Société

La vie en trottinette

Elle n’est plus réservée aux tout-petits ! Jouet dans les années 1930, puis moyen de transport au milieu du siècle dernier, la trottinette a connu son heure de gloire au tournant des années 2000 avec l’apparition de modèles légers, abordables et portatifs. Après une éclipse, elle refait surface au Québec sous de multiples formes, mais se bute à la réglementation en vigueur.

Trottinette électrique

Proche de sa cousine traditionnelle, la trottinette électrique gagne en popularité depuis quelques années, à mesure que la technologie progresse. « Tout le monde veut sauver la planète et éviter de consommer du pétrole ; c’est donc une excellente solution », affirme Richard Boisvert, directeur général de Superscooter.ca, l’un des plus importants détaillants de trottinettes électriques au Canada.

Cette entreprise installée à Montréal et à Québec offre depuis 2014 un modèle de trottinette qui n’a rien à voir avec celle que l’on propulse avec le pied. Moteur roue, frein à disque, siège rembourré, ordinateur de bord… le tout pour quelques centaines de dollars ! L’engin a une autonomie d’une trentaine de kilomètres par recharge et peut atteindre une vitesse de 32 km/heure.

« L’engin est silencieux et peut monter n’importe quelle côte. Pas besoin de plaque, de permis de conduire ou d’assurances, ajoute Richard Boisvert. La demande est là ; si les ventes baissent, c’est à cause de la réglementation. » C’est que de manière générale, il est interdit d’utiliser une trottinette à moteur sur la chaussée et sur la plupart des pistes cyclables du Québec.

Pour contourner le problème, l’entreprise offre une trottinette électrique que des pédales apparentent à un vélo électrique… mais les policiers ne le voient pas toujours du même œil et imposent régulièrement des amendes allant de 100 à 200 dollars. Pour se conformer aux règles, les utilisateurs doivent donc demeurer sur des terrains privés. Voilà pourquoi la trottinette électrique fait surtout des heureux sur des terrains de camping du Québec.

Segway

Lors de son dévoilement en grande pompe, en 2001, le Segway prétendait révolutionner notre manière de nous déplacer. Près de 15 ans plus tard, force est de constater que les attentes étaient trop élevées, mais l’engin demeure présent dans le paysage québécois.

Le Segway, c’est ce véhicule électrique à deux roues que l’on fait avancer ou reculer en déplaçant son poids vers l’avant ou vers l’arrière. Il s’agit de l’une des nombreuses inventions de l’américain Dean Kamen, qui, pour la petite histoire, n’est pas mort en Segway, comme le veut la légende urbaine. C’est plutôt Jimi Heselden, propriétaire de la marque Segway à partir de 2009, qui a chuté d’une falaise en 2010 en conduisant le fameux engin.

« La demande était là, mais on a arrêté d’en vendre, parce que c’était illégal presque partout », se désole Richard Boisvert, de Superscooter.ca. En effet, le Segway n’est pas lui non plus le bienvenu dans la rue ou sur les pistes cyclables du Québec. Il est cependant permis à certains endroits, comme dans le Vieux-Port de Montréal, où on peut en louer pour effectuer une visite d’un point de vue différent.

Richard Boisvert insiste : il s’agit selon lui d’un mode de transport « très sécuritaire » qui permettrait de répondre aux objectifs gouvernementaux en matière d’électrification des transports. Comme plusieurs autres gouvernements dans le monde, celui du Québec n’a cependant pas adhéré à ces arguments.

Hoverboard

Pour les inconditionnels de la trilogie Retour vers le futur, le 21 octobre 2015 fut une date bien spéciale. Cette journée marqua le trentième anniversaire de la sortie du premier film de la série, mais également le moment précis où les deux célèbres personnages, Marty McFly et Doc Brown, débarquent dans le futur.

Il n’en fallait pas plus pour que le moyen de transport futuriste qui a fait rêver tant de cinéphiles gagne en popularité autour du globe. L’hoverboard de Marty McFly, une planche qui défie les lois de la gravité, est aujourd’hui commercialisée dans le monde réel, munie de roues. Généralement pourvue de haut-parleurs, cette planche à roulette électrique fonctionne de la même manière que le Segway, grâce au transfert de poids de l’utilisateur.

Si les trottinettes électriques et les Segway s’adressent à une clientèle variée, l’hoverboard est surtout l’affaire des plus jeunes. Cela dit, les restrictions sont les mêmes : en principe, le code de la sécurité routière ne permet pas de l’utiliser sur les chemins publics, même si certaines municipalités se montrent plus permissives. Là encore, les adeptes doivent essentiellement se limiter aux terrains privés.

« C’est un produit qui est un peu plus dangereux, note Richard Boisvert, de Superscooter.ca. L’entreprise soutient que les hoverboard qu’elle vend sont beaucoup plus sécuritaires que ceux qu’on retrouve dans les marchés aux puces. Il faut dire que le hoverboard a fait les manchettes au cours des derniers mois lorsque les batteries de certaines planches ont pris feu.

Trottinette des neiges

Il vous faudra attendre le retour de l’hiver pour l’essayer ! La trottinette des neiges, autre dérivé de la trottinette traditionnelle, utilise une énergie propre : la force de vos jambes.

Ce produit, issu de la tradition scandinave, est offert depuis quelques années dans plusieurs parcs du Québec, notamment dans le réseau de la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ), qui permet la location de trottinettes des neiges depuis environ huit ans au parc des Îles-de-Boucherville, au parc d’Oka et à celui du Bic. « C’était un nouveau produit qui était importé au Québec et on voulait l’essayer », explique le responsable du service à la clientèle du parc des Îles-de-Boucherville, Rémi Chapados. Différents modèles permettent de circuler sur la neige seul, en duo ou avec un enfant. « Ça s’adresse à une clientèle très variée, précise Rémi Chapados. Je vois des papas avec leur enfant, des ados, des couples aussi. »

Les trottinettes des neiges circulent généralement sur la neige compactée et peuvent donc emprunter les pistes de ski de fond. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’activité n’est pas de tout repos. « C’est un sport assez cardio, qui ressemble justement au ski de fond, souligne le représentant du parc des Îles-de-Boucherville. C’est rare que les gens en fassent plus qu’une heure ou deux ! »

La trottinette des neiges fait désormais partie de l’offre de services, à Boucherville comme ailleurs ; toutefois, sa popularité n’égale pas celle du « fat bike », ce vélo des neiges équipé de pneus tout terrain.

Quoi qu’il en soit, la manière de se déplacer sur deux roues, été comme hiver, ne cesse d’évoluer !

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