Économie

L’industrie du mariage : pour le meilleur et pour le mieux

Le mariage est une étape majeure, empreinte d’émotion, de plaisirs et de bonheurs, mais aussi, parfois, de stress et d’imprévus. Jadis obligatoire, pour le meilleur et pour le pire, ce rituel était souvent destiné à sanctionner religieusement et légalement les liens unissant un homme et une femme. Aujourd’hui, cette célébration, qui reflète la diversité des modes, des religions, des orientations sexuelles et des budgets, se déroule avec audace ou simplicité, dans l’intimité ou la folie des grandeurs. Après tout, on n’est censé vivre cet événement qu’une seule fois !

Le mariage est une étape majeure, empreinte d’émotion, de plaisirs et de bonheurs, mais aussi, parfois, de stress et d’imprévus. Jadis obligatoire, pour le meilleur et pour le pire, ce rituel était souvent destiné à sanctionner religieusement et légalement les liens unissant un homme et une femme. Aujourd’hui, cette célébration, qui reflète la diversité des modes, des religions, des orientations sexuelles et des budgets, se déroule avec audace ou simplicité, dans l’intimité ou la folie des grandeurs. Après tout, on n’est censé vivre cet événement qu’une seule fois !

Tandis que vous êtes dans les préparatifs du temps des Fêtes, les mains dans la pâte à tourtières, plusieurs couples ont déjà le cœur et l’esprit tournés vers le printemps ou l’été 2012. Leur objectif  ? Célébrer la plus grande fête de leur vie, entourés de ceux qu’ils aiment. Pour y parvenir à temps et dans la joie, les plus avisés vont non seulement recourir aux conseils de belle-maman, mais surtout s’entourer d’une petite armée de spécialistes ès mariage. Forces vous présente deux expertes, Lisa Delisle et Suzanne Laplante. Observations, conseils, photos.

Lisa Delisle travaille depuis cinq ans chez Avocado, producteur d’événements qui offre également un service traiteur. Avocado appose chaque année sa signature à des dizaines de mariages. Pour la wedding planner, un mariage, c’est d’abord l’occasion « d’offrir un événement à l’image des futurs époux, tant à leurs proches qu’à eux- mêmes. Notre objectif, c’est de matérialiser leur rêve. »

Les couples se marient moins jeunes qu’auparavant, et souvent, les enfants sont de la partie – à la différence de certaines unions d’antan qui visaient justement à dissimuler la venue imminente d’un poupon conçu dans le péché. « Un des plus beaux exemples qui me vient à l’esprit est le mariage de Suzanne et Pierre, unis dans l’enceinte de la chapelle de la basilique Notre-Dame. Nous avons organisé la soirée dans la verrière du Musée des beaux-arts, raconte Lisa Delisle. Ils s’étaient rencontrés à une table d’opération, étant chacun médecin, mais se sont épousés plusieurs années plus tard, à la demande de leur fille. Par cet exemple et plusieurs autres, on observe que de nombreux mariages visent davantage à consolider l’union de la famille que celle du couple. »

Avec son équipe présidée par François Dussault, Lisa Delisle doit prendre en considération tous les facteurs créatifs, logistiques et émotifs, puis les intégrer dans une chorégraphie rodée au quart de tour. Des dizaines de personnes participent au volet technique, à la cuisine et au service, pour créer une ambiance spécifique à chaque événement.

DU RÊVE À LA RÉALITÉ

La bougie d’allumage s’active idéalement dès la première rencontre avec le couple : « Ce n’est pas notre mariage, mais celui de notre client, qui devient un partenaire. Donc, nous évitons toute forme de copier-coller. Parce que chaque couple est unique, d’où l’importance de prendre le temps de le rencontrer, d’apprendre à le connaître et de découvrir son histoire. C’est ce qui nous permet de faire des recommandations éclairées, en fonction du style recherché. La soirée de dégustation que nous offrons afin de planifier la composition du menu est un moment propice pour créer cette relation. Nous passons deux heures à table à discuter, à scénariser, à planifier, mais aussi à faire connaissance et à échanger. »

Si les idées ne manquent pas, le caractère intime souhaité par certains couples se transforme parfois en utopie. « N’ayant pas toujours le portrait d’ensemble, ils peuvent proposer des idées sans nécessairement avoir conscience de l’ampleur d’un projet. Certains souhaitent un caractère sobre, qui ne fait pas très “mariage”, mais plus le temps avance, plus ils prennent conscience des attentes de leurs invités. D’autres ont des idées plus précises ; notre responsabilité est alors de les aider à comprendre les exigences que ces idées entraînent ainsi que les investissements nécessaires pour y arriver. »

