Québec
Économie

Le Québec à L’heure des Choix

Après avoir traversé la crise avec une relative efficacité, l’économie du Québec ne parvient tou-jours pas à retrouver son rythme. La situation n’est certes pas isolée, cette stagnation étant géné-ralisée à l’échelle planétaire. Sept ans après la crise de 2008 et la grande récession qui s’en est sui-vie, l’économie mondiale cherche toujours ses appuis pour relancer sa croissance. À cette problé-matique conjoncturelle s’ajoutent des défis plus structurels. Le vieillissement de sa population et une productivité déficiente placent le Québec devant l’heure des choix.

Le Québec ne parvient pas à se démarquer sur cette toile de fond d’une expansion économique encore hésitante. La faiblesse prolongée de son économie force les conjoncturistes à revoir sans cesse à la baisse leurs prévisions tant les effets de la crise de 2008 sont persistants. Cet environnement morose fait ressortir les défis structurels auxquels le Québec est confronté. Déficit de productivité et choc démographique dictent les choix à faire.

Parmi ces conjoncturistes, les économistes du Mouvement Desjardins se sont longtemps distingués par leur scéna-rio plus pessimiste que la moyenne. Aujourd’hui, nombre de projections revues et corrigées tendent à rejoindre les cibles peu reluisantes retenues par l’institution coopérative. Ainsi, la progression du PIB québécois pourrait être aussi basse que 1,1 % cette année, pour « rebondir » à 1,5 % l’an prochain. Selon l’essentiel des scénarios, il y aura accélé-ration l’an prochain, mais sans que la barre des 2 % soit franchie.

« C’est comme si la norme avait changé. Le fameux potentiel de 3 % est devenu 2 % », constate François Dupuis, vice-président et économiste en chef au Mouvement Desjardins. « Peut-être 1 ou 1,5 % », avance plus sombrement Jean-Pierre Aubry, Fellow associé au Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO).

L’économie québécoise subit présentement le ralentissement dans plusieurs secteurs clés, notamment la fabrica-tion, les services publics et la construction non résidentielle. Sans compter le poids des politiques de « rigueur » budgé-taire du gouvernement. Chez Desjardins, on retient que l’accélération reposera en partie sur une contribution accrue des ménages, sur la fin de la période de recul des investissements des entreprises et sur un rebond des exportations. Avec le ralentissement en Asie, « la vitalité du commerce extérieur du Québec continuera donc de reposer en grande partie sur la demande américaine », ajoute François Dupuis. « La faiblesse du dollar canadien s’avère favorable, bien que plusieurs autres devises sur la scène internationale se soient dépréciées par rapport au dollar américain », nuance-t-il cependant.

Cela vaut toutefois pour le court terme. « Il est vrai que les conséquences de la crise nous suivent », précise Fran-çois Dupuis. Car à cette conjoncture se greffent des pays émergents qui redéfinissent leur modèle et des efforts en innovation qui ne sont pas nécessairement porteurs de productivité. À l’échelle mondiale, le déclin de la productivité est devenu un phénomène aussi structurel que le chômage de longue durée. Avec toutes ces économies vieillis-santes, avec ces inégalités grandissantes, avec aussi toutes ces externalités qu’il faudra bien se résoudre à soustraire du calcul du PIB, la croissance est menacée d’épuisement à défaut d’une autre révolution technologique. Il nous faudrait une autre révolution industrielle, « une innovation majeure », lance François Dupuis. Le Québec y est con-traint. Son économie étant ouverte, il n’a pas suffisamment investi pour maximiser les avantages du marché exté-rieur, ajoute l’économiste en chef. Le vieux réflexe de s’en remettre au recul du dollar canadien face à sa contrepar-tie américaine pour compenser ses faiblesses a la vie dure. « Le Québec a un retard de productivité à combler. C’est structurel. Et ça peut expliquer une perte de compétitivité et l’absence de gains de parts de marché à l’extérieur. »

François Dupuis évoque la renaissance du secteur manufacturier aux États-Unis. « Certes, le Québec a traversé la crise avec moins de difficultés que d’autres, mais il n’a pas pris les moyens de se mettre à jour. C’est comme s’il avait pelleté ses problèmes vers l’avant. En sortie de crise, nous n’avons pas choisi les actions adéquates. » L’économiste fait référence à toute cette énergie canalisée vers le rééquilibrage des écritures comptables, plaçant le Québec sous l’agenda du retour rapide à l’équilibre budgétaire dans un contexte où une croissance réelle chétive combinée à une faible inflation viennent plomber les finances publiques. Ces forces contraires s’activent d’autant plus que le Québec subit un glissement démographique plus sévère qui influe sur les dépenses liées à la santé et les besoins en main-d’œuvre.

