Québec

Quel avenir pour les communautés religieuses au Québec ?

Les communautés religieuses ont été, au Québec, nos premières multinationales et les artisans d’une véritable politique sociale avant l’arrivée de l’État. Aujourd’hui, beaucoup de religieux disparaissent et un important patrimoine immobilier inutilisé pourrait être à vendre. Par contre, une autre génération prend la relève et s’engage avec détermination dans les affaires et les grandes causes sociales.

 

En cette fin de journée d’été, dans le grand couloir de la maison mère des Sœurs Grises, un rayon de soleil se liquéfie dans la demi-lune de verre dépoli surplombant les doubles portes de chêne qui mènent à la grande chapelle. On entend la rumeur du boulevard René-Lévesque, mais pour parvenir jusqu’à nos oreilles, elle semble lutter contre un nuage de silence et de recueillement qui imprègne les lieux.

Sœur Rollande Paris, ancienne directrice générale de la maison mère, s’arrête pour saluer sœur Hélène, dont le pas hésitant annonce ses 85 ans. Sœur Hélène est dure d’oreille, ce qui oblige sœur Rollande à hausser le ton, mais l’écho de sa voix ne trouble pas la sérénité des lieux. Plus loin, sœur Estelle Mitchell, en sortant de son bureau, nous regarde bien d’aplomb, ne laissant pas deviner ses 90 ans. Cette historienne est la mémoire de la communauté, son bureau bien rangé abritant quelque 65 000 fiches et documents.

N’a-t-elle pas un ordinateur pour l’aider ? « Tout est dans l’ordinateur ici », dit-elle, pointant du doigt son front auréolé d’une abondante chevelure blanche. Je sais exactement où se trouve chacune de mes fiches. »

Rollande Paris, avec ses 63 ans, est une des cadettes de cette maison où logent 250 sœurs. La communauté des Sœurs Grises compte encore 496 membres dans le monde, dont 312 au Québec. Mais la maison mère a déjà accueilli plus de mille personnes : sœurs, vieillards, orphelins, vagabonds, femmes abandonnées. L’ancienne directrice demeure très protectrice de son monde qui s’étiole. « Cette année, j’en ai quatre ou cinq qui vont avoir 100 ans, annonce-t-elle. L’âge moyen est autour de 81-82 ans. »

Selon des statistiques de la Conférence religieuse canadienne, en janvier 2004, on comptait 15 517 religieux et religieuses au Québec, dont 1 500 étaient en terre étrangère, en mission pour la plupart. À Montréal, où l’on dénombre par ailleurs 42 mosquées, on compte encore 250 églises que fréquentent seulement 150 000 fidèles.

 

Or, dans cet univers de communautés où l’âge moyen est de 73 ans, le rythme d’attrition annuel est de 1 000. Dans la mesure où les chiffres annoncent l’avenir, on pourrait prévoir que d’ici 15 à 20 ans, le monde des religieux ne sera plus qu’un pâle chapitre enfoui dans la mémoire d’un Québec qui ne se souvient pas très bien.

 

Les glorieuses

Nous sommes loin des « grandes années ». En 1961, le Québec comptait 59 558 religieux et religieuses répartis dans 189 communautés, dont 14 312 issus de 81 com- munautés œuvraient à l’étranger. Ces chiffres sont demeurés à peu près stables jusqu’en 1965, année où le déclin s’est enclenché.

Tandis que Rollande Paris voit s’éteindre une à une ses compagnes de vie, c’est tout un monde qui se dirige vers la sortie parce que le recrutement, à l’entrée, est pratiquement inexistant. Un monde de service et de dévouement, consacré à l’amour de Dieu et du prochain. « Nous sommes une communauté de macadam », lance sœur Rollande, dont la voix un brin cassante témoigne de son habitude de diriger. « Nous faisions du service social avant la lettre. »  

À l’image de leur fondatrice sainte Marguerite d’Youville, les Sœurs Grises donnaient un lieu d’accueil aux laissés pour compte du Québec et d’autres pays, notamment au Brésil, en Colombie et en Haïti. Au Québec, elles ont fondé il y a 125 ans L’Accueil Bonneau, qu’elles ont fait vivre pendant des décennies. Aujourd’hui, L’Accueil est passé sous administration laïque, mais les Sœurs Grises demeurent un important bailleur de fonds, même si leur nom n’apparaît pas – discrétion oblige ! – à côté de donateurs comme Les Rôtisseries Saint-Hubert, Olymel, Groupe Transcontinental et plusieurs autres.

