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La réalité en face

Je suis arrivé à Paris en train vers 21 h 15 le 13 novembre pour prendre l’avion pour Montréal le lendemain. À mon arrivée, j’étais ravi de retrouver l’éclat et l’effervescence de la Ville Lumière.

Je suis arrivé à Paris en train vers 21 h 15 le 13 novembre pour prendre l’avion pour Montréal le lendemain. À mon arrivée, j’étais ravi de retrouver l’éclat et l’effervescence de la Ville Lumière.

Après quelques minutes, j’ai commencé à entendre les murmures inquiets de certains passants qui parlaient d’une fusillade dans une brasserie, puis, un peu plus loin, d’un incident au stade de France où se trouvait François Hollande. Cette frénésie qui s’amorçait me donnait une impression de déjà-vu : je me trouvais à Istanbul au moment des attentats du 11 septembre 2001.

Puis, les messages du Québec ont commencé à arriver sur mon BlackBerry. Sur la Toile, les événements semblaient au premier abord être traités comme un fait divers. En allumant la télévision, les premières images et les premiers commentateurs ont -commencé à rendre compte de ce qui s’était produit et de la tragédie qui était en marche. Plus tard en soirée, j’ai écouté les interventions du président de la République. Je l’ai entendu annoncer spécifiquement que les frontières du pays seraient fermées. J’ai immédiatement appelé la réception pour réserver une chambre pour la nuit du 14. J’avais en mémoire la fermeture de l’espace aérien américain dans le sillage du 11 septembre. La décision des autorités américaines avait été bien réelle, et non purement symbolique.

Le lendemain, j’ai renoncé à me rendre à Montréal pour être auprès de ma famille restée en Europe. Le samedi matin, vers 6 h 30, dans le hall de l’hôtel, un équipage d’une ligne aérienne chantait autour d’un piano comme pour se solidariser en tant qu’êtres humains face à ces événements perpétrés par des personnes qui ne l’étaient plus.

Après le petit déjeuner, j’ai loué une voiture pour prendre la direction du Luxembourg. Sur ma route, je n’ai rien vu d’anormal sauf un panneau lumineux annonçant la fermeture de Disneyland Paris pour la journée. Aux postes de péage, j’ai aperçu l’ombre de quelques CRS, sans plus. J’ai quitté le territoire français comme on passe de Montréal à Laval.

En définitive, outre la tristesse et le choc éprouvés devant ces événements, j’ai désormais un doute, celui du gouffre qui existe entre les paroles et la réalité, entre les discours et les faits. Cela est inquiétant, d’autant plus que la peur fait passer à l’arrière-plan la raison, la quête d’équilibre et la compréhension nécessaires pour s’attaquer aux racines du mal. Ainsi, que penser de la question syrienne dans ce contexte ?

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