Entrepreneuriat et formation de la main-d’œuvre

Bref, « la reprise et la création de la richesse passent par nos entreprises. Nous devons stimuler l’entrepreneuriat, amener les entreprises à l’international, répondre au besoin de main-d’œuvre qui en découle et combler le déficit en matière de formation, sachant que rareté de main-d’œuvre spécialisée est plus criante en régions. » Revenant à l’expérience américaine, François Dupuis estime que le secteur manufacturier mériterait d’être relancé et nos usines mieux rééquipées pour les rendre concurrentielles. « Nous devons faire partie des grandes chaînes de valeur mon-diales », résume-t-il.

Dans l’attente d’un renversement des cours des matières premières, d’autres grands secteurs porteurs pour l’avenir sont mis de l’avant. Ils comprennent notamment la transformation à contenu technologique élevé, l’environnement (prévention, protection, conversion, chimie et énergie verte, entre autres), l’énergie, la sécurité (alimentaire, protec-tion, électronique, textiles techniques, entre autres), la santé (humaine et animale), la gestion et le traitement de l’information, et la proximité, généralement associée au transport et à la consommation d’énergie.

La présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Françoise Bertrand, ajoutera que la présence d’un bon bassin de capital de risque au Québec est salutaire, mais qu’il faut soutenir l’essor de ce capital de croissance dans la chaîne de financement apportant aux entreprises des « capitaux patients ». Elle joint sa voix à cet appui massif du milieu des affaires aux fonds de travailleurs, à ces fonds fiscalisés dont la mis-sion consiste à investir dans la sauvegarde et la création des emplois.

Jean-Pierre Aubry, du CIRANO, parle également de « considérations structurelles » importantes associées à un dé-clin de la croissance du PIB potentiel du Québec. « Il ne faut pas s’attendre à une forte demande intérieure avec le vieillissement de la population et un environnement toujours plus concurrentiel à l’international », prévient-il. Il fait ressortir le peu d’investissements, surtout dans le secteur privé, malgré un gouvernement relativement intervention-niste. Il pointe également en direction de l’assèchement du bassin de travailleurs, le segment des 20-64 ans étant sur le point d’atteindre un plateau. Selon les données de Statistique Canada, les gens âgés de 65 ans et plus comptaient pour 16,1 % de la population canadienne au 1er juillet dernier, dépassant pour la première fois la cohorte des 0-14 ans, qui affichait à la même date un poids de 16 %. Le taux de progression dans la catégorie des 65 ans et plus at-teignait 3,5 %, soit quatre fois plus que le taux national, de 0,9 %.

« La solution passe par un gouvernement moins inter-vention-niste, qui travaille plutôt sur l’amélioration des con-ditions. Une réglementation moins lourde et une fiscalité simplifiée et plus efficace font partie de la solution », plaide l’économiste.

À ses yeux, il est correct que le gouvernement manœuvre pour revenir en situation de léger surplus budgétaire, mais il doit s’assurer qu’il ne se heurtera pas à un mur. « Ne serait-ce qu’en raison du vieillissement… », Jean-Pierre Aubry est catégorique : les choix du Québec sont imposés par le vieillissement de sa population. « Le Québec en est déjà là. Et le remplacement de cette main-d’œuvre devient urgent. »

De façon générale, l’investissement accru dans l’éducation, contre le décrochage et dans le soutien auprès des jeunes devient prioritaire. « Sortir de l’école à 15 ans, ça devient coûteux jusqu’à 85 ans », illustre le Fellow associé chez CIRANO. De façon plus précise, une immigration compétente, la reconnaissance des professions, l’adéquation entre la formation et les besoins en entreprises et une mobilité amenant les gens là où il y a du travail composent sa liste de recommandations. « En matière de croissance de l’emploi, on fait bien dans le secteur public, mais ça de-meure inquiétant dans le secteur privé. Il faut davantage d’entrepreneurs et de création d’entreprises. »

