Canada

À la mémoire de Marcel Côté

Le 25 mai 2014

Nous nous sommes rencontrés à la fin des années 1960, alors tous deux jeunes professeurs à la Faculté d’administration de l’Université de Sherbrooke. C’était l’époque exaltante de l’affirmation des francophones sur le plan économique. De jeunes Québécois, diplômés des grandes écoles américaines, revenaient au Québec pour former au plus haut niveau la prochaine génération de gestionnaires.

Marcel était homme de toutes les fougues, bouillonnant de curiosité, amateur de débats intellectuels, enthousiaste devant les idées neuves. Nous sommes devenus de bons amis. Il me souvient encore de nos discussions animées, voire fébriles, autour du dernier article de The New York Review of Books, Encounter, Dissent, ou encore The Public Interest…

Nous avions pour projet de créer une revue intellectuelle que nous nommerions Répliques, tout un programme ! Finalement, nous avons plutôt fondé secor, une société de conseil dont Marcel fut longtemps le directeur général, et moi, le président du conseil durant 20 ans. Notre société aurait fêté son quarantième anniversaire l’année prochaine.

Puis, l’usure du temps, des chemins différents, des visions distinctes nous éloignèrent. La terrible arithmétique de la vie qui fait que les amis se soustraient et les ennemis s’additionnent a joué entre nous, mais Marcel continua d’enrichir son cercle d’amis tout au long de sa vie et les conserva précieusement jusqu’au bout du chemin.

Marcel était un être unique et précieux par sa passion, son énergie, son intelligence. C’était un économiste qui aimait et pratiquait la politique parce que c’est par la politique que les choses changent vraiment, c’est par elle que l’on peut influencer le cours des événements.

Ce soir, des souvenirs de Marcel affluent pêle-mêle. Sa joie devant les grands mandats que décrochait secor ; nos vacances à Cape Cod ; nos discussions intenses, tendues vers l’avenir de la société ; ses engagements politiques ; son immense satisfaction de faire croître l’entreprise ; ses interventions auprès de la nouvelle génération d’entrepreneurs.

Nous avons parcouru ensemble nos chemins de jeunesse. J’en ai gardé beaucoup d’affection pour Marcel, le jeune homme au rire contagieux, à l’œil vif, au verbe abondant et narquois, jamais malveillant, jamais arrogant.

Au revoir, Marcel !

Partagez cet article




commentaires

Plain text

  • No HTML tags allowed.
  • Web page addresses and e-mail addresses turn into links automatically.
  • Lines and paragraphs break automatically.
Image CAPTCHA
Enter the characters shown in the image.