Économie

En ce mois de mai 1989, le Bâtonnier du Québec m’avait invité, à titre de ministre de la Justice, à venir présenter à l’assemblée générale annuelle du Barreau mon projet de rédiger un nouveau Code civil plus conforme aux réalités et aux besoins du Québec contemporain.
Le gouverneur de la Banque de France parle de cette crise financière et de ses répercussions inégales d’un pays à l’autre. La zone euro a su répondre efficacement à ce premier grand test ; Christian Noyer évoque une coordination sans précédent, une action concertée impliquant 16 pays de l’eurozone et 27 de l’Union européenne. De quoi faire pâlir d’envie les États-Unis, où la polarisation du Congrès rend toute intervention difficile. 
Davos, 1er février 2010. Si un vent de panique soufflait sur Davos en 2009, la Réunion de 2010, après de multiples frissons, s’est conclue sur un soupir de soulagement. La crise financière s’estompait. La catastrophe avait été évitée. Tout allait rentrer dans l’ordre, du moins c’est ce que prétendaient et espéraient les forces du statu quo, stratégiquement représentées au forum. Toutefois, l’on ressentit tout au long de ce remarquable forum une tension insaisissable mais palpable, pas tout à fait une angoisse…
La finance internationale s’est donné rendez-vous à Montréal en juin. Particulièrement stratégique, cette 35e conférence annuelle de l’Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV) s’inscrit dans un contexte d’après-crise. Poursuivant les travaux du G20 lancés à Pittsburgh en septembre dernier, la rencontre permettra de faire le point sur les progrès et les avancées en matière de régulation et de supervision. « Il faut alimenter la bête », illustre Jean St-Gelais.
Tandis que les employés de l’État négocient pour le renouvellement de leur contrat de travail, deux éminents spécialistes, Roch Bolduc et Louis Bernard, qui ont contribué à forger la fonction publique telle qu’on la connaît aujourd’hui, en appellent à une plus grande souplesse. Concrètement, cela va jusqu’à ramener les pourparlers à l’échelle locale, à l’exception de ce qu’ils nomment le « normatif lourd », c’est-à-dire les clauses qui ont une incidence monétaire.
Le système bancaire profite d’une manière invraisemblable de la crise qu’il a lui-même provoquée.
La crise actuelle résulte d’une gestion financière désastreuse, surtout américaine. Elle touche toute l’économie mondiale, et le système monétaire n’est pas épargné. Le roi dollar vacille. Le huard s’envole sans causes fondamentales, avec les dommages que l’on constate. L’euro se comporte en jeune premier. Quant à l’or, il renoue avec son éternel rôle de refuge en cas de tourmente. Comme un milliard d’êtres humains de plus ont maintenant  les moyens d’acheter des bijoux, le malheur ne plane pas au-dessus de Malartic !
Les États peuvent-ils vivre durablement avec d’énormes déficits budgétaires ? À cette question, le bon sens populaire répond non. Personne ne peut longtemps dépenser plus qu’il ne gagne.
Kenneth Rogoff en a vu et analysé, des crises. Cet ancien économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), aujourd’hui professeur d’économie et d’administration publique à l’Université Harvard, a coécrit récemment avec Carmen Reinhart le livre This Time is Different: Eight Centuries of Financial Folly1,  qui présente une analyse de l’actuelle conjoncture à travers le prisme de huit siècles de crises.
Gautier Dirckx, président et chef de la direction de BNP Paribas (Canada) En poste à Montréal depuis 15 mois, ce gestionnaire de 47 ans salue la performance des banques canadiennes, mais refuse de prendre ce ton béatement optimiste qu’affiche souvent le banquier traditionnel pour inspirer confiance…
Secrétaire au Travail sous Bill Clinton, Robert Reich estime que les États-Unis sont tombés tête première dans la dépression. Cet économiste, politologue et professeur, qui a siégé au comité de transition du président Barack Obama, voit dans cette crise les limites du « supercapitalisme » tel qu’il est apparu aux États-Unis à la fin des années 1970. 
« Nous sommes partis de loin pour bâtir l’économie québécoise d’aujourd’hui. Il nous faut continuer d’évoluer en plongeant dans l’économie du XXIe siècle, sans essayer de ressusciter des chevaux morts du siècle dernier. » Entrevue avec Jacques Daoust, président-directeur général d’Investissement Québec.

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