Gérard Bérubé

Le thème de la mondialisation des échanges n’a jamais été autant ostracisé. En Europe, le Brexit a confirmé le désaveu de la population ; aux États-Unis, en pleine campagne présidentielle, l’opposition au libre-échange galvanise tant les démocrates que les républicains. Le Canada doit-il craindre pour la pérennité des accords commerciaux auxquels il est signataire ? Oui, disent les spécialistes.
Les déchirements politiques sur le thème du libre-échange dominent l’actualité économique. Pas une semaine sans relents cycliques du protectionnisme et du repli sur soi associés au retour des nationalismes. Sur fond d’invitation référendaire sur un éventuel Brexit qui divise les Britanniques et de rendez-vous électoraux imminents pour plusieurs pays concernés, la ratification de ces grands traités est donc loin d’être acquise. L’hésitation rappelle la nécessité d’une réflexion sur les nombreux obstacles à contourner pour que cette nouvelle génération de grands accords multilatéraux puisse convaincre de leur légitimité démocratique et économique.
Pour les grands leaders mondiaux, la numérisation de l’économie n’en est qu’à ses balbutiements. La prochaine vague numérique aura un impact systémique sans précédent dans l’histoire de l’humanité, prévient-on. Le déploiement de la capacité 5G est à nos portes, appelant à la convergence des univers physique, biologique et virtuel sous le thème de l’intelligence artificielle, des ordinateurs quantiques et de l’« Internetisation » tous azimuts. Ce futur immédiat place l’Homme, ses infrastructures et ses objets dans un monde toujours plus interconnecté, élevant la protection des systèmes, des données et de la vie privée au rang des principales priorités mondiales. Petite réflexion sur les enjeux liés à la cybersécurité en dix questions posées à Thierry Dassault, directeur général délégué du Groupe Dassault et fondateur de TDH (Thierry Dassault Holding), structure d’investissement personnelle dans les technologies émergentes.
Née dans le ressac du référendum de 1995, Montréal International aura 20 ans en 2016. L’institution impose encore toute sa pertinence dans cette réalité économique plaçant les grandes métropoles en concurrence pour attirer les investissements directs, la main-d’œuvre spécialisée et les talents tout en rivalisant pour accroître leur portée à l’échelle internationale.
Après avoir traversé la crise avec une relative efficacité, l’économie du Québec ne parvient tou-jours pas à retrouver son rythme. La situation n’est certes pas isolée, cette stagnation étant géné-ralisée à l’échelle planétaire. Sept ans après la crise de 2008 et la grande récession qui s’en est sui-vie, l’économie mondiale cherche toujours ses appuis pour relancer sa croissance. À cette problé-matique conjoncturelle s’ajoutent des défis plus structurels. Le vieillissement de sa population et une productivité déficiente placent le Québec devant l’heure des choix.
À peine viennent-elles de circonscrire les effets de la sévère crise financière de 2008 que les agences d’encadrement et de réglementation se préparent pour la prochaine. L’Autorité des marchés financiers (AMF), pionnière en la matière, et dont l’influence internationale est méconnue du grand public, exerce un leadership dans la mise en application du train de réformes internationales adoptées pour sécuriser le système financier. Dans une entrevue à la revue Forces, le président-directeur général de cette institution québécoise, Louis Morisset, estime que le moment est venu de passer de la réflexion à l’action, d’autant plus que les pratiques ayant précipité la crise réapparaissent.
Le Québec est riche de ses potentialités, mais pauvre de ses résultats économiques. Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) a pris l’initiative d’une vaste réflexion qu’il souhaite inclusive, étalée sur trois ans, visant à libérer ce potentiel. Dans l’exercice, il n’est pas exclu que la politique d’« austérité » budgétaire appliquée par le gouvernement devienne ce catalyseur redonnant aux Québécois le goût de prospérer.
Le Québec et l’Ontario veulent renouer avec leur influence passée au sein d’un Canada aujourd’hui résolument tourné vers l’Ouest pétrolier. Les deux provinces les plus peuplées du « Canada central » ont perdu du poids depuis les belles années de solidarité face aux tentatives fédérales d’intrusion dans leurs champs de compétences. Mais devant le déficit fiscal avec Ottawa et le « mal hollandais », les deux provinces ont tout intérêt à restaurer leur front commun. D’autant plus qu’aujourd’hui, le Québec peut tendre la main à l’Ontario d’égal à égal.
Selon John Micklethwait, rédacteur en chef de The Economist

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