Les Sœurs Grises financent aussi d’autres maisons qu’elles ont mises au monde et qui, pour la plupart, volent maintenant de leurs propres ailes, notamment la Maison Marguerite de Montréal et la Maison Grise de Montréal – toutes deux pour femmes en difficulté –, le Centre de partage communautaire Johannais, la Maison du Partage Youville et un Centre de Jour « Bon Jour Toi ». Elles ont servi à l’Hôpital Notre-Dame, à l’Institut de cardiologie de Montréal, à l’Hôpital Pasteur. De plus, en 1954, elles ont fondé et dirigé l’Hôpital Maisonneuve jusqu’à ce que le gouvernement du Québec l’achète pour un dollar en 1967. Si le gouvernement l’a acquis pour cette somme symbolique, c’est parce qu’il prenait en charge les dettes, rappelle Rollande Paris. La communauté s’endettait pour dispenser les soins…

Au terme de ce parcours où les religieuses ont donné au Québec certains de ses plus beaux fleurons de solidarité sociale, les religieux et religieuses disparaissent un à un. Dans l’oubli ? Ce serait un moindre mal. « Ce qui nous blesse, c’est l’attitude négative, le dénigrement », avoue sœur Rollande.

Sœur Esther Champagne, de la communauté des Sœurs du Bon Conseil de Montréal, en a long à dire sur ce regard d’aujourd’hui qui juge les conditions d’hier. « Les sœurs de la Providence qui travaillaient à Saint-Jean-de-Dieu (aujourd’hui l’Institut Louis-Hippolyte-Lafontaine) étaient héroïques. Il n’y avait pas de traitements pour tranquilliser les internés comme aujourd’hui. Des sœurs qui se faisaient battre par les malades, ce n’était pas une exception. »

Pour Guy Laperrière, professeur d’Histoire religieuse au département d’Histoire de l’Université de Sherbrooke, « condamner les sœurs et les communautés religieuses parce que certains de leurs membres ont maltraité ou violenté des personnes dont ils avaient la charge, c’est un peu comme condamner l’ensemble du monde politique parce qu’il y a eu le scandale des commandites ».

 

Richesse et précarité

Même si elles effectuaient du service social avant la lettre, les communautés religieuses se sont-elles enrichies démesurément ? Une idée prévalente veut qu’elles roulent sur l’or, ayant amassé au cours des décennies joyaux immobiliers et portefeuilles d’actions et d’obligations. On peut penser, par exemple, aux Sœurs du Bon Pasteur de Québec, qui avait, dans un premier temps, encaissé une perte de 80 millions de dollars dans l’affaire du Marché Central. Si cette congrégation avait pu perdre autant, n’est-ce pas parce qu’elle est assise sur une fortune ?

La réalité est plus nuancée. « La situation des communautés est comme celle de la société en général, soutient Daniel Sylvestre, directeur de l’Association des trésorières et trésoriers des instituts religieux. Oui, il y a des communautés qui ont plus de moyens, mais d’autres en ont très peu. Personne ne connaît le portrait général parce que la nature même des congrégations fait en sorte qu’il y a énormément de discrétion. Cela ne veut pas dire qu’elles aient des choses à cacher. Au contraire. »

Revenons spécifiquement au cas des Sœurs du Bon Pasteur. Cette communauté, qui a déjà compté 1 500 membres, en regroupe encore 650, dont 200 œuvrent en mission au Rwanda, au Lesotho, en Afrique du Sud, au Brésil et en Haïti. Sur les 450 Sœurs du Bon Pasteur résidant au Québec, seulement 150 sont encore actives à des degrés divers. La logique même de leur vocation fait en sorte que l’âge de leur retraite est très mobile. Mais au moins 300 sœurs, et sans doute davantage, nécessitent des soins et divers services de soutien – ce qui explique la présence de deux infirmeries au sein de la communauté.

