Québec
Culture

Petit Guide Subjectif du Camp de Vacances

Malgré la neige qui persiste, mars, avec sa semaine de relâche et ses premiers redoux, laisse enfin anticiper la belle saison. Alors que les plus jeunes profitent du temps chaud pour faire l’école buissonnière, très peu de parents ont la chance d’être en congé tout l’été. Heureusement, de nombreux camps de vacances proposent différents types de séjours qui accommodent toutes les situations.
Généralistes ou à vocation particulière, privés ou publics, plus ou moins onéreux, assortis de programmes d’aide financière ou non... On en compte des centaines aux quatre coins du Québec et de l’Ontario. Seulement du côté de l’Association des camps du Québec (ACQ), qui délivre une certification qualitative à ses membres, ils sont un peu plus de 120.
Forces vous propose ses suggestions de camps, tous affiliés à l’ACQ, en espérant vous aider à répondre à vos besoins tout en faisant le bonheur de vos enfants.

Les filles de Shakespeare

Au camp Ouareau, il n’y a toujours eu que des filles. Âgées de 6 à 16 ans, francophones ou anglophones, elles viennent d’un peu partout au Québec et en Ontario, pour apprendre à mieux s’exprimer dans une seconde langue durant un séjour de deux semaines à un mois. En plus des traditionnelles activités de camp, des ateliers de perfectionnement linguistique sont proposés. « Il s’agit de répondre à des besoins particuliers, explique la directrice. Les activités des premiers jours de camp sont toujours bilingues, ce qui nous permet d’évaluer rapidement le niveau des campeuses. » Les monitrices sont rapidement en mesure de déterminer lesquelles ont besoin d’un cours d’appoint. Et les résultats sont probants. Le secret réside dans un système de « langue du jour » : l’ensemble des activités, de la baignade aux repas, se déroule par alternance en français et en anglais, sur des périodes de deux jours.

Les inscriptions allant bon train depuis octobre, il n’y a pas de temps à perdre. Et puisqu’il s’agit d’un camp privé, il faut compter un peu plus de 2 000 dollars (taxes en sus ; hébergement, repas et équipement compris) pour un séjour de deux semaines. Divers programmes de bourses sont toutefois accessibles grâce aux fondations associées au camp.

Campeur-compositeur-interprète

Considéré par plusieurs comme la Mecque de la chanson québécoise, le Village en chanson de Petite-Vallée offre, depuis maintenant 15 ans, un camp de vacances estivales axé sur ce thème. Située à environ une heure de Gaspé, cette colonie accueille une trentaine de campeurs par semaine. Sur les sept séjours proposés, quatre sont réservés aux jeunes de 12 à 17 ans, alors que celui du 19 au 25 juillet est consacré aux enfants de 7 à 11 ans. Au programme : création de spectacle, interprétation, écriture de chansons et théâtre musical, le tout entrecoupé d’activités extérieures. « Il n’est pas nécessaire d’avoir des connaissances musicales, assure Marc-Antoine Dufresne, chargé de communications au Village. La seule condition est d’aimer la chanson ! » Ainsi, des jeunes de partout au Québec, principalement issus de la région métropolitaine, reviennent tous les ans au Camp chanson de Petite-Vallée pour s’initier aux arts de la scène. Les inscriptions allant déjà bon train, il est préférable de réserver sa place le plus rapidement possible. Le camp offre d’ailleurs un tarif spécial de 550 dollars (taxes en sus ; hébergement, repas et équipement -compris) jusqu’en avril. Le prix de base est de 600 dollars, mais il existe des programmes de bourses, notamment pour les Gaspésiens et pour les finalistes de Secondaire en spectacle.

