Canada
Société

Les personnalités de l’année 2015

Le moment est venu de célébrer les personnes d’exception qui inspirent, émeuvent, guérissent et guident. Encore une fois, des traits communs relient les quatre personnalités de l’année de Forces : leur capacité d’aller vers les plus grands défis, où qu’ils se trouvent, et de les relever avec brio. Ces quatre chefs de file dans leurs domaines respectifs — l’humanitaire, la culture, le sport et la politique — transcendent leur profession et servent d’exemple pour la plupart d’entre nous. La Dre Joanne Liu, présidente de Médecins sans frontières, a placé au centre des opérations de son organisation les victimes des pires zones de crises de la planète, tout en clamant haut et fort que même la guerre doit conserver des balises humanitaires ; Yannick Nézet-Séguin, chef d’orchestre prodigieux, voit son immense talent applaudi dans les plus hautes sphères de la musique classique ; Pernell Karl Subban, super vedette de hockey et défenseur des Canadiens de Montréal, a su toucher le cœur de millions de gens grâce à son incroyable générosité ; et Justin Trudeau, devenu récemment le 23e premier ministre du Canada, a insufflé une nouvelle culture à Ottawa, imposant un changement de cap à la politique nationale. À eux quatre, ils représentent ce qu’il y a de plus inspirant dans la nature humaine : le courage, la détermination, le sacrifice de soi pour une grande cause, la capacité à se donner corps et âme pour élever notre destinée collective vers plus de lumière. En cette ère où les enjeux se mondialisent chaque jour davantage, nous avons plus que jamais besoin d’individus remarquables comme eux.

Justin Trudeau, 43 ans, 23e premier ministre du Canada
Joanne Liu, 50 ans, présidente internationale de Médecins sans frontières
Yannick Nézet-Séguin, 40 ans, chef d’orchestre
Pernelle Karl Subban, 26 ans, défenseur des Canadiens de Montréal

Justin Trudeau

Nouvelle approche

Après une décennie de règne du Parti conservateur de Stephen Harper, il a su mener le Parti libéral du Canada (PLC) à la victoire lors de l’élection fédérale du 19 octobre 2015, lui donnant un gouvernement majoritaire. La majorité des personnes choisies par le nouveau premier ministre afin de former son cabinet ont moins de 50 ans. Pour la première fois, les leviers du pouvoir reviennent à une génération post – baby-boomers. À l’image du nouveau premier ministre, âgé seulement de 43 ans.

C’est un baptême de feu qui attendait Justin Trudeau dès ses premières semaines au pouvoir. En plus d’avoir d’énormes chaussures à enfiler (les comparaisons avec son père, Pierre Elliott Trudeau, ancien premier ministre du Canada durant 14 ans entre 1968 et 1984, sont inévitables), il doit démarrer son mandat par un enchaînement de sommets internationaux sur fond de crise internationale en matière de sécurité. Dans le sillon des attentats de Paris, la lune de miel avec les électeurs a pris fin abruptement. Dès le départ, des défis majeurs sont lancés. Les dossiers chauds de l’accueil de 25 000 réfugiés syriens avant le début de 2016, le rôle du Canada à l’international (la campagne de bombardement contre l’EI en Syrie), en plus de l’enquête sur les femmes autochtones disparues ou assassinées mettent à l’épreuve la « nouvelle » façon de faire de la politique de Justin Trudeau. Le jeune premier ministre a une liste ambitieuse de réformes à mener, selon les messages de sa plateforme électorale. Notamment, l’annulation des mesures Harper concernant le CELI, une baisse du taux d’imposition de la classe moyenne et une hausse du taux de ceux ayant un revenu de plus de 200 000 dollars ; une réforme de l’assurance-emploi et du régime de pension de vieillesse ; le rétablissement du service postal effectué par des facteurs ; la légalisation de l’usage de la marijuana, etc. Mais l’une de ses promesses de campagne a pu rapidement être réalisée : son cabinet compte autant de femmes que d’hommes, une première de l’histoire sur la scène fédérale. Le chef libéral a un réel pouvoir entre les mains, mais ses actions seront scrutées à la loupe afin de vérifier s’il est plus qu’une « image ». Au jour même de son assermentation, le magazine Forbes le plaçait 69e dans son palmarès des personnes les plus puissantes au monde.

