Bernard Landry

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Ancien premier ministre du Québec

ses dernières chroniques

À cause de ces « paradis » que l’on ne pourrait plus mal nommer, de nombreux gouvernements sont privés d’importantes ressources fiscales et freinés dans leur lutte contre la corruption, le trafic de drogue et le blanchiment d’argent.
Il y a quelques années, la finance s’est installée à la barre de la vie économique. Aujourd’hui, elle se retrouve au banc des accusés du tribunal de l’opinion publique…
En temps normal, beaucoup moins de gens qu’on le croit s’intéressent vraiment à l’économie. Et pour ceux dont c’est le cas, c’est généralement lié à leur métier : gens d’affaires, politiciens, économistes, journalistes spécialisés et syndicalistes. L’invention des REER a certes élargi le nombre des intéressés… que la présente crise multiplie de façon prodigieuse !
Les graves perturbations qui frappent la planète, et dont l’épicentre se trouve aux États-Unis, fournissent une sérieuse occasion de revoir l’ordre économique mondial et les modes de création et de répartition de la richesse. Des milliards d’êtres d’humains souffrent du cumul de ces crises financière, pétrolière et alimentaire réunies dans une convergence rarement observée.
Elle monte et descend, mais contrairement à la vraie marée, son mouvement n’est pas immuable. Il est conditionné par diverses turbulences qui marquent la vie économique et dont certaines prennent l’ampleur de véritables tsunamis… Quand cela arrive, la tension monte et, quelle que soit la tendance idéologique, on se tourne alors vers l’État régulateur, dont l’action est souvent honnie et dénoncée par temps calme, mais réclamée durant les orages.  
Tel qu’annoncé, l’ère des turbulences a été au rendez-vous ; nous sommes maintenant à celle de la reconstruction. Les divers gouvernements nationaux, les banquiers centraux et privés, les agences financières internationales se sont mobilisés comme jamais.
Il fut un temps où l'on disait : « Quand les États-Unis éternuent, l'Ontario tousse, et le Québec a une pneumonie ». Sans aller jusqu'à l'immunité complète, les choses sont aujourd'hui à la fois moins simples et moins angoissantes ; les disparités entre le Québec et l'Ontario n'ont plus la même envergure.
  Dominique Strauss-Kahn fait face à l’un des plus formidables et vertigineux défis qu’ait jamais eu à affronter un fonctionnaire économique international. Il est vital pour l’avenir de milliards de personnes qu’il réussisse.
D’après Francis Fukuyama, dans son célèbre ouvrage La fin de l’histoire, la grande aventure humaine serait une longue marche vers la liberté qui aurait presque atteint ses objectifs. Plusieurs faits lui donnent raison, mais, comme dirait Gambetta, « les temps héroïques sont terminés, l’ère des difficultés commence ». En effet, il semble que nous y soyons.
Les succès contemporains de Montréal sont impressionnants à plusieurs égards, et son rang habituellement très honorable dans divers classements mondiaux ou continentaux prestigieux a de quoi rendre fier.

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