Un État facilitateur

Dans ce Québec à l’heure des choix, Françoise Bertrand campe également le gouvernement dans un rôle de parte-naire. « Ce dont nous avons besoin, c’est d’un État facilitateur. Un gouvernement qui n’est pas là seulement pour apporter de l’argent, mais davantage pour déverrouiller les blocages. Un État qui va stimuler le développement de l’entrepreneuriat. Ce n’est pas à lui qu’incombe la responsabilité de déterminer les gagnants et les perdants ni de se mettre à la place de quiconque. Mais il lui revient de mobiliser, d’exercer un leadership. Cela vaut pour les gouver-nements municipaux ; cela vaut aussi pour Québec. »

La présidente-directrice générale de la FCCQ refuse de baisser les bras face au constat de morosité économique qui enveloppe le Québec. « Il y a de l’inquiétude, certes, mais les entreprises savent s’adapter à une croissance plus faible. Le changement compose leur quotidien. Et si, auparavant, le plan stratégique quinquennal faisait partie du modèle d’affaires, bien malin celui qui, aujourd’hui, peut respecter un plan de trois ans. » Elle rappelle que depuis son arrivée à la Fédération, il y a 12 ans, le dollar canadien est passé de 63 cents américains à 1,05 dollar pour re-venir à 75 cents. De plus, le Montréal économique s’enlisait tandis que les régions ressources rayonnaient. Aujourd’hui, l’inverse se produit. « Les cycles économiques sont une réalité, au même titre qu’il est exigeant d’être en affaires aujourd’hui ou que nos entreprises exportatrices doivent conjuguer avec le protectionnisme, bien pré-sent. Cela n’empêche pas nos entreprises d’être préoccupées et d’être confrontées à de grands défis. D’où l’importance de compter sur la présence d’un gouvernement partenaire qui comprend ces défis et qui s’attaque aux barrières, pour ne pas dire aux obstacles. » La présidente évoque une lenteur gouvernementale à constater l’urgence. « L’acceptabilité est nécessaire, mais ne doit pas impliquer plus d’exigences, plus de tracasseries, plus de bureaucra-tie. Les entreprises vont investir là où les conditions sont invitantes, là où elles se sentent bienvenues. Il est vrai qu’une mine, ça ne se déménage pas. Mais l’investisseur peut choisir d’exploiter une mine ailleurs ! » lance-t-elle. Et Françoise Bertrand de souligner à grands traits : « Le développement durable, ce n’est pas seulement social et envi-ronnemental, c’est aussi économique. »

Cette sortie contre la lourdeur de l’appareil administratif et de réglementation n’empêche pas Françoise Bertrand de reconnaître les efforts du gouvernement pour emprunter la voie de l’allégement. Elle cite les travaux de la Com-mission de révision permanente des programmes, présidée par Lucienne Robillard, et ceux de la -Commission d’examen sur la fiscalité québécoise, présidée par Luc Godbout. À propos de cette dernière, elle souligne : « Nous appuyons l’approche dans la mesure où l’on change ou on réforme le modèle au complet et non à la pièce, selon ce qui fait l’affaire du moment. »

Choisir sa fiscalité

Luc Godbout parle d’un vaste chantier. Le directeur du Département de fiscalité de l’Université de Sherbrooke rap-pelle qu’il s’agit seulement du quatrième exercice de ce genre depuis que Maurice Duplessis, premier ministre du Québec de 1936 à 1939 et de 1944 à 1959, a introduit l’impôt sur le revenu. Quatre grandes initiatives de réflexion sur la fiscalité québécoise ont été menées depuis, la dernière remontant à il y a 20 ans.