Justin Trudeau a l’habitude des projecteurs. Le jour de sa naissance, Noël 1971 à Ottawa, son nom faisait déjà les manchettes. C’était la première fois depuis 1869 qu’un premier ministre entrant (Pierre Elliott Trudeau) en exercice avait un enfant. Il a grandi à la résidence officielle du premier ministre, au 24, Sussex Drive, jusqu’à l’âge de 13 ans. Son entrée dans l’arène publique a eu lieu en 2000, lors des funérailles de son père. Le discours qu’il y avait tenu en hommage à l’ancien premier ministre avait montré ses impressionnants talents d’orateurs. On lui prédisait déjà, dès ce moment, un avenir en politique. Sept ans plus tard, il pose sa candidature dans la circonscription de Papineau sous la bannière libérale. Il y remporte la victoire lors des élections de 2008 et de 2011. Deux ans plus tard, Justin Trudeau est élu chef du Parti libéral du Canada, raflant 80 % des voix dès le premier tour du scrutin. Il succède à Bob Rae, qui assurait l’intérim depuis la démission du chef Michael Ignatieff, au lendemain de la pire défaite de l’histoire du parti, lors de l’élection du 2 mai 2011. Au moment de prendre les commandes, Justin Trudeau est vu comme un sauveur par de nombreux libéraux qui croyaient leur parti en déroute. Toutefois, la question du manque de substance et d’expérience politique demeurait. Le nouveau chef disait vouloir réinventer le parti libéral et rebâtir la confiance de ses troupes. Selon les analystes, ce message du renouvellement a été payant, lui procurant la victoire du 19 octobre 2015. Le PLC a été la seule grande formation à bénéficier du vote majoritaire des moins de 45 ans au pays et des nouveaux électeurs, le jour du scrutin.

Biographie
Né le 25 décembre 1971, à Ottawa.
2002-2003 : études d’ingénieur à l’École polytechnique de Montréal.
2005-2006 : maîtrise en géographie environnementale à l’Université McGill.
2005 : épouse Sophie Grégoire.
2002 à 2006 : président du conseil d’administration du programme de bénévolat pour les jeunes, Katimavik.
2006 : président du groupe de travail sur la jeunesse de la Commission du renouveau du PLC.
2008 et 2011 : élu dans la circonscription de Papineau.
2011 : porte-parole du PLC en matière de multiculturalisme et de jeunesse.
2012 : met le sénateur conservateur Patrick Brazeau K.-O. lors d’un combat de boxe caritatif contre le cancer.
2013 : devient chef du Parti libéral du Canada.
2015 : remporte les élections fédérales et devient le 23e premier ministre du Canada.

Joanne Liu

Au cœur des crises

Apporter la médecine de pointe et mener la charge pour la santé des patients dans les régions les plus chaotiques et les plus dangereuses de la Terre, telles sont les missions de vie qu’a choisies la Dre Joanne Liu, présidente internationale de Médecins sans frontières (MSF) depuis juin 2013. Au cours de la dernière année, elle s’est assurée que son organisation non gouvernementale puisse prodiguer des soins aux plus démunis, même dans les situations extrêmes. Mission accomplie.

Avant d’être la patronne de l’ONG qui envoie des équipes médicales vers les zones des crises et des conflits les plus graves, la pédiatre québécoise est allée sur le terrain, partout dans le monde, pour y prodiguer des soins où les besoins étaient criants. Son travail avec MSF a commencé en 1996 auprès de réfugiés maliens, en Mauritanie. Par la suite, la Dre Joanne Liu s’est retrouvée en première ligne pour secourir, aider et soutenir des personnes en détresse notamment en Haïti, au Kenya, en Indonésie, en République démocratique du Congo… Même au moment de prendre la direction de MSF International (une organisation qui emploie 30 000 personnes prodiguant huit millions d’interventions médicales annuellement), la nouvelle présidente a tenu à mener une mission dans l’un des endroits les plus dangereux de la planète. « J’ai commencé mon mandat comme urgentiste incognito en Syrie ; les gens ne savaient pas que j’étais la présidente de MSF. C’était important pour moi de travailler à soigner des patients comme médecin de base afin de m’approprier le contexte ; d’être authentique et légitime », dit la médecin originaire de Québec. Sa vision du poste de présidente n’est pas de « couper des rubans à des inaugurations », mais bien d’utiliser sa fonction pour soutenir au mieux les opérations sur le terrain afin de placer le patient au centre du processus de décision, malgré les innombrables défis qui se présentent.