L’aventure au grand galop

Conçu pour les amoureux des chevaux, le camp de vacances du Ranch Massawippi, sis en Estrie, est l’occasion rêvée d’apprivoiser ces bêtes majestueuses dans un contexte à la fois ludique et sûr. Spécialisée dans l’équitation sur selle anglaise et membre du programme Équi-qualité de la Fédération équestre du Québec, cette colonie de vacances propose depuis plus de 50 ans un choix de séjours à des campeurs de 7 à 16 ans. De l’initiation des tout-petits au suivi serré des cavaliers plus expérimentés, trois forfaits s’adressant à des niveaux différents permettent à chacun d’y trouver son compte. Une trentaine d’activités de plein air sont également organisées sur le site, de la baignade à l’escalade, en passant par l’hébertisme et le canot. « Certains jeunes n’ont jamais été en contact avec des chevaux, alors que d’autres montent toutes les semaines », explique la fille des propriétaires, Julie Mercier. Depuis l’acquisition des quelque 200 acres du terrain par ses parents en 1988, celle qui est aujourd’hui directrice des programmes a vu des centaines d’enfants passer par leurs écuries. Sur les 1 000 qui sont hébergés tout au long de l’été, à raison de 125 par séjour, des dizaines reviennent les années suivantes. « C’est l’expérience d’une vie, une histoire de tradition, s’enthousiasme-t-elle. Nous commençons à accueillir la troisième génération de campeurs, c’est-à-dire que nos jeunes des débuts nous envoient maintenant leurs enfants et même, dans certains cas, leurs petits-enfants. »

Dès le mois de décembre, les anciens campeurs se réinscrivent pour l’été suivant. Après, c’est « premier arrivé, premier servi ». Il faut compter près de 800 dollars pour une semaine sur place (taxes en sus ; hébergement, repas et équipement compris).

Un été tout cirque

Lorsque Sylvie Duceppe a décidé de mettre de côté sa profession d’enseignante pour fonder le camp Géronimo, elle ne connaissait pratiquement rien de l’univers circassien. Avec un collègue formé en éducation physique, elle s’est pourtant lancée tête première dans l’aventure en plein cœur des Laurentides, à une dizaine de kilomètres de Lachute. C’était il y a 19 ans. Aujourd’hui, ce sont environ 120 jeunes qui viennent s’initier chaque semaine aux différentes disciplines du cirque sous le grand chapiteau de Géronimo. Jonglerie, magie, trapèze, équilibrisme… c’est à la discrétion des campeurs. « Les enfants choisissent deux spécialités pour leur séjour [qui dure 5 ou 12 jours], précise la directrice et propriétaire des lieux. Ils s’exercent ensuite tout au long de la semaine avec des animateurs qualifiés, à raison de quatre heures par jour », période entrecoupée d’activités récréatives et de plein air.

Le fruit de leurs efforts est présenté aux parents à la fin du séjour. Bien que la majorité des artistes en herbe vivent à Montréal, la réputation de Géronimo dépasse les frontières : ainsi, des jeunes de l’Ontario, de l’Ouest canadien et même des États-Unis viennent se frotter aux poutres, aux échasses ou au chapeau de magicien.

Les camps de ce genre étant plutôt rares, les places s’envolent très vite. Il est possible de s’y inscrire dès le début de janvier. Il faut compter 525 dollars (taxes en sus ; hébergement, repas et équipement compris) pour le plus court séjour et 1 025 dollars pour celui de plus longue durée.

Voyage dans le temps

Depuis 32 ans, chaque semaine, à quelques kilomètres de Drummondville, une cinquantaine de jeunes remontent le temps au Village québécois d’antan. Vêtus d’habits d’époque, ils vivent au rythme de ce petit faubourg figé au 19e siècle. « Ici, les campeurs touchent à toutes sortes de choses, lance Guylaine Huot, coordonnatrice au service à la clientèle et à la colonie de vacances. Fabrication de chandelles, tricot, menuiserie, mécanique… » Ainsi, tout au long de leur séjour, ils se familiarisent avec différentes pratiques ancestrales, de la confection des repas aux différents métiers du Québec d’autrefois. Unique en son genre, le camp des Jeunes de jadis permet aux passionnés d’histoire de s’immerger complètement dans le passé. Attention : au Village, pas question de consulter son téléphone intelligent ou de lire sur sa tablette ! Les technologies sont entièrement prohibées, même durant les périodes « en civil », comme après le souper. Un bon moyen de se déconnecter complètement, voire de se « désintoxiquer ».

