Chronique

Les idées qui mènent le monde l’ont souvent mené vers des avenues progressistes, mais aussi, parfois, vers l’anarchie plutôt que vers la liberté. C’est ce que la situation économique américaine illustre actuellement : une crise qui résulte en grande partie d’un cheminement idéologique complexe et tordu.
L’absence volontaire de logique dans la civilisation occidentale est vraiment fascinante. Nous nous félicitons de la liberté qu’offrent les téléphones intelligents, Twitter et Internet, sous leurs formes nouvelles et révolutionnaires avec l’utilisation qu’en font les jeunes de la place Tahrir, de Tunisie ou de Syrie.
Lorsque Dominique Strauss-Kahn a pris les rênes du Fonds monétaire international (FMI), l’institution plus que sexagénaire avait plus que jamais besoin de crédibilité. DSK lui en a donné. Ce qui s’est produit au Sofitel de New-York, nonobstant la présomption d’innocence, est déjà une catastrophe pour la présumée victime, le prévenu, leurs familles, le Parti Socialiste français, la France entière, et bien entendu, pour le FMI.
Imaginer l’autre. Dans l’ensemble, la philosophie pourrait se résumer à ces trois mots. La capacité d’aller au-delà de ce qui nous définit comme groupe pour atteindre les autres – connaître leurs besoins, leurs émotions, leurs forces, leurs démons – est ce qui constitue un ensemble d’individus en tant que civilisation. 
Cet indicateur économique, qui fait état de la production totale d’un espace économique, est porteur de beaucoup d’illusions de plus en plus connues et dénoncées. Certains pays fiers de leur PNB baisseraient la tête si ces données étaient raffinées, alors que d’autres pourraient la relever.
C’est le ministre brésilien des finances, Guido Montega, qui a le premier utilisé le mot « guerre » pour dénoncer les manipulations monétaires auxquelles se livrent certains pays. Ce qui pourrait remettre en cause le dollar américain comme monnaie de référence internationale.
Lors d’un dîner, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, au lieu de prononcer l’allocution habituelle, fit une présentation PowerPoint sur les accomplissements de Montréal, tout en circulant entre les tables des convives. Si le procédé sembla, de prime abord, saugrenu dans le contexte, l’exposition de faits d’armes incontestables mais largement méconnus de cet auditoire de Montréalais enracinés produisit un effet de nette surprise. Le maire ne présentait, bien sûr, qu’un côté de la médaille ; toutefois, l’autre côté, moins reluisant, est déjà bien connu et largement médiatisé. Il en va de même pour l’état du Québec…
Il y a cinq cents ans, la Chine était la première puissance du monde. Après des siècles de recul, elle vient de remonter en deuxième place. S’il continue de progresser au même rythme, l’Empire du milieu retrouvera d’ici un quart de siècle la position qui était la sienne en 1500 : la première. Le poids mondial de ce géant sera alors incommensurable.
Ces deux puissants esprits sont sans doute ceux qui ont le plus influencé le destin socio-économique contemporain de l’humanité.
« Alice se trouve prise au piège d’un monde où la logique a été abandonnée au profit de la folie. »    — Lewis Carroll, Les aventures d’Alice au pays des merveilles Le 17 avril 2010, la Securities and Exchange Commission (SEC) ose porter des accusations de fraude contre Goldman Sachs pour une opération en tous points semblable à des centaines d’autres menées par les banques d’affaires et les fonds de spéculation au cours des années 2004-2007. « The worst day in my professional life ! », déclare le PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein. Pire, le 27 avril, les dirigeants de l’institution, soumis à un interrogatoire en règle par les membres d’un sous-comité sénatorial, sont vertement semoncés pour leur « manque d’éthique » et pour le « caractère immoral » de leurs opérations. 
Le système bancaire profite d’une manière invraisemblable de la crise qu’il a lui-même provoquée.
Il y a toujours eu, depuis le commencement de l’aventure, des eurosceptiques. Ils s’inquiètent aujourd’hui quand ils voient s’affaiblir la devise européenne sur les marchés des changes, oubliant qu’il y a quelques mois à peine, ils s’insurgeaient contre un euro fort.

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