Gérard Bérubé

Par Gérard Bérubé Selon Bernard Spitz, nous assistons à une inversion de la montée du populisme. En Europe, on l’a vu, il a été possible d’en freiner l’ascension. D’abord en Autriche, ensuite, aux Pays-Bas, « et maintenant, de façon spectaculaire, en France », énumère-t-il. Bernard Spitz ne s’enferme cependant pas dans le déni : les Européens veulent non plus des discours, mais des réponses à leurs peurs et à leur colère, et des résultats. À l’échelle mondiale, la montée du protectionnisme appelle à un Bretton Woods social jetant les bases à une croissance économique inclusive. Patrons et syndicats reconnaissent l’importance de relier l’ordre économique et financier aux ambitions sociales. Reste au leadership politique à s’exprimer. En Europe, on compte sur la France et sur Emmanuel Macron pour être porteur de ce rebond. Entrevue avec Bernard Spitz, président de la Fédération française des sociétés d’assurances et président, International et Europe, du Mouvement des entreprises de France (MEDEF).
La rhétorique chaotique de Donald Trump a imposé aux partenaires économiques des États-Unis le mode vigilance. Si les sévères diatribes du président américain contre les accords commerciaux relevaient certes de la tactique de négociation, le pli protectionniste du locataire de la Maison-Blanche n’en est pas moins réel. Le Québec et le Canada ne pouvaient rester les bras croisés ; un travail de terrain s’avérait plus que nécessaire pour maintenir les canaux ouverts avec le Congrès, les États et les entreprises pro-libre-échange. Par Gérard Bérubé
Le thème de la mondialisation des échanges n’a jamais été autant ostracisé. En Europe, le Brexit a confirmé le désaveu de la population ; aux États-Unis, en pleine campagne présidentielle, l’opposition au libre-échange galvanise tant les démocrates que les républicains. Le Canada doit-il craindre pour la pérennité des accords commerciaux auxquels il est signataire ? Oui, disent les spécialistes.
Les déchirements politiques sur le thème du libre-échange dominent l’actualité économique. Pas une semaine sans relents cycliques du protectionnisme et du repli sur soi associés au retour des nationalismes. Sur fond d’invitation référendaire sur un éventuel Brexit qui divise les Britanniques et de rendez-vous électoraux imminents pour plusieurs pays concernés, la ratification de ces grands traités est donc loin d’être acquise. L’hésitation rappelle la nécessité d’une réflexion sur les nombreux obstacles à contourner pour que cette nouvelle génération de grands accords multilatéraux puisse convaincre de leur légitimité démocratique et économique.
Pour les grands leaders mondiaux, la numérisation de l’économie n’en est qu’à ses balbutiements. La prochaine vague numérique aura un impact systémique sans précédent dans l’histoire de l’humanité, prévient-on. Le déploiement de la capacité 5G est à nos portes, appelant à la convergence des univers physique, biologique et virtuel sous le thème de l’intelligence artificielle, des ordinateurs quantiques et de l’« Internetisation » tous azimuts. Ce futur immédiat place l’Homme, ses infrastructures et ses objets dans un monde toujours plus interconnecté, élevant la protection des systèmes, des données et de la vie privée au rang des principales priorités mondiales. Petite réflexion sur les enjeux liés à la cybersécurité en dix questions posées à Thierry Dassault, directeur général délégué du Groupe Dassault et fondateur de TDH (Thierry Dassault Holding), structure d’investissement personnelle dans les technologies émergentes.
Née dans le ressac du référendum de 1995, Montréal International aura 20 ans en 2016. L’institution impose encore toute sa pertinence dans cette réalité économique plaçant les grandes métropoles en concurrence pour attirer les investissements directs, la main-d’œuvre spécialisée et les talents tout en rivalisant pour accroître leur portée à l’échelle internationale.
Après avoir traversé la crise avec une relative efficacité, l’économie du Québec ne parvient tou-jours pas à retrouver son rythme. La situation n’est certes pas isolée, cette stagnation étant géné-ralisée à l’échelle planétaire. Sept ans après la crise de 2008 et la grande récession qui s’en est sui-vie, l’économie mondiale cherche toujours ses appuis pour relancer sa croissance. À cette problé-matique conjoncturelle s’ajoutent des défis plus structurels. Le vieillissement de sa population et une productivité déficiente placent le Québec devant l’heure des choix.
À peine viennent-elles de circonscrire les effets de la sévère crise financière de 2008 que les agences d’encadrement et de réglementation se préparent pour la prochaine. L’Autorité des marchés financiers (AMF), pionnière en la matière, et dont l’influence internationale est méconnue du grand public, exerce un leadership dans la mise en application du train de réformes internationales adoptées pour sécuriser le système financier. Dans une entrevue à la revue Forces, le président-directeur général de cette institution québécoise, Louis Morisset, estime que le moment est venu de passer de la réflexion à l’action, d’autant plus que les pratiques ayant précipité la crise réapparaissent.
Le Québec est riche de ses potentialités, mais pauvre de ses résultats économiques. Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) a pris l’initiative d’une vaste réflexion qu’il souhaite inclusive, étalée sur trois ans, visant à libérer ce potentiel. Dans l’exercice, il n’est pas exclu que la politique d’« austérité » budgétaire appliquée par le gouvernement devienne ce catalyseur redonnant aux Québécois le goût de prospérer.

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