Les soins infirmiers sont entièrement à la charge de la communauté. « Le gouvernement ne contribue parce qu’il considère pas les religieux comme des aidants naturels, poursuit sœur Esther, un ton de contestation dans la voix. S’il devait accueillir tout notre monde dans les CHSLD, ça lui coûterait une beurrée. Pourtant, nos membres, quand ils achètent une table ou un marteau, payent de la TPS et de la TVQ comme tout le monde! Bref, les Sœurs du Bon Pasteur ne roulent pas sur l’or. »

Mais les Sœurs du Bon Pasteur ne sont pas dans la rue non plus. Elles étaient suffisamment nanties pour encaisser une perte initiale de 80 millions de dollars. Or, avec 650 membres, elles font partie d’un très petit nombre de communautés qui disposent de moyens plus substantiels. Comme le note sœur Esther, la grande majorité des communautés, environ 150 sur un total actuel de 230, comptent moins de 100 membres.

Les plus grandes communautés avaient une vocation éducative ou hospitalière, ce qui signifie des édifices plus imposants, mais aussi plus de salaires et, aujourd’hui, plus de pensions. Il en va autrement pour la communauté de sœur Esther, qui rassemble 95 membres. « Nous n’étions pas des sœurs enseignantes ni hospitalières, indique-t-elle. Nous nous sommes installées dans les quartiers ouvriers des villes, et n’avons pas d’édifices de cinq millions à vendre. » Sur les 95 membres, seulement dix ont encore un travail rémunéré, ce qui veut dire que « 85 sur 95 ont atteint l’âge de la retraite. Et sur ce groupe, au moins une quarantaine ont besoin de services de santé. C’est coûteux et c’est à nos frais. Et en plus, on a la régie du bâtiment sur le dos pour nous obliger à mettre nos édifices à niveau. Notre situation ? En un mot : précaire. » Malgré cela, la communauté doit trouver les moyens de soutenir ses œuvres, notamment le Centre de formation sociale, à Montréal, et une mission en Haïti, démarrée il y a dix ans.

En fait, même les communautés plus riches doivent calculer serré pour joindre les deux bouts. La mission des Sœurs Grises auprès des démunis faisait en sorte que seulement une minorité des membres gagnait un salaire. Leurs moyens réduits les empêchent de subvenir aux besoins de grandes bâtisses âgées qui exigent beaucoup d’entretien. C’est pourquoi elles doivent les vendre. Et, contrairement aux bruits qui courent, ce n’est pas toujours à prix d’or.

 

Assurer la continuité

La maison patrimoniale qu’habitent les Sœurs Grises les empêche justement de toucher le gros lot. « On obtient le quart de la valeur au marché parce que notre maison est classée patrimoniale », fait ressortir Rollande Paris. Et même si elles peuvent tirer le maximum d’une vente, les communautés se l’interdisent souvent. Ainsi, les Sœurs Grises vont signer en mars 2007 un contrat de vente de leur édifice à l’Université Concordia. Bien d’autres promoteurs immobiliers auraient été prêts à mettre davantage sur la table, mais la communauté a retenu l’université « parce qu’elle continue notre mission d’éducation », note la religieuse.

Il en est de même pour les trappistes d’Oka. Un groupe américain offrait une somme bien supérieure à la valeur marchande courante dans le but de transformer les lieux en centre sportif, mais les pères l’ont éconduit au profit d’un consortium composé de ministères et d’organismes de la ville d’Oka, qui désire faire du monastère un centre communautaire, culturel et éducatif.

