Énergie

La découverte et l’exploitation du gaz et de l’huile de schiste, notamment aux États-Unis, sont en train de bouleverser l’ordre énergétique mondial. Cette révolution ne manquera pas d’avoir une multitude de répercussions, entre autres en matière géostratégique et environnementale, particulièrement sur les voisins et principaux exportateurs d’énergie du marché américain : le Canada et le Québec.
Jadis fantasme écologique ou simple sujet de science-fiction, la voiture électrique ou hybride est maintenant devenue réalité, avec une arrivée sur le marché remarquable. Reportage.
En plein cœur de l’estuaire du Saint-Laurent se trouve la plus grande île du Québec : Anticosti. Grande comme la Corse – 16 fois la taille de l’île de Montréal –, ce vaste territoire sauvage a souvent changé de propriétaire depuis le siècle dernier. Difficile d’accès, le potentiel économique de l’île a ainsi été limité au tourisme. Or, les découvertes récentes de ses réserves pétrolières d’envergure mondiale ont de quoi faire rêver. Un débat national est engagé pour décider des bénéficiaires de cette richesse inouïe.
Il semble que le gaz naturel soit appelé à demeurer la source d’énergie majeure de ce siècle et du suivant. Et que, dans un après-pétrole avec moins de nucléaire, cette énergie fossile occupera une place dominante dans l’offre énergétique mondiale, en complémentarité avec les énergies renouvelables.
Plusieurs Québécois considèrent l’exploitation des gaz de schiste comme une entreprise aussi dommageable pour l’environnement que l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta. Il est vrai que les deux activités se ressemblent : elles visent toutes deux l’extraction d’hydrocarbures qui contribuent aux émissions de gaz à effet de serre. Il est vrai aussi que les deux procédés d’extraction exigent de très grandes quantités d’eau, de surcroît souillée par des additifs chimiques.
Entrevue exclusive avec l’économiste en chef de l’American Petroleum Institute. Personne ne connaît mieux l’industrie pétrolière et gazière américaine que John Felmy. Depuis plus de 25 ans, ce docteur en économie se consacre entièrement à l’analyse des enjeux énergétiques américains : sécurité des approvisionnements de pétrole, contraintes environnementales, gaz de schiste, sables bitumineux canadiens, pipeline Keystone XL, politique énergétique du président Obama… rien ne lui échappe. 
Les temps sont difficiles pour le secteur municipal. Rumeurs de corruption, conflits d’intérêts présumés, infrastructures défaillantes… les médias ne sont pas tendres pour les élus et les gestionnaires des villes. Cependant, tout n’est pas aussi sombre qu’il y paraît.
L’accident nucléaire de Fukushima a éclipsé la marée noire dans le golfe du Mexique, comme celle-ci avait fait oublier le décès de 25 mineurs dans une mine de charbon de Virginie occidentale. Ces trois catastrophes, survenues en l’espace de moins d’un an, mettent en évidence les risques liés à l’exploitation des trois principales sources mondiales d’énergie : le pétrole, le charbon et le nucléaire.
Old Harry gît au fond du golfe Saint-Laurent depuis la nuit des temps. On pourrait en tirer deux milliards de barils d’hydrocarbures sur une période de 20 ans. Mais voilà : Old Harry repose exactement sur la ligne de démarcation entre les eaux du Québec et celles de Terre-Neuve-et-Labrador; environ les deux tiers des hydrocarbures se trouvent en territoire québécois et le tiers, en zone terre-neuvienne. Une nouvelle pomme de discorde énergétique entre ces deux provinces ?
 « Il y a au moins une chose dont on peut être certain : au Québec, nous serons les derniers en Amérique du Nord à exploiter les gaz de schiste ! » André Caillé émet un rire sonore qui cache mal sa contrariété.
Le Conseil mondial de l’énergie a fait parler de lui en septembre dernier, lors de son congrès triennal tenu au Palais des congrès de Montréal. Il y fut beaucoup question de gaz de schiste, dont la découverte venait de repousser l’échéance fatidique de l’épuisement des réserves d’énergies fossiles. Une bonne nouvelle pour les participants au Congrès, mais une catastrophe pour les écologistes qui, convaincus des effets néfastes des gaz de schiste sur l’environnement, manifestaient à l’extérieur.
Ce matin du 8 août 2010, Christophe de Margerie enchaînait les entrevues. Il arrive en coup de vent, La Presse sous le bras, me montre la première page. Il fulmine. En très gros plan, un pélican englué par le pétrole de la marée noire du golfe du Mexique. En plus petit, dans la colonne de gauche, Fernando Alonzo et son bolide : nous sommes à deux jours du Grand Prix. « Sur l’image de droite, c'est pas bon, mais sur celle de gauche, c'est bon ! Dans les deux cas, c'est du pétrole. Le défi de l'industrie pétrolière est un défi d'image ! » 

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