PARLONS BIDOUS

Le coût d’un mariage, comme en général celui d’un événement, se calcule par « tête » d’invité. Si ça évoque un cheptel, la méthode est éprouvée. « Selon les budgets et le nombre d’invités, un mariage coûte entre 100 et 1000 dollars par tête. Cela varie donc énormément ; mais la moyenne se situe autour de 250 dollars. Un de nos défis est de faire preuve de créativité, même lorsque nous gérons une enveloppe plus restreinte. Nous calculons aussi le budget global en fonction du nombre d’invités : plus ils sont nombreux, plus ils amortissent les frais de base. » Évidemment, ajoute Lisa Delisle, il est important de souligner que ce budget exclut les alliances, la robe et le costume, le voyage de noces et la location de la salle. 

C’EST OÙ ?

Parce que le bon endroit, c’est le nerf de la guerre. Comment être original ? Comment surprendre ? À l’extérieur ou à l’intérieur ? N’oublions pas que les épousailles exigent deux volets d’une même fenêtre : la cérémonie et la soirée.

À vous, madame Delisle : « Trouver le bon endroit est l’une de mes étapes préférées. Le défi est important, car il s’agit de l’écrin qui accueillera les invités et mettra en valeur les composantes de la soirée. Nous privilégions généralement une cérémonie à proximité de l’espace de réception. L’un des endroits que je préfère à Montréal se trouve au parc Jean-Drapeau. Il s’agit d’un site extérieur, très discret, une petite clairière bordée d’un cours d’eau, où s’élève un immense saule, un lieu magique. Dans ce cas, la soirée peut ensuite se dérouler tout près, dans l’ancien pavillon de la Jamaïque ou dans celui du Canada. »

MARIAGE POMPIER

Évidemment, à chaque mariage ses anecdotes et sa part d’imprévus. Ainsi, Mylène et Éric avaient planifié leur mariage le jour de l’anniversaire de leur fils. Les bougies de son gâteau ont déclenché le système d’alarme du pavillon de la Jamaïque. « Il a fallu attendre l’arrivée des pompiers, qui ont dû inspecter les lieux avant de désactiver le système. Du coup, la mariée s’est fait prendre en photo avec les pompiers, et les enfants ont été très heureux ! » On retient donc le truc gagnant des pompiers.

Toujours au rayon anecdotes : « Je pourrais aussi vous parler de cette mariée à qui nous avions donné tout notre cœur pour atteindre la perfection et qui, au moment de s’avancer sur le tapis, a vu sa traîne de 12 pieds s’y accrocher exactement comme sur du velcro. Je me suis discrètement approchée, puis j’ai soulevé sa traîne pour l’accompagner. » Selon Lisa Delisle, les imprévus sont inévitables ; l’important, pour les époux, c’est de faire preuve de disponibilité et d’ouverture. « Les mariés les plus heureux de l’événement sont ceux qui ne se mettent pas de pression. Et si je peux donner un conseil, particulièrement aux femmes : ne vous mettez pas en mode travail et appréciez le moment ! En fait, plus les couples sont ouverts et disponibles, mieux se passera leur journée. »

Quant au choix d’un espace extérieur, madame Delisle souligne qu’environ 85 %  du temps, tout s’est déroulé sans recours aux chapiteaux loués en cas d’intempéries. Pour la salle, elle conseille aux mariés d’être au fait des équipements techniques. « S’ils n’ont pas prévu de budgets de location, par exemple pour l’éclairage, la sonorisation ou des écrans de projection, ils vont s’apercevoir que la somme des coûts de la location, du montage-démontage et des frais de transport peut aisément se chiffrer autour de 10 000 dollars. Une salle en apparence plus chère, mais mieux équipée, peut donc s’avérer un choix plus avisé. C’est malheureux de donner un dépôt à un locateur de salles, pour finalement se rendre compte trop tard de l’existence des frais techniques. »

SIX MARIAGES ET UN ACCOUCHEMENT

L’énumération de ce qui constitue un mariage gagnant est parfois plus longue que la liste des invités : faire-part, photographe, vidéaste, fleuriste, musiciens, DJ, pâtissier pour le gâteau, service de voiturier, éclairage, sonorisation, techniciens et service traiteur sont au nombre des quasi-incontournables. D’où l’opportunité de recourir à un établissement spécialisé, qui sait reconnaître la fiabilité des fournisseurs.