Et parmi les « embûches » possibles, il y a le danger, toujours présent, d’une attaque d’une violence brutale contre les installations de MSF. Des hôpitaux et des cliniques de l’organisation ont été bombardés au Yémen, au Soudan du Sud, en République centrafricaine et, plus récemment, en Afghanistan. Dans la nuit du 2 au 3 octobre 2015, le centre de traumatologie de Kunduz, dans le nord-est du pays, a subi des bombardements aériens à répétition de l’armée américaine, une « erreur », selon les autorités étasuniennes, qui a causé 22 morts et blessé des douzaines de personnes. C’était la pire agression qu’a subie MSF en 44 ans d’histoire. « Ce n’était pas seulement une attaque contre notre hôpital, mais aussi contre les conventions de Genève et cela, on ne peut pas le tolérer, indique la présidente de MSF. Si nous laissons passer ce crime, cela reviendrait au fond à signer un chèque en blanc à tous les pays en guerre. » Joanne Liu voit dans cette récente tragédie le sujet qui devrait être au cœur du débat aujourd’hui : l’érosion du droit humanitaire international. « On ne respecte plus [dans les zones de conflits] les acquis comme l’espace médical, les hôpitaux, les soignants et les patients », déplore-t-elle. Et c’est là qu’elle concentrera en grande partie son combat à l’avenir : se battre pour que les populations civiles aient accès aux soins et pour que les soignants puissent faire leur travail. « Mon plus grand défi, c’est de sauvegarder cet espace humanitaire médical dans des environnements impossibles et complètement polarisés », dit-elle. Mais cela peut être réalisé seulement si l’on s’entend sur les règles d’engagement entre les belligérants, la population et les acteurs humanitaires. « Il faut des règles du jeu qui protègent le minimum vital, et cela se définit par une stricte interdiction de bombarder des patients, des soignants, des ambulances et des hôpitaux. C’est aussi simple que cela. »

L’autre grande bataille de MSF, selon la présidente, c’est d’assurer le leadership médical dans les pays en voie de développement qui subissent des conflits. « Comme c’était le cas à Kunduz, il faut prendre le meilleur équipement disponible dans les pays à hauts revenus afin de faire profiter tous les pays en conflit de la médecine de pointe du 21e siècle, même dans des milieux extrêmement difficiles. »

Biographie
Née à Québec, le 11 avril 1965.
Études de médecine à l’Université McGill et au New York School of Medecine.
1996 : Œuvre auprès des réfugiés maliens en Mauritanie au sein de Médecins sans frontières (MSF).
2000 : travaille comme pédiatre au CHU Sainte-Justine ainsi qu’au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).
2003 à 2009 : présidente de MSF Canada.
2013 : élue présidente internationale de MSF. Prix Teasdale-Corti d’action humanitaire, remis par le Collège royal des médecins et des chirurgiens du Canada, pour souligner son « engagement exceptionnel ».
2015 : Officière de l’Ordre national du Québec. Prix d’humanisme décerné par le Collège des médecins du Québec. Fait partie de la liste du « Top 100 » des personnes les plus influentes au monde du magazine Time.

Yannick Nézet-Séguin

Le triomphe du virtuose

C’est l’un des chefs d’orchestre les plus courus du monde entier. Partout où il passe, le maestro québécois fait l’unanimité et suscite l’admiration enthousiaste des plus grands connaisseurs de musique classique. Déjà, à 40 ans, le prodige semble être au sommet de son art. Jusqu’où ira-t-il ?

Yannick Nézet-Séguin dirige trois orchestres de renommée internationale à Philadelphie, à Rotterdam et à Montréal. À la fin du mois de septembre dernier, le Philadelphia Orchestra, guidé par le chef montréalais, a joué pour le pape François. Il a séduit le Tout-New York en ouvrant la saison d’automne du Metropolitan Opera avec Otello, de Verdi. Il serait même pressenti pour succéder au légendaire James Levine, directeur musical de cette mythique institution depuis 1976. Il vient de terminer cinq représentations d’Elektra de Richard Strauss, effectuant ainsi un retour triomphant à l’Opéra de Montréal. Outre quelques faits saillants de l’année 2015-2016 (tournée européenne avec l’Orchestre philharmonique de Rotterdam, tournée en Asie avec l’Orchestre de Philadelphie, enregistrement chez Deutsche Grammophon du cycle Mendelssohn avec l’Orchestre de chambre d’Europe, etc.) ses réalisations seraient trop nombreuses à énumérer ici.

