Gérard Bérubé

La finance internationale s’est donné rendez-vous à Montréal en juin. Particulièrement stratégique, cette 35e conférence annuelle de l’Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV) s’inscrit dans un contexte d’après-crise. Poursuivant les travaux du G20 lancés à Pittsburgh en septembre dernier, la rencontre permettra de faire le point sur les progrès et les avancées en matière de régulation et de supervision. « Il faut alimenter la bête », illustre Jean St-Gelais.
Kenneth Rogoff en a vu et analysé, des crises. Cet ancien économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), aujourd’hui professeur d’économie et d’administration publique à l’Université Harvard, a coécrit récemment avec Carmen Reinhart le livre This Time is Different: Eight Centuries of Financial Folly1,  qui présente une analyse de l’actuelle conjoncture à travers le prisme de huit siècles de crises.
Secrétaire au Travail sous Bill Clinton, Robert Reich estime que les États-Unis sont tombés tête première dans la dépression. Cet économiste, politologue et professeur, qui a siégé au comité de transition du président Barack Obama, voit dans cette crise les limites du « supercapitalisme » tel qu’il est apparu aux États-Unis à la fin des années 1970. 
Madeleine Albright parle de rendez-vous avec l’Histoire. Celle qui a occupé le poste de secrétaire d’État des États-Unis de janvier 1997 à janvier 2001, sous l’administration Clinton, estime que le nouvel ordre mondial qui se dessine actuellement invite les États-Unis à réinventer leur influence. 
Guy Ryder, secrétaire général de la Confédération syndicale internationale, parle de la crise et propose un plan de relance en quatre points. Sans toutefois se bercer d’illusions…
John W. Snow, issu du milieu des affaires, a été nommé secrétaire au Trésor le 13 janvier 2003 par le président américain George W. Bush. Il a été remplacé par Henry Paulson en mai 2006, à la suite de différends avec l’administration Bush.
Pour un regroupement Québec-Ontario
Les provinces de l’Ouest connaissent un essor économique sans précédent. Les provinces de l’Est se débrouillent de mieux en mieux. Restent l’Ontario et le Québec, aux prises avec des ralentissements importants,notamment reliés aux secteurs  anufacturier et forestier. Ensemble, ils font face à la situation et concluent plusieurs ententes susceptibles d’améliorer leur performance économique.  
2008 est une année charnière pour l’économie du Québec et pour les relations Canada-Europe. Octobre en sera un temps fort, avec comme point culminant le Sommet Canada-Europe qui devrait, espère-t-on, coïncider avec le lancement des négociations visant un accord commercial transatlantique élargi. Un vaste chantier s’il en est, où « tout devra être mis sur la table  », prévient l’ambassadeur de l’Union européenne, Dorian Prince. Un chantier qui fait appel à l’adhésion de l’ensemble des provinces et qui constitue, pour le Québec, le cœur du défi pour l’emploi lancé par Jean Charest. Pour relever ce pari, le premier ministre du Québec souhaite que la province se dote d’un nouvel espace économique élargi, aux multiples horizons. La conclusion d’un accord de libre-échange moderne avec l’Europe devient, ici, l’une des cinq voies qu’entend emprunter Jean Charest. Les grands axes prioritaires comprennent aussi bien la négociation d’un nouvel accord sur le commerce avec l’Ontario que la conclusion d’une entente France-Québec sur la reconnaissance des compétences et des acquis, qui devrait tenir lieu de modèle. S’ajoutent au calendrier la négociation d’une entente pancanadienne sur la mobilité de la main-d’œuvre et un pacte pour l’emploi regroupant gouvernement, entreprises et syndicats autour d’enjeux qui touchent les assistés sociaux, les immigrants et la formation. Sans oublier, enfin, la mise en valeur du potentiel économique du Grand Nord québécois.  
Le point de vue de Dorian Prince L’Union européenne se dit très favorable à une plus grande intégration économique avec le Canada. Si le processus enclenché à Berlin l’an dernier illustre le sérieux de l’engagement outre-Atlantique, nous sommes cependant encore loin du chantier qui mènerait à la signature d’un accord de libre-échange entre ces deux grands partenaires. L’ambassadeur de l’Union européenne, Dorian Prince, parle d’étapes à franchir et d’enjeux qui ne pourront être contournés. « Le cas échéant, tout devra être mis sur la table », ajoute-t-il, rappelant que certaines questions très importantes pour l’Europe sont de compétence provinciale.  

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