Canada

Vitement la nouvelle année!

Dans ce dernier numéro de 2012, forces veut rendre hommage à trois personnalités qui ont marqué l’actualité québécoise d’une façon toute spéciale.

Dans ce dernier numéro de 2012, forces veut rendre hommage à trois personnalités qui ont marqué l’actualité québécoise d’une façon toute spéciale.

Tout d’abord, Pauline Marois, élue première ministre à la tête d’un gouvernement minoritaire à la suite d’un parcours politique marqué par sa compétence et sa détermination, est devenue la première femme à occuper ce poste au Québec. La juge France Charbonneau, pour sa part, a accepté l’invitation de l’ancien premier ministre du Québec Jean Charest de relever le défi de présider la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (CEIC), cela dans un contexte juridique complexe de par les enquêtes policières engagées depuis quelques années dans ce secteur d’activité si important pour notre économie. Quant à Monique Leroux, présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins, elle a su donner un souffle nouveau à ce «fleuron glorieux» québécois, tout en soulignant le caractère coopératif de son institution, en organisant à Québec, en octobre dernier, un grand rassemblement international autour du mouvement coopératif.

Ces trois personnalités de premier plan de la réalité québécoise témoignent d’une difficile année 2012 qui se termine comme elle a commencé, c’est-à-dire dans l’incertitude tant sur le plan social que sur le plan économique. Mais certains éléments apparaissant sur le radar des prévisions pour 2013 nous permettent de croire que nous entrons dans un cycle de perspectives plus positives.

Partons du principe que l’économie mondiale devra composer, dans les prochaines années, avec une croissance plus modeste que celle connue avant «la grande crise» de 2007-2008. Mickey D. Levy, économiste en chef de la plus importante banque américaine, la Bank of America, et Craig Wright, économiste en chef de la plus importante institution bancaire canadienne, la Banque Royale, dans une entrevue exclusive à forces, se disent malgré tout confiants que les États-Unis sauront surmonter leur problème politique face au choix fiscal à faire pour diminuer leur dette devenue énorme, comme le souligne Bernard Landry dans sa chronique, tout en protégeant les efforts nécessaires pour consolider la reprise. L’Europe, pour sa part, devrait continuer sa consolidation avec une encore plus grande intégration économique, ce qui la rendra plus forte pour reprendre le chemin de la croissance. Les pays émergents, tels le Brésil et l’Inde, seront au ralenti et la Chine fera du surplace, tout juste au-dessus du seuil critique de 7% de croissance, permettant ainsi à ses nouveaux dirigeants de prendre les mesures qui s’imposent afin de poursuivre son exceptionnelle croissance et de soutenir la demande internationale pour les ressources naturelles. Ce qui est fondamental pour le Canada, qui pourrait avoir une croissance entre 2 et 2,5% selon la Banque du Canada, et le Québec en particulier avec son développement du Nord qui lui permettra de maintenir une croissance de 1,5 à 2%.

Alors que 2012 a été une période d’ajustements, 2013 pourrait en être une de consolidation. Ce sera le cas pour l’économie québécoise, dont quelque 50% de la production va à l’exportation alors que 85% de celle-ci est dirigée vers les États-Unis et l’Europe occidentale. D’où l’importance de pouvoir conclure ce libre-échange avec l’Union européenne qui pourrait faire du Québec la porte d’entrée de l’Europe au Canada. C’est la carte que doit jouer Montréal si elle veut accueillir les sièges sociaux nord-américains des grandes entreprises européennes, surtout dans le domaine des richesses naturelles. Montréal doit se développer comme l’une des métropoles des Amériques les plus accueillantes par sa réalité tant financière et culturelle que géographique en ces débuts d’un nouveau cycle économique qui favorisera notre continent sous l’impulsion de l’économie américaine. Si nous pouvions créer une synergie entre tous les événements sociaux, culturels, universitaires et économiques qui ont lieu chaque année à Montréal en relation avec les Amériques, nous pourrions créer un pôle d’attraction exceptionnel. À quand une «Place des Amériques» et une «Maison des Amériques» à Mont-réal? Le momentum est là…

Ces perspectives, somme toute positives, sont conditionnelles à un climat de paix. L’ancien secrétaire d’État adjoint des États-Unis, John Negroponte, nous rappelle qu’au lendemain de l’acceptation de la Palestine par les Nations unies comme État observateur, malgré l’opposition des États-Unis et du Canada, le gendarme du monde d’hier, les États-Unis, doit repenser sa diplomatie de demain. Ce que nous dit l’ancien diplomate pourrait signifier le retour d’un climat propice à reprendre le processus d’intégration économique des Amériques qui devait se conclure en 2005, à la suite du Sommet des Amériques tenu à Québec en 2001. Les États-Unis doivent reconsidérer leur stratégie diplomatique internationale et leur première référence demeure les Amériques. À nous de savoir saisir la balle au bond, à l’aube de ce nouveau cycle économique marqué par la révolution de l’énergie qui rendra les États-Unis à peu près autosuffisants, et par la révolution des technologies et des communications qui est à finaliser le «Village global» de Marshall McLuhan.

En ce sens, le président du CRTC, Jean-Pierre Blais, a raison de rechercher un meilleur équilibre entre les intérêts des diffuseurs et ceux des consommateurs. Le défi est d’y arriver sans mettre en cause la capacité de nos diffuseurs de concurrencer la programmation américaine et celle des consommateurs d’avoir accès à un «bouquet» de plus en plus significatif de notre réalité tant nationale qu’internationale. Attendons la suite…

L’année 2012 a été difficile pour le Québec avec, entre autres, la crise étudiante, l’élection d’un nouveau gouvernement fortement minoritaire, les révélations scabreuses de corruption en milieu municipal et une économie hésitante. Tournons la page… Gardons cependant le même livre: il en vaut la peine. Mais vitement 2013! ×

Bonnes vacances et meilleurs vœux pour la nouvelle année!

Rédigé le 5 décembre 2012.

Partagez cet article




commentaires

Plain text

  • No HTML tags allowed.
  • Web page addresses and e-mail addresses turn into links automatically.
  • Lines and paragraphs break automatically.
Image CAPTCHA
Enter the characters shown in the image.