Le fiscaliste venait de cosigner le rapport sur l’état des finances publiques. « On a pu constater toutes les difficultés à retrouver l’équilibre budgétaire. On a pu observer que des efforts avaient été faits du côté des revenus, mais que nous nous retrouvions tout de même devant une situation de déficit structurel, qui incitait Québec à examiner sa colonne des dépenses. » Puis, il a eu la Commission sur la fiscalité. Après plus de huit mois de travail condensés, dix-huit études externes, une centaine de mémoires, sept jours d’audiences publiques et un forum citoyen dirigé par l’Institut du Nouveau Monde, l’exercice a fait consensus et le rapport a été déposé sans dissidence. Luc Godbout précise le contexte du mandat gouvernemental. L’activité économique étant appelée à demeurer anémique, la fis-calité doit favoriser la croissance. La réforme proposée ne doit pas accroître le poids de la fiscalité dans l’économie, le fardeau fiscal québécois étant déjà plus élevé que pour la moyenne des pays de l’OCDE et du reste du Canada. Et dans un contexte de retour à l’équilibre budgétaire, la réforme ne devrait pas imposer de pressions additionnelles. Le coût doit être neutre tant pour les particuliers que pour les entreprises.

Deux grands constats sont ressortis des travaux de la Commission. L’impôt sur le revenu est surutilisé et la catégo-rie des salaires allant de 30 000 à 100 000 dollars subit le plus lourd fardeau. On reprend la conclusion de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) voulant que l’impôt sur le revenu soit plus dommageable pour l’activité économique qu’une taxe de vente accompagnée d’une mesure en adoucissant les effets.

« Tout poussait dans la même direction », indique le fiscaliste. Il a été proposé, essentiellement, une baisse des im-pôts sur le revenu suivie d’une hausse de la taxe de vente, des taxes spécifiques sur l’essence, le tabac, l’alcool et les produits de luxe, d’une augmentation des tarifs d’électricité et de l’abolition de plus de 30 mesures fiscales touchant les particuliers. Le tout étant adouci par une bonification du crédit d’impôt à la solidarité et par la proposition d’un « bouclier fiscal » visant à atténuer l’impact sur le taux d’imposition implicite. Même approche pour les entreprises, une baisse de l’impôt étant financée notamment par un grand ménage dans les quelque 300 crédits d’impôt et exo-nérations.

Bref, une réforme qui se veut à coût neutre et favorable à la stimulation de la croissance, selon les choix que fera le gouvernement.

La suite des choses ne lui appartient pas, mais Luc Godbout voudrait que l’on retienne de l’exercice que si l’on veut continuer à s’offrir autant, voire davantage de services publics, nous devons collecter nos impôts et taxes de la manière le moins dommageable possible. « Cette ponction peut-être plus élevée qu’ailleurs, mais doit être effectuée de manière plus efficace. C’est ce que font les pays scandinaves. »

Stagnation séculaire

La thématique avait été proposée par Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor américain. Elle est désormais omniprésente, expli-citement ou implicitement, dans la majorité des scénarios économiques. Le Fonds monétaire international (FMI) va un peu plus loin en plaçant une récession mondiale, une cinquième depuis la Seconde Guerre, dans sa grille de risques potentiels.

En septembre, dans sa énième révision à la baisse des prévisions de croissance mondiale, l’institution de Washington chiffrait à 3,1 % la progression attendue du PIB planétaire cette année, ce qui représente le seuil d’une récession mondiale. Ce serait la cadence la plus lente depuis 2009, alors que la grande récession sévissait. Une remontée à 3,6 % est attendue pour 2016. La croissance des économies émergentes, avec la Russie et le Brésil en récession, va décélérer de nouveau en 2015, pour la cinquième année consécu-tive.

Les deux grands blocs ne parviennent pas à se synchroniser. Si les pays émergents ont alimenté la sortie de crise, aujourd’hui la vigueur de l’activité s’observe surtout parmi les pays industrialisés, les États-Unis en tête de peloton et la zone euro en deuxième, loin derrière. La première économie mondiale et le Royaume-Uni sont reconnus pour être les économies les plus avancées sur la voie de l’expansion.

Cette inquiétude concerne particulièrement la Chine, dont le récent ralentissement économique a déjà plombé l’activité économique d’une cohorte de pays, des exportateurs de matières premières pour la plupart. Le FMI s’attend à ce que la progression du PIB chi-nois soit de 6,8 % cette année et tombe à 6,3 % en 2016, à son plus bas depuis 25 ans.

Pour le Canada, aux prises avec un choc pétrolier, l’institution abaisse une nouvelle fois sa cible cette année et l’an prochain. Le FMI ne prédit désormais qu’un taux de croissance de 1 % au Canada en 2015, et ramène ses prévisions à 1,7 % pour 2016, soit une sé-vère rupture par rapport au taux de 2,4 % mesuré en 2014. Avant le FMI, la Banque du Canada avait corrigé le tir en juillet, rajustant sa prévision à une croissance de 1,1 % cette année.

