Été 2008 - No. 154

Articles de ce numéro

2008 est une année charnière pour l’économie du Québec et pour les relations Canada-Europe. Octobre en sera un temps fort, avec comme point culminant le Sommet Canada-Europe qui devrait, espère-t-on, coïncider avec le lancement des négociations visant un accord commercial transatlantique élargi. Un vaste chantier s’il en est, où « tout devra être mis sur la table  », prévient l’ambassadeur de l’Union européenne, Dorian Prince. Un chantier qui fait appel à l’adhésion de l’ensemble des provinces et qui constitue, pour le Québec, le cœur du défi pour l’emploi lancé par Jean Charest. Pour relever ce pari, le premier ministre du Québec souhaite que la province se dote d’un nouvel espace économique élargi, aux multiples horizons. La conclusion d’un accord de libre-échange moderne avec l’Europe devient, ici, l’une des cinq voies qu’entend emprunter Jean Charest. Les grands axes prioritaires comprennent aussi bien la négociation d’un nouvel accord sur le commerce avec l’Ontario que la conclusion d’une entente France-Québec sur la reconnaissance des compétences et des acquis, qui devrait tenir lieu de modèle. S’ajoutent au calendrier la négociation d’une entente pancanadienne sur la mobilité de la main-d’œuvre et un pacte pour l’emploi regroupant gouvernement, entreprises et syndicats autour d’enjeux qui touchent les assistés sociaux, les immigrants et la formation. Sans oublier, enfin, la mise en valeur du potentiel économique du Grand Nord québécois.  
Des scénarios catastrophe fusent de toutes parts, notamment en Europe et en Afrique, autour d’une probable pénurie mondiale de céréales. Ces prédictions alarmistes doivent toutefois être ramenées à une perspective plus réaliste. Pour le moment, le terme « pénurie » ne s’applique pas, puisque l’offre totale de céréales excède la demande.
Réveil d’un vieux démon que certains économistes croyaient à jamais disparu À quoi peut bien servir un gouverneur de la Banque de France ? La question se pose, évidemment, depuis la disparition du franc et la création de l’euro, en 1999. Pourtant, cette vénérable institution, créée en 1800 par Napoléon, est bien vivante, et son gouverneur, Christian Noyer, occupe toujours l’ancien hôtel particulier du comte de Toulouse, Louis Alexandre de Bourbon, attribué à l’institution par l’empereur en plein cœur de Paris.  
Monique Leroux prend les commandes de Desjardins. Pourra-t-elle les garder jusqu’en 2016 ?   Entrevue avec Monique Leroux, présidente et chef de la direction du Mouvement des caisses Desjardins En ce lundi matin du 17 mars 2008, l’ambiance n’est pas vraiment à la fête au quartier général montréalais du Mouvement Desjardins, situés au 40 e étage de la Tour Sud du Complexe Desjardins. Le collège électoral des 256 délégués vient de décider de ne pas confier les rênes du Mouvement aux grandes pointures de l’interne que sont Bertrand Laferrière, président et chef de l’exploitation de la Fédération, et Jean-Guy Langelier, président et chef de l’exploitation de la Caisse centrale Desjardins.  
Tel qu’annoncé, l’ère des turbulences a été au rendez-vous ; nous sommes maintenant à celle de la reconstruction. Les divers gouvernements nationaux, les banquiers centraux et privés, les agences financières internationