
La Fondation Hydro-Québec pour l’environnement
Citoyen corporatif engagé dans la collectivité, Hydro-Québec a créé un véhicule tout à fait original pour soutenir la préservation d’un élément essentiel du patrimoine québécois : la nature.
En 2001, la société d'État lançait la Fondation Hydro-Québec pour l’environnement. La création de cet organisme à but non lucratif traduit la volonté d’Hydro-Québec de soutenir les collectivités québécoises qui prennent en charge concrètement la protection, la restauration et la mise en valeur de leurs milieux naturels dans une perspective de développement durable.
La Fondation contribue annuellement à hauteur d’un million et demi de dollars à des initiatives concrètes dont les retombées environnementales et sociales servent les intérêts des collectivités locales. Outre la préservation et la mise en valeur des milieux naturels, les initiatives visées doivent permettre d’éduquer ou de sensibiliser la population à des problématiques environnementales locales.
Deux fois l’an, au printemps et à l’automne, la Fondation reçoit les propositions soumises par des organismes à vocation environnementale, des groupes de citoyens ou des municipalités. Cet organisme privilégie des projets faisant l’objet d’un large consensus local et mis sur pied par des équipes solides ; elle recherche des interventions pertinentes et de qualité qui auront des retombées notables à long terme.
La mobilisation des collectivités
« À la Fondation Hydro-Québec pour l’environnement, souligne la directrice générale, Catherine Leconte, nous soutenons des projets très concrets qui traduisent l'engagement des collectivités dans la prise en charge de leur milieu, des projets qui profitent de l’expertise et du soutien actif de plusieurs partenaires. Nous sommes convaincus que la préservation à long terme du patrimoine naturel du Québec et sa transmission aux générations futures ne se fera jamais mieux que par et pour des gens qui se sentent directement concernés et à qui on donne les moyens d'agir. »
La Fondation Hydro-Québec pour l’environnement établit avec les organismes bénéficiaires une relation de collaboration très étroite. Comme le souligne Mélanie Lelièvre, directrice du Corridor appalachien : « Nous entretenons avec la Fondation une relation de collaboration et de soutien. Nous échangeons et nous nous rencontrons régulièrement. Si nous avons besoin d’assistance ou de conseils, l’équipe est là pour nous aider. Ces échanges sont très appréciés. »
Depuis le début de ses activités, la Fondation a consacré quelque 6,5 millions de dollars à une centaine de projets réalisés dans toutes les régions administratives du Québec. Compte tenu de la contribution des autres partenaires, la valeur globale de ces projets est estimée à 23 millions de dollars.
Un projet en milieu urbain
Les initiatives de mise en valeur de milieux naturels ne sont pas réservées aux grandes étendues sauvages, comme en témoigne le parc Marcel-Laurin, un boisé d’environ 30 hectares situé dans l’arrondissement Saint-Laurent. Ce boisé abrite l’une des rares forêts marécageuses encore présentes sur l’île de Montréal et dont l’intégrité écologique et la biodiversité sont menacées par le développement urbain et une fréquentation anarchique.
Le Comité écologique du Grand Montréal a proposé à la Fondation la mise en œuvre d'un plan d’action comprenant l’aménagement d’un sentier d'observation ornithologique, la fermeture des sentiers informels, l’éradication d’espèces végétales envahissantes et la sensibilisation des usagers. Comme l’indique Érik Basil, président du Comité : « L’appui de la Fondation Hydro-Québec pour l’environnement a permis de restaurer le milieu, de planter des arbres, des arbustes et des herbacées indigènes. Il a aussi permis de construire des infrastructures d’accès pour les usagers. Les citoyens se réapproprient le milieu et en profitent davantage. »
Une réserve naturelle en Estrie
La Fondation soutient également des organismes de conservation nationaux, à condition qu'ils aient le souci d'ancrer solidement leur projet dans la collectivité locale. C'est notamment le cas de Conservation de la nature Canada, qui déploie des efforts depuis plusieurs années, avec l’appui de la Fondation, pour préserver un vaste territoire couvrant près des deux tiers du massif forestier des monts Sutton.