Interrogée au sujet son mariage le plus mémorable, la planificatrice montre son côté diplomate : « C’est comme demander à une mère de choisir son enfant préféré. D’ailleurs, organiser un mariage, ça prend en moyenne neuf mois, on travaille 18 heures durant l’événement, puis on fait un post-partum dès le lendemain ! Une tristesse s’installe, on tombe un peu en dépression : le voyage se termine. La première année, j’ai eu le sentiment de me marier six ou sept fois en un seul été ! Avec le temps, on apprend à gérer cette réalité en s’ancrant dans l’aspect travail. Garder une certaine distance aide aussi à préserver davantage d’énergie. Mais je continue de garder chacune de ces personnes dans mon cœur.  »

INVITÉ À SON MARIAGE ?

Lisa Delisle a contribué à l’organisation de dizaines de mariages. Comment composerait-elle le sien ? « Je pense à la nature, à l’eau, aux montagnes. Je remarque que lorsque c’est trop grandiose, certains mariés demeurent en mode travail. Un budget illimité ne fait pas nécessairement le plus beau mariage, car il n’y a pas de prix pour l’amour. Vous aurez beau mettre des diamants dans votre bouquet, cela ne renforcera pas les sentiments. Dans mon cas, je prendrais le temps de réfléchir à ce qui représente le mieux mon couple, afin d’offrir à ma famille et à mes proches une cérémonie émouvante, amenant les participants à ressentir un amour pur. »

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LES CONSEILS DE SUZANNE LAPLANTE

Spécialiste en organisation d’événements spéciaux, Suzanne Laplante a fondé son entreprise de coordination de mariages en 1994. « J’ai toujours eu une fascination pour tout ce qui est beau et solennel. Enfant, j’étais déjà attirée par les mariages. Quand il y en avait un dans ma paroisse, je m’y faufilais pour vivre la magie du moment. La musique, les fleurs, les vœux, les tenues d’apparat du cortège nuptial m’enivraient ! » Depuis, Suzanne Laplante signe des mariages au pays et ailleurs dans le monde.

Mariée depuis plus de 42 ans « avec celui qui m’a donné toutes les raisons de croire à l’adage “ils vécurent longtemps, et très heureux” », elle a publié en 1999 un premier livre sur le sujet, puis, en 2011, aux Éditions Darnley, Mariage, du rêve à la réalité, qui balise dans les moindres détails le parcours d’un couple, des fiançailles jusqu’au voyage de noces. Listes d’invités, budgets, tenue vestimentaire, cadeaux, célébration, art de recevoir, imprimés, discours, toasts, tables d’honneur, témoins, tout y passe. En vente dans les Chapters Indigo et certaines librairies Raffin, cette publication de 400 pages sert également de livre d’étude à ceux qui suivent des formations spécialisées dans ce domaine.

Nous avons demandé à cette experte de nous dresser une liste de recommandations et d’écueils à éviter.

Les bons conseils
Réfléchissez au type de mariage que vous désirez, puis établissez vos priorités. Dressez un budget réaliste en fonction de vos moyens.
Précisez votre rêve : est-ce que vous vous imaginez dans une ambiance intime à votre restaurant préféré ou dansant sous un chandelier de cristal ? Préférez-vous être pieds nus au bord de la mer, ou dans un château, ou encore au Vieux-Port un soir de feux d’artifice ?
Dressez un échéancier, puis mettez-vous à l’œuvre dès que possible.
Entourez-vous de spécialistes chevronnés et passionnés en vous rappelant que les meilleurs fournisseurs sont embauchés longtemps à l’avance. Les mariages exigent rigueur et travail. Si vous ne pouvez vous offrir les services d’une coordonnatrice, recherchez des personnes fiables et efficaces pour vous appuyer.
Soyez solidaires et respectueux l’un envers l’autre. La planification d’un mariage engendre souvent des discordes familiales. N’essayez pas de plaire à tout le monde, c’est impossible !
À éviter
Ne vous endettez pas. N’oubliez pas que plus le mariage est grandiose, plus il est coûteux. Il est préférable d’inviter moins de convives et de réaliser un plus beau mariage que de faire des compromis sur la qualité de la réception. 
Ne laissez rien au hasard. N’attendez pas à la dernière minute, car plus vous êtes préparé, mieux vous pourrez profiter de votre journée.
Prévoyez les intempéries. Veillez à réserver un site où vous aurez l’espace nécessaire pour un plan B en cas de mauvais temps. Si vous prévoyez une cérémonie à l’extérieur, assurez-vous d’avoir l’espace nécessaire pour rapidement relocaliser l’événement à l’intérieur en cas de pluie.

Pour terminer, une anecdote, madame Laplante ? « Je me suis mariée pendant le temps des Fêtes, à une semaine d’avis. Pas le temps de niaiser ! Les décisions devaient être prises rapidement, et sans hésitation. Ma mère et moi avons tout organisé, à la vitesse de l’éclair. Ce fut le meilleur des apprentissages ! »

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