Marco Bélair-Cirino

Par Marco Bélair-Cirino
À l’été 2015, le couperet tombe au Palais de justice de Montréal : la Cour supérieure enjoint au Parlement canadien de mettre fin, dans un délai de 18 mois, à la « discrimination historique » à l’égard des femmes autochtones qu’entretient la Loi sur les Indiens, à défaut de quoi les articles rendant plus difficile pour les femmes l’obtention du statut d’Indien seront « inopérants » à compter de février 2017.
Politique énergétique 2030 La fin des énergies fossiles n’est pas pour demain… mais pour après-demain. Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a enclenché le 7 avril dernier le compte à rebours : la quantité de produits pétroliers consommés au Québec doit diminuer de 40 p. cent d’ici 2030. Selon lui, l’atteinte de cette cible « ambitieuse » et « exigeante » est incontournable dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques.
La ville de Montréal a repris du poil de la bête. Elle a déjà démontré sa force de caractère. Pour preuve, elle a été admise il y a près d’un an dans le groupe « 100 villes résilientes » (100 VR) formé par la Fondation Rockefeller. Elle y figure aux côtés de Sydney, Londres, Paris, Singapour et Barcelone.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) cherche à freiner la conquête de parts de marché des nouveaux producteurs, notamment ceux de pétrole issu du schiste (États-Unis) et des sables bitumineux (Canada). Malgré une « surabondance apparente » de l’offre et une croissance économique mondiale revue à la baisse, l’OPEP, à l’automne 2014, refuse d’abaisser le plafond collectif de production de 30 millions de barils par jour, et l’Arabie saoudite, son ténor, refuse d’assumer son rôle de producteur d’appoint. Le prix du baril de pétrole pique du nez. Quelles sont les retombées sur l’économie canadienne ?
Du jour au lendemain, la municipalité de Sorel-Tracy est devenue une plaque tour-nante du pétrole issu des sables bitumineux. Sans crier gare, fin septembre, un super-pétrolier, mastodonte d’acier de 250 mètres de long et 44 mètres de large, jette l’ancre dans un terminal maritime de la municipalité, sous le regard étonné des rive-rains du fleuve Saint-Laurent. Chargé de pétrole lourd, le navire met le cap vers une raffinerie italienne, laissant dans son sillage inquiétudes et levées de boucliers.
Le président Hollande et le premier ministre Couillard réaffirmeront sous peu l’amitié franco-québécoise, « bougie d’allumage » de l’Accord économique et commercial global (AECG) en voie d’application entre le Canada et l’Union européenne. Retour sur ce projet colossal de libre-échange.
Dans la course au pétrole, le gouvernement du Québec accélère le pas même si l’exploration et l’exploitation des ressources en hydrocarbures fossiles enfouies dans le sous-sol québécois constituent un objet de discorde.