Appelé à devenir prochainement la Réserve naturelle des Montagnes-Vertes, ce milieu naturel exceptionnel constituera « la plus grande aire protégée privée à l’est de la Saskatchewan », souligne Mélanie Lelièvre, directrice du Corridor appalachien, l'organisme local auquel Conservation de la nature a confié la gestion du site. « Nous avons réussi à mobiliser plusieurs intervenants : les municipalités de Sutton, de Potton et de Lac-Brome, les organismes de conservation et les partenaires locaux, sans oublier la population, explique-t-elle. Toutefois, la réalisation du projet n'aurait pas été possible sans l’appui de la Fondation. »
Le projet est maintenant entré dans sa phase de mise en valeur : il s'agit de faciliter la fréquentation de la réserve par le public sans compromettre sa vocation de conservation. D’ici deux ans, de nouveaux points d’entrée et plusieurs kilomètres de sentiers permettront aux visiteurs d’accéder à une grande partie du territoire protégé tout en respectant ses nombreuses espèces menacées ou vulnérables.
La protection des monarques en Mauricie
La survie des espèces dépend fortement de la préservation de leur habitat naturel. En Mauricie, le projet du Parc de la rivière Batiscan vise à sensibiliser ses visiteurs à la nécessité de préserver les colonies d’asclépiade, une plante qui joue un rôle essentiel dans le cycle de vie du monarque. Ce magnifique papillon pond en effet ses œufs sur les feuilles de l’asclépiade, qui servent ensuite à nourrir les chenilles.
Le Parc de la rivière Batiscan proposera diverses activités dans un site de reproduction du monarque aménagé dans le cadre du projet. Des panneaux d’interprétation, des animations et une trousse éducative (cartes géographiques, moulages tridimensionnels et guide d’activités) permettront de sensibiliser les visiteurs aux liens indissociables qui existent entre la préservation du patrimoine naturel et la biodiversité.
Une initiative des citoyens de Saint-Lazare
Les milieux naturels sont souvent menacés par la croissance démographique et l’étalement urbain. C’était le cas d’une tourbière de la ville de Saint-Lazare, qu'un promoteur immobilier avait entrepris de développer. Un groupe de citoyens s’est mobilisé pour préserver ce milieu naturel et a convaincu la municipalité d'en devenir propriétaire.
La mise en valeur de ce fragile écosystème a été amorcée conjointement par la municipalité et par un comité regroupant des citoyens, des élus, des employés municipaux et divers spécialistes, notamment Martin Lechowicz, professeur au Département de biologie de l'Université McGill. Comme l'explique ce dernier, « cette tourbière est un exemple du paysage primitif de notre région tel que l'ont vu nos ancêtres quand ils sont arrivés ici et tel que l'ont connu les peuples autochtones quand ils habitaient ce territoire. Si nous le perdons, si nous n'avons pas au moins quelques musées à ciel ouvert de ce type pour que les enfants puissent voir tout cela, alors nous aurons perdu une partie de leur héritage. »
Selon Sofia Fuga, biologiste à la Ville de Saint-Lazare, « le partenariat avec la Fondation a permis à notre projet de gagner en visibilité et en crédibilité. Ce dernier est aujourd’hui connu à l’échelle régionale et non uniquement municipale. Sans ce projet de mise en valeur, la tourbière serait aujourd’hui traversée par une rue ! » Grâce au financement d’envergure consenti par la Fondation, des trottoirs en bois et des panneaux d’interprétation permettront au public d’apprécier ce milieu d’une grande fragilité sans porter atteinte à son intégrité.
Les tortues d’Irlande
Dans la région de Chaudière– Appalaches, les citoyens de la municipalité d’Irlande ont décidé de protéger un site de ponte de la tortue serpentine situé dans une gravière en exploitation. Grâce à l’appui financier de la Fondation, la municipalité a été en mesure de faire l’acquisition de cette gravière située à proximité de l’étang Stater, un milieu humide jugé exceptionnel pour sa biodiversité et sa faune ailée.
On aménagera donc des barrières pour préserver la quiétude des tortues durant la période de ponte et empêcher leur jeune progéniture, après éclosion, de s’aventurer sur la route avoisinante. L’accès au site sera restreint ; toutefois, on offrira au public la possibilité d’observer les tortues sans les déranger.
Le maire d’Irlande, Bruno Vézina, insiste sur l’importance d’un tel appui : « Les organismes et les municipalités ont souvent peu de ressources financières et humaines pour monter de tels projets. Je leur conseille d’aller frapper à la porte de la Fondation, car on y trouve des ressources financières, mais aussi des ressources humaines qui nous aident à mener le projet à terme. La Fondation, ce sont des gens convaincus du bien-fondé de la protection des habitats et de l’environnement. »


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