Dans l’équation immobilière, il faut aussi tenir compte des religieuses et religieux qui ont été en mission toute leur vie. « Ils n’avaient pas de salaire, et donc ne récoltent pas de pension, souligne Esther Champagne. Quand ils reviennent au pays, leur santé est souvent précaire, et ils n’ont pas de moyens. » La maison des Sœurs de la Providence abrite des membres d’une dizaine de communautés, dont plusieurs reviennent de mission. Comme le fait ressortir Jacques Morin, responsable du comité de priorité dans les dons à la Conférence religieuse du Canada, « dans une grande mesure, les plus importantes communautés aident les plus petites à se maintenir à flot ».

 

Pas de « charité »

Les communautés ne limitent pas leur charité à leurs membres ou aux religieux d’autres ordres. Le groupe que gère Jacques Morin soutient entre 300 et 400 groupes communautaires et caritatifs à hauteur d’environ un million et demi de dollars par année, fraction qu’il estime au quart du total des dons, plusieurs communautés s’occupant elles-mêmes de leurs dons.

Là encore, chaque communauté privilégie des groupes qui prolongent sa mission, qu’il s’agisse d’aider des centres de femmes en difficulté ou d’itinérants, des groupes d’éducation populaire ou des communautés d’immigrants. Certaines communautés vont pratiquer la « charité » comme on l’entend de façon courante, en donnant à manger aux itinérants, par exemple.

Le comité de douze membres de la Conférence religieuse canadienne privilégie aussi le volet de ce que Jacques Morin appelle l’“éducation populaire autonome’’. « Nous souhaitons que les groupes puissent s’organiser afin de mener des actions collectives pour défendre leurs droits, que leurs bénéficiaires ne soient pas seulement des consommateurs de services, mais aussi des acteurs. » C’est ainsi qu’on soutient depuis plusieurs années le Front commun des personnes assistées sociales, la Ligue des droits et libertés ou des groupes de défense de locataires.

On pourrait sentir dans cette démarche un certain parfum de contestation sociale – et on aurait raison. Ce n’est pas nouveau. En 1848, quand Esther Blondin, béatifiée en 2001, soumettait son projet de fondation d’une congrégation religieuse vouée à l’éducation des enfants pauvres des campagnes dans des écoles mixtes, Mgr Ignace Bourget disait qu’il trouvait ce projet « téméraire, subversif de l’ordre établi ». Mais en même temps, le prélat accédait à la demande.

Cela illustre ce qui demeure la contribution la plus noble des communautés religieuses : l’affirmation et le développement de la personne humaine. On critique souvent l’« obscurantisme » dans lequel les religieux ont contribué à maintenir le Québec. La critique vaut, mais elle est malhonnête si on ne tient pas compte de l’autre volet. « Il y a eu des cas d’abus, mais au total, les religieux ont bâti l’infrastructure sociale du Québec, rappelle Daniel Sylvestre. Ils ont vraiment aidé beaucoup de personnes par l’éducation, les soins et les services sociaux. Combien de gens se sont réalisés professionnellement grâce à l’éducation reçue dans les collèges ? » Et que dire de l’appui aux femmes…

 

Nouvelles semences

À présent, les religieux s’en vont... Est-il inéluctable que le catholicisme et tout son héritage se volatilise avec eux ? Il n’y a pas que les communautés qui s’estompent. Le réseau des prêtres diocésains est lui aussi en voie d’extinction. Mgr Lionel Gendron, recteur du Grand Séminaire de Montréal, se rappelle que l’année où il est entré dans cette institution, au milieu des années 1960, son contingent comptait 74 postulants. L’année précédente, il y en avait 91. « Trois ans plus tard, ils n’étaient plus que douze », lâche-t-il. Par bonheur, ce petit nombre est demeuré relativement stable depuis.

Aucun des intervenants à qui nous avons parlé ne perd espoir. Le père Rick van Lier, professeur de sociologie de la religion à l’Institut de pastorale des Dominicains, parle d’un « écosystème chrétien ». « Il y a de grands arbres qui tombent, mais il y a aussi une foule de jeunes pousses qui surgissent », affirme-t-il.

