison de courtage Link Securities.

C'est normalement le Fonds public d'aide au secteur (Frob) qui doit intervenir, mais avec moins de 5 milliards d'euros encore disponibles, "il n'a pas la somme suffisante", remarquent les analystes de Bankinter.

"Nous étudions deux options", a expliqué à l'AFP une porte-parole du ministère de l'Economie: "la première, et c'est l'option que l'on préfère, c'est d'aller sur le marché" en lançant une émission obligataire destinée à Bankia.

La seconde est "d'injecter des redevances (titres, ndlr) de dette publique directement" dans la banque, qui pourrait ensuite "les mettre sur le marché" pour les vendre aux investisseurs ou "les échanger avec la BCE" contre de la liquidité.

Une manière de faire financer indirectement le sauvetage par l'organisme européen et d'éviter de solliciter le marché, à un moment où les taux d'intérêt appliqués à l'Espagne sont très élevés.

Mais cela n'empêcherait pas la dette publique espagnole de grimper, bien au-delà des 79,8% du PIB visés par Madrid à fin 2012.

S'il s'est montré catégorique en ce qui concerne le déficit, sur lequel l'intervention de Bankia n'aura selon lui "aucun impact", Mariano Rajoy a refusé de répondre sur la dette: "ne partons pas dans les élucubrations", a-t-il dit, car "nous n'avons pas encore pris de décision sur la procédure" qui sera adoptée.

"En dernière instance, il y a la possibilité que (le gouvernement) ait à recourir au mécanisme européen de stabilité financière", note Juan José Toribio, professeur à l'IESE Business School de Madrid.

Surtout que la facture pourrait encore s'alourdir: selon El Mundo, l'Etat devra injecter 30 milliards dans CatalunyaCaixa, NovacaixaGalicia et Banco de Valencia, eux aussi placés sous sa tutelle en raison de leurs difficultés.

Ce qui ferait un total de plus de 50 milliards d'euros d'argent public pour les banques espagnoles, de quoi susciter des doutes sur la capacité du pays à apporter seul ces fonds.

Si les tensions des marchés persistent, "l'Espagne pourrait demander de l'aide au Fonds européen de stabilité financière (FESF)", voire du FMI, a expliqué une source gouvernementale au quotidien.

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