Cette trajectoire lumineuse dans les hautes sphères musicales — du baroque au contemporain, de la musique de chambre au grand opéra — le place déjà parmi les géants de la musique classique au 21e siècle. En témoigne son tout récent titre d’« Artiste de l’année 2016 » qui lui a été décerné par la bible du secteur de la musique classique, le révéré magazine Musical America. Yannick Nézet-Séguin, reconnu ainsi pour ses qualités de « musicien d’une ampleur et d’une profondeur extraordinaires », s’est dit « honoré d’accepter cet honneur prestigieux », mais « un peu jeune » pour le recevoir, ajoutant que « ce prix va à tous les musiciens que je dirige […] à travers le monde. » Mais c’est une photo de lui, seul, baguette à la main, qui sera sur l’édition 2016 de la livraison annuelle de Musical America Worldwide, un « bottin téléphonique » contenant tout sur l’industrie de la musique classique. Déjà sursollicité, il devra limiter ses collaborations, selon ce qu’il a dit à La Presse récemment : « Si je veux diriger encore pendant 40 ou 50 ans, il ne faut pas que je sois trop pressé. J’ai déjà gravi les échelons très rapidement ; je préfère me concentrer sur de longues relations avec mes orchestres. »

Quel est le parcours de ce virtuose ? Dès l’âge de cinq ans, il commence l’apprentissage du piano. Cinq années et de nombreux prix au Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec plus tard, il a déjà décidé qu’il deviendra chef d’orchestre. Lors d’une entrevue accordée au quotidien The Guardian, il confie : « Ce qui est curieux, c’est que quand on est jeune, on rêve de quelque chose sans vraiment en saisir toutes les implications. Mais le chemin qui m’a mené à ma carrière de chef d’orchestre me réservait finalement peu de surprises. J’en ai rêvé, et ce rêve est devenu réalité. » Le véritable tournant de sa vie musicale a eu lieu après avoir soufflé ses 19 bougies, en 1994, lorsqu’il rencontre celui qui deviendra son mentor, le grand chef italien Carlo Maria Guilini. Aussitôt, il fonde son propre ensemble vocal et instrumental, La Chapelle de Montréal. Trois ans plus tard, en 1997, il avait déjà décroché cinq premiers prix avec grande distinction. En 2000, le jeune homme prend les commandes de l’Orchestre métropolitain de Montréal et l’amène à des niveaux remarquables. Ayant tout accompli, ou presque, au Canada, il répond à l’appel du monde qui se fait sentir, et n’a pas ralenti depuis.

Biographie
Né à Montréal, le 6 mars 1975.
1995 : Dirige son premier concert avec orchestre.
1999 : Reçoit le prix Opus « Découverte de l’année ».
2000 : Nommé directeur artistique et chef principal de l’Orchestre métropolitain de Montréal (contrat prolongé jusqu’en 2022).
2000 : Prix Virginia-Parker du Conseil des Arts du Canada.
2006 : Nommé directeur artistique de l’Orchestre philharmonique de Rotterdam (contrat qui prendra fin en 2018).
2009 : Débuts au Metropolitan Opera de New York (contrat jusqu’en 2020).
2010 : Prix du Gouverneur général du Canada pour les arts de la scène.
2011 : Prix Denise-Pelletier et Doctorat honoris causa de l’UQAM.
2012 : Nommé chef principal de l’Orchestre philharmonique de Philadelphie (contrat prolongé jusqu’en 2022).
2012 : Compagnon de l’Ordre du Canada.
2014 : Doctorat honoris causa du Curtis Institute.
2015 : Doctorat honoris causa du Westminster Choir College de l’université Rider.
2015 : Compagnon des arts et des lettres du Québec ; Officier de l’Ordre national du Québec.
2015 : Nommé artiste de l’année 2016 par le magazine Musical America.

Pernell Karl Subban

Le CH tatoué sur le cœur

La grande vedette de la LNH Pernell Karl Subban, fils d’immigrants des Caraïbes en Ontario, a récemment scellé sa relation à vie avec sa ville d’adoption, Montréal. Au début de l’automne, le jeune homme s’est illustré par le plus grand engagement philanthropique jamais réalisé par un athlète professionnel au Canada, suscitant une ovation de la collectivité plus grande que s’il devait, un jour, brandir la Coupe Stanley.