L’Organisation de coopération et de développement économiques fait écho à ce pessimisme ambiant. En septembre, l’OCDE, insis-tant également sur la chute des prix du pétrole et des autres matières premières, qualifiait l’économie d’anémique et préconisait une stimulation des pouvoirs publics. Selon l’OCDE, le PIB n’augmentera que de 1,1 % cette année, pour croître légèrement au-dessus de 2 % l’an prochain. Parmi les économies avancées, « les pays exportateurs de matières premières, comme l’Australie et le Canada, continuent d’être confrontés à de forts vents contraires avec la chute du prix de leurs exportations de pétrole, de charbon et de mé-taux », a soutenu l’institution.

De toute évidence, l’impact de la faiblesse persistante des cours de l’or noir se fait durement ressentir, et la chute du dollar canadien face à sa contrepartie américaine ne joue pas son rôle atténuant ou compensatoire. Le découplage entre les secteurs pétroliers et ma-nufacturiers, qui mène à une économie à deux vitesses, produit peu d’effet.

Les grands chantiers

Le gouvernement du Québec mise sur deux grands chantiers qu’il croit être porteurs de croissance à long terme. Stratégie maritime et Plan Nord se présentent telles deux cartes de visite visant à attirer les investissements.

La Stratégie maritime se définit comme un projet économique visant « une utilisation optimale et responsable du potentiel maritime québécois ». Elle renferme des mesures « destinées à mettre en valeur le transport maritime, le tourisme et les ressources marines du territoire maritime ». Elle compte sur un cadre financier de 1,5 milliard de dollars. Le gouvernement québécois estime qu’à l’horizon 2030, la Stratégie maritime se traduira par des investissements de plusieurs milliards de dollars et entraînera la création de 30 000 emplois directs, dans toutes les régions du Québec.

Aussi ambitieux, le Plan Nord a pour but de mettre en valeur le potentiel minier, forestier, énergétique, social, culturel et touristique du territoire québécois situé au nord du 49e parallèle. « En harmonisant les aspects économiques, sociaux et environnementaux sur lesquels repose le Plan Nord, le gouvernement du Québec souhaite en faire une référence en matière de développement nordique responsable et durable ainsi qu’un projet rassembleur pour la société québécoise », soutient le gouvernement.

Le Plan Nord en est à sa troisième mouture, une version plus modeste que les précédentes. Il intègre préoccupations environnemen-tales, protection du territoire et de sa biodiversité, redéfinition du partage du risque avec le secteur privé, participation des nations autochtones et prise en compte des « dommages collatéraux » potentiels sur les communautés. Les investissements attendus sont chiffrés à 50 milliards sur 20 ans, et la cible de création d’emplois à 10 000 durant la phase de construction, et presque autant par année d’exploitation.

Les investissements dits publics devraient composer moins de 45 % des investissements totaux, y compris environ 20 milliards de dollars émanant de Hydro-Québec et quelque 2 milliards en infrastructures.

« Nous y croyons. Nous avons offert de partir en croisade auprès du gouvernement », précise Françoise Bertrand, PDG de la Fédéra-tion des chambres de commerce du Québec. Or, pour l’heure, il y a cette conjoncture économique défavorable avec, à la clé, ce plon-geon du prix des matières premières qui explique un recul de l’investissement minier au Québec pour une deuxième année consécu-tive en 2014, trois fois plus prononcé qu’en 2013. «Pour que ce plan fonctionne, il faut des infrastructures. Peut-être le moment est-il venu avec ce cycle minier baissier. »

Françoise Bertrand revient sur l’importance de la mobilisation sous un leadership régional. « Auparavant, Montréal était déprimée alors que les régions ressources allaient bien. Aujourd’hui, le dynamisme est revenu à Montréal. La Gaspésie prend également du coffre. L’éolien, la cimenterie, l’exploration pétrolière apportent un renouveau là-bas. On parle de plein emploi à Québec et à Drum-mondville. Qui eût cru qu’après la fin du textile, Drummondville se serait relevée ! »

« On plante les germes en attirant les donneurs d’ordre. La PME suit », résume-t-elle.

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