Le tarif pour une semaine est de 470 dollars (taxes en sus ; hébergement et repas compris). Petite nouveauté cette année : le Village offre maintenant un service de camp de jour pour les familles de la région, au coût de 185 dollars par semaine (taxes en sus ; repas du midi inclus), avec la même programmation. Bien que les inscriptions aient débuté dès la première semaine de février, des places sont généralement encore disponibles quelques jours avant le début de la saison.

Camps au quotidien

Les longs séjours ne conviennent pas à tout le monde. Parfois, l’option des camps de jour est préférable. Et que votre enfant soit un mordu de tennis, de guitare ou de ballet jazz, il existe un camp pour lui. Pour les artistes en herbe, le Musée d’art contemporain de Montréal, campé en plein cœur de la place des Festivals, propose depuis 1996 un camp de jour axé sur les arts plastiques, qui accueille chaque semaine une soixantaine de jeunes de 6 à 15 ans. Au menu : peinture, sculpture, arts numériques, vidéo, alouette ! Les quartiers du camp se trouvant dans l’enceinte du musée, la programmation s’inspire des expositions de l’été. « Ce ne sont pas tous les jeunes qui sont très à l’aise avec un pinceau, précise en riant le coordonnateur du camp, Maxime Lefrançois. Nos activités sont axées sur l’expérimentation, l’exploration d’un nouvel outil. » Les séjours d’une semaine coûtent 225 dollars (taxes en sus ; matériel inclus, lunch obligatoire) et se terminent toujours par un vernissage présenté aux parents.

Retour aux sources

En plein cœur du parc provincial Algonquin, en Ontario, à près de 300 km d’Ottawa, les Taylor Statten Camps offrent aux jeunes de 6 à 16 ans, depuis 1921, une colonie de vacances axée sur le plein air. Il s’agissait alors du premier camp privé de la région. Aujourd’hui, les camps Ahmek (pour les garçons) et Wapomeo (pour les filles), séparés par à peine deux kilomètres, sont forts de cet héritage de quatre générations. Construits autour d’une programmation traditionnelle – kayak, tennis, hébertisme, voile, etc. –, les séjours aux camps permettent aux enfants de « développer leur indépendance et leur capacité à s’entraider », en plus de les rapprocher de la nature. Dans cette optique, les campeurs sont invités à laisser leurs appareils électroniques à la maison, question de se reconnecter à leur environnement immédiat. Chaque séjour est ponctué d’un voyage en canot qui s’échelonne sur de plus ou moins longues périodes (jusqu’à 50 jours sur l’eau pour les jeunes de 16 ans). Pour plusieurs, il s’agit d’un « rite de passage ».

Les séjours vont de douze jours à deux mois et coûtent 2 495 dollars (taxes en sus ; hébergement, repas et équipement compris) pour deux semaines. Pour les tout-petits, de courts séjours de quatre jours sont offerts aux parents qui désirent initier tranquillement leur enfant ; le prix est de 725 dollars (taxes en sus ; hébergement, repas et équipement compris) par jeune.

De l’autre côté de la rivière Des Outaouais

Pour les parents qui désirent faire vivre à leur enfant une immersion complète dans la langue de Shakespeare, il existe des centaines de camps de vacances en Ontario. Voici quelques-uns de nos coups de cœur :

Le camp de la National School Language, situé à une dizaine de kilomètres du centre-ville d’Ottawa, offre, entre autres, des séjours en « famille d’accueil » pour les jeunes de 12 ans et plus.

Le camp Ten Oaks héberge et encadre chaque été des enfants de la communauté lgbt en plein cœur de la capitale canadienne.

Le camp Island Adventure propose aux matelots en devenir des expéditions sur l’eau de 4 à 21 jours (selon l’âge) en départ d’Ottawa. Tous à bord ! 

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