Bernard Landry

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Ancien premier ministre du Québec

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Dans un pays comme la France, où la fierté nationale est toujours – et c’est à l’honneur des Français – une valeur importante, et pas rien que pour le sport, perdre un de ses trois A ne peut être sans impact sur une échéance électorale rapprochée.
Des « États-Unis d’Europe », rien de moins. C’est ce que proposait Winston Churchill dans son fameux discours de Zurich, en 1946. Il en excluait évidemment la Grande-Bretagne, nation la plus nationaliste du monde, juste derrière la Chine.
Les idées qui mènent le monde l’ont souvent mené vers des avenues progressistes, mais aussi, parfois, vers l’anarchie plutôt que vers la liberté. C’est ce que la situation économique américaine illustre actuellement : une crise qui résulte en grande partie d’un cheminement idéologique complexe et tordu.
Lorsque Dominique Strauss-Kahn a pris les rênes du Fonds monétaire international (FMI), l’institution plus que sexagénaire avait plus que jamais besoin de crédibilité. DSK lui en a donné. Ce qui s’est produit au Sofitel de New-York, nonobstant la présomption d’innocence, est déjà une catastrophe pour la présumée victime, le prévenu, leurs familles, le Parti Socialiste français, la France entière, et bien entendu, pour le FMI.
Cet indicateur économique, qui fait état de la production totale d’un espace économique, est porteur de beaucoup d’illusions de plus en plus connues et dénoncées. Certains pays fiers de leur PNB baisseraient la tête si ces données étaient raffinées, alors que d’autres pourraient la relever.
C’est le ministre brésilien des finances, Guido Montega, qui a le premier utilisé le mot « guerre » pour dénoncer les manipulations monétaires auxquelles se livrent certains pays. Ce qui pourrait remettre en cause le dollar américain comme monnaie de référence internationale.
Il y a cinq cents ans, la Chine était la première puissance du monde. Après des siècles de recul, elle vient de remonter en deuxième place. S’il continue de progresser au même rythme, l’Empire du milieu retrouvera d’ici un quart de siècle la position qui était la sienne en 1500 : la première. Le poids mondial de ce géant sera alors incommensurable.
Ces deux puissants esprits sont sans doute ceux qui ont le plus influencé le destin socio-économique contemporain de l’humanité.
Le système bancaire profite d’une manière invraisemblable de la crise qu’il a lui-même provoquée.
La crise actuelle résulte d’une gestion financière désastreuse, surtout américaine. Elle touche toute l’économie mondiale, et le système monétaire n’est pas épargné. Le roi dollar vacille. Le huard s’envole sans causes fondamentales, avec les dommages que l’on constate. L’euro se comporte en jeune premier. Quant à l’or, il renoue avec son éternel rôle de refuge en cas de tourmente. Comme un milliard d’êtres humains de plus ont maintenant  les moyens d’acheter des bijoux, le malheur ne plane pas au-dessus de Malartic !

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