Guy Fournier

 « Il y a au moins une chose dont on peut être certain : au Québec, nous serons les derniers en Amérique du Nord à exploiter les gaz de schiste ! » André Caillé émet un rire sonore qui cache mal sa contrariété.
Robert Dépatie ne doute pas une seconde du succès de l’incursion de Vidéotron dans le sans-fil. Sans me dévoiler de chiffres, il mentionne avec un sourire entendu que les résultats du premier trimestre d’exploitation dépassent les objectifs.
Le journaliste, animateur radio et documentariste Paul Arcand me donne rendez-vous au Bistro Apollo. Il a l’œil malin et un sourire accueillant, et son affabilité contraste avec le ton cassant qu’il a parfois avec ses invités du matin… surtout s’ils sont politiciens.  
Je le répète à qui veut l’entendre : Daniel Vézina est le meilleur chef du Québec. L’audace de sa cuisine fait écho à celle de sa femme, Suzanne Gagnon, qui a lancé sous les initiales LR (pour Laurie Raphaël) une série de produits maison ou du terroir.
Le midi, j’ai toujours une bonne faim. Mais cogner des clous des heures durant devant mon ordinateur après un gros repas bien arrosé, non merci ! Il me faut donc de quoi me sustenter sans m’alourdir. Un midi sur deux, je mange seul ; l’autre, avec un collègue pour parler affaires, ou un proche afin de discuter en toute amitié.
Il y a de cela environ cinq à six mille ans sont survenus des événements hors du commun qui ont modifié à jamais la topographie du Labrador. L’étoile qui apparut alors n’était pas une super nova comme celle de Bethléem ou celle de Kepler (1604), mais bien une étoile de plein droit. Après tant de siècles, elle brille toujours de tous ses feux au bout de la queue de la Petite Ourse.
Sa mémoire des visages et des noms, y compris ceux des enfants, me laisse bouche bée. De quoi assurer sa réélection pour des siècles et des siècles ! Le Duplessis dont j’ai gardé l’image a déjà 66 ans. À hauteur de l’œil, le nez est barré d’une ride profonde, et deux sillons  s’allongent comme un « v » inversé jusque sous le menton. Sous ses cheveux gris clairsemés, d’épais sourcils en broussaille chevauchent de petits yeux brillants. Il s’esclaffe parfois de bon cœur, mais le plus souvent, ce n’est qu’un rictus moqueur qui se dessine sur ses lèvres minces. Quand il fume, c’est le cigare, qui a fini par jaunir l’index et le majeur de sa main droite. 
En principe, chefs d’entreprise et grands financiers devraient être les personnes les plus raisonnables du monde. Or, ce n’est pas le cas. Ils se laissent presque tous emporter par des courants parfois inexplicables ou par une bulle qui gonfle, gonfle et gonfle encore jusqu’à ce qu’elle éclate, éclaboussant davantage les petits actionnaires que la haute direction. 
Ces temps-ci, d’où qu’elles viennent, les nouvelles sont mauvaises. Et quand il s’agit des médias eux-mêmes, en particulier des journaux imprimés, elles sont encore pires… 
Mardi, 3 novembre 1936, 11 heures du soir. Mon frère et moi n’arrivons pas à dormir. L’oreille collée à l’ouverture par où le tuyau du poêle de la cuisine monte jusqu’à notre chambre, nous écoutons le grésillement de la radio RCA Victor, syntonisée à CBS, où papa a collé son oreille. De temps à autre, il répète à maman ce qu’il entend. Contre toute attente, Franklin D. Roosevelt passe en tête dans la course présidentielle qui l’oppose au républicain Alf Landon…

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