Celui que les admirateurs du club de hockey Canadiens appellent affectueusement « PK » a un style de jeu flamboyant sur la glace. Et ce n’est que le reflet de sa très forte personnalité dans la vie. Cet athlète de 26 ans qui ne se définit pas comme un joueur de hockey, mais plutôt comme « un gars qui joue au hockey », a un sens indéniable du grandiose dans tous les aspects de sa vie. Rien ne pouvait mieux symboliser ce trait de caractère que son annonce d’un don de 10 millions de dollars à l’Hôpital de Montréal pour enfants, cet automne, au sein du nouvel amphithéâtre de 484 mètres carrés portant son nom. Lors de l’été 2014, P.K. Subban signait un contrat de 72 millions de dollars sur huit ans, alors qu’il commençait sa cinquième saison avec la Sainte Flanelle. Lors de son discours, en français, P.K. Subban a déclaré : « Le CH et la ville de Montréal ont pris un engagement à long terme avec moi. Alors aujourd’hui, c’est à mon tour de prendre un engagement à long terme envers la ville de Montréal ». En plus de cette contribution financière, le défenseur étoile sera la figure de proue des campagnes de marketing de cette institution pédiatrique. Les versements du don seront effectués par l’entremise de la fondation Helping Hand de Subban. Ces importantes sommes seront consacrées à l’assistance des familles placées en difficulté financière à cause de la maladie de leur enfant. Lors de ses entrevues, le généreux donateur a expliqué les origines de sa décision de remettre une si grosse somme à une œuvre de charité.

Alors qu’il avait 22 ans, durant l’été 2011, P.K. Subban et l’ancien joueur des Canadiens Georges Laraque s’étaient rendus en Haïti, à la suite du terrible séisme ayant dévasté ce petit pays en 2010, pour apporter leur soutien au programme « Hockey for Haiti » visant à amasser des fonds pour rebâtir l’hôpital Grace Children, à Port-au-Prince. Il s’agissait de son premier voyage dans les Caraïbes, la région d’origine de ses parents. La visite à Grace Children a eu un effet profond sur le jeune athlète : « C’était le genre d’expérience qui change une vie, avait-il dit en entrevue. J’ai toujours voulu donner aux autres et aider les gens. Mais voir à quel point des personnes peuvent se trouver dans la plus profonde misère, dans un quotidien aussi difficile... cela m’a fait réaliser à quel point nous sommes privilégiés. »

Revenu au Canada, il avait décidé que sa profession ne dicterait pas la manière dont il vivrait sa vie. Malgré son jeune âge, P.K. Subban voulait déjà mettre en place sa mission et son héritage « après hockey ». Discrètement, il s’est mis à visiter les enfants de l’hôpital montréalais anglophone, quelques mois avant l’annonce de son don. De toute évidence, les jeunes patients ont eu un effet puissant sur lui ; et par son geste, il aura une influence de long terme sur eux. Lors de son fameux discours à l’annonce de son don de 10 millions de dollars, P.K. Subban a précisé qu’une partie de sa motivation lui était inspirée par son idole Jean Béliveau, la légende des Canadiens qui, après sa retraite du hockey, a choisi de consacrer sa vie à aider les enfants, et dont il souhaite suivre les traces. C’est maintenant à son tour de prendre l’initiative et de « mener par l’exemple ». Dans un long reportage d’un média canadien-anglais, P.K. Subban a défini ainsi les éléments les plus importants de sa marque de commerce : « Ma personnalité, mon comportement sur la glace et en dehors de la patinoire ; ma manière de traiter les gens et ce que je peux faire pour les autres… Être un joueur de hockey noir est une infime partie de cette équation. »

Biographie
Né le 13 mai 1989, à Toronto.
2007 : repêché en 2e ronde par Montréal, 43e au total.
2009 : élu dans l’équipe des étoiles du Championnat du monde junior.
2009-2010 : nommé dans la première équipe des étoiles de la LAH.
2010-2011 : se joint aux Canadiens pour une saison complète ; sélectionné pour le match des étoiles de la LNH.
2013 : remporte le trophée Norris du meilleur défenseur de la LNH.
2014 : remporte la médaille d’or aux Jeux olympiques avec l’équipe du Canada.
Été 2014 : signe un contrat de 72 millions de dollars sur huit ans avec le Canadien de Montréal.

Partagez cet article




commentaires

Plain text

  • No HTML tags allowed.
  • Web page addresses and e-mail addresses turn into links automatically.
  • Lines and paragraphs break automatically.
Image CAPTCHA
Enter the characters shown in the image.