Le père van Lier dénombre ainsi une vingtaine de nouvelles communautés qui ont émergé au cours des vingt-cinq dernières années. Un certain nombre vient de France, comme les Fraternités monastiques de Jérusalem, la Communauté Saint-Jean et les Moniales de Bethléem. Mais la majorité est née au Québec : la Famille Marie-Jeunesse, à Sherbrooke, la Communauté du Désert, à Trois-Rivières, la Famille MyriamBeth’léhem, à Baie-Comeau, et  la Société du Christ Seigneur et la Fraternité franciscaine de l’Emmanuel, toutes deux à Montréal.

« Les congrégations sont toujours nées pour répondre à des besoins précis, rappelle Rollande Paris. À l’époque des Sœurs Grises, c’étaient des besoins de vie et de survie. Aujourd’hui, le besoin est celui du sens. Des groupes émergeront de plus en plus pour y répondre. » Mgr Lionel Gendron, recteur du Grand Séminaire de Montréal, renchérit : « Autrefois, le sens était donné par la société, mais ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, la société répond à tous les besoins, sauf celui du sens. »

Ces nouvelles communautés affichent des moyennes d’âge dans la trentaine et la quarantaine. Le trait le plus original est celui de la mixité que l’on retrouve chez certaines. « Ce sont des communautés composées à la fois d’hommes et de femmes, dont les membres sont célibataires, certains étant ordonnés prêtres, indique Rick van Lier. Dans certaines, on intègre des membres mariés, le cas échéant avec leurs enfants. »

Un autre trait marquant est celui d’une plus grande place faite à la spiritualité, à l’oraison et à la méditation. Enfin, il y a une plus grande fluidité entre la vie consacrée et la vie profane. Les hommes et les femmes des Fraternités monastiques de Jérusalem sont des moines qui vivent au cœur de Montréal et gagnent leur vie à mi-temps dans la ville dans divers emplois : secrétariat, construction, médecine, etc.

Dans les diocèses, une forme ancienne a été remise à l’honneur et reprend du galon : les diacres. À Trois-Rivières, signale l’évêque Mgr Martin Veillette, on a ordonné seulement dix nouveaux prêtres au cours des vingt dernières années, tandis qu’une centaine de prêtres sont décédés. Or, durant la même période, on a ordonné vingt-quatre diacres permanents. « Le diacre peut être un homme marié qui a une profession et qui peut, avec des années de formation, en venir à exercer un ministère, explique le prélat. Il est surtout au service des gens plutôt qu’à l’église comme célébrant. Un de nos diacres est journaliste et anime une émission de radio à caractère religieux depuis dix ans. Deux autres sont chef de police et directeur général d’un hôpital. Ils apportent un témoignage que les prêtres ne pouvaient pas apporter auparavant. »

Toutes ces nouvelles formes « ramènent l’Église plus près du christianisme des origines », précise Mgr Veillette, moins hiérarchisée, plus intégrée à la vie de tous les jours des fidèles. « Au Séminaire, on essaie de former des missionnaires, mais à l’interne, pour révangéliser la société », fait ressortir Mgr Lionel Gendron.

Ces nouveaux « missionnaires internes » œuvrent bien sûr auprès des fidèles qui vont à la messe, mais aussi, à Montréal seulement, auprès de deux cents groupes de jeunes catholiques, « où il y a une vie qu’on ne voit pas à la messe », relève l’abbé André Tiphane, membre du comité de direction du Grand Séminaire de Montréal.

Tout cela concourt à faire une nouvelle communauté chrétienne plus forte et plus cohérente à laquelle les gens adhèrent cette fois par choix et non plus automatiquement à la naissance. « Ce ne sera pas nécessairement un christianisme plus intense, parce que les gens de l’époque étaient aussi intenses, note sœur Rollande Paris, mais ce sera un christianisme plus près de ses racines. »

En effet, il sera toujours difficile d’être aussi intense que les Marguerite Bourgeoys, Marguerite d’Youville et Esther Blondin qui ont jalonné l’histoire du Québec. Mais on peut croire que, voué à reconstituer ses racines dans l’obscurité et l’anonymat, le nouveau catholicisme sera aussi intense que l’ancien. 

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