Guy Fournier

Dans la plupart des pays, même s’ils sont généralement respectés, les politiciens n’ont pas bonne presse et ne trouvent pas aisément grâce aux yeux de leurs compatriotes. L’affaire n’est pas nouvelle. Voltaire lui-même n’avait pas une haute idée de la politique, dont il disait qu’elle « a sa source dans la perversité plutôt que dans la grandeur de l’esprit humain ». Plus près de nous, Michel Rocard, ancien premier ministre français et donc lui-même « animal politique », selon les mots de Platon, n’est guère plus encourageant lorsqu’il écrit : « La politique, c’est poisseux, c’est crasseux, et ce qui est noble n’est pas politique, mais vient d’ailleurs » !  
L'avenir de notre télévision francophone n'a jamais été aussi incertain. Au moment d'écrire ces lignes, TQS lutte pour sa survie, le Fonds canadien de télévision est entre les mains parfois malhabiles du CRTC – qui examinera bientôt la possibilité de verser des redevances aux chaînes hertziennes –, les moyens financiers de TVA s'amenuisent, et TV5 Monde risque de se perdre corps et biens dans France Monde. Tout en traversant ces turbulences, la télévision doit mettre le cap sur la haute définition et le numérique pour éviter que les téléspectateurs francophones ne se tournent graduellement vers la télévision américaine, qui sera numérique et HD (haute définition) dès le 7 avril 2009.
  Difficile de ne pas s’interroger sur les médias, par les temps qui courent. Depuis quelques années, en fait. Si je me risquais à mettre une date sur ce que j’appelle la « dérive médiatique », j’en fixerais le début à l’arrivée de l’information continue à la télévision. 
Même s’il m’apparaît de plus en plus évident que la télévision n’aura été que l’épiphénomène d’Internet, qui représente sans nul doute la grande révolution du 21e siècle, il n’en reste pas moins qu’encore aujourd’hui, certaines émissions deviennent de véritables « phénomènes de société ». Comment expliquer un tel phénomène, s’agissant du Banquier ?
  Internet a développé une culture de la publication personnelle et coopérative. Du blogue à la l’encyclopédie libre, la Toile transporte courrier, appels téléphoniques, journaux, radio, télévision et cinéma. Elle transforme l’économie mondiale. Mais qui s’y soucie encore d’éthique ? Et comment éviter que tout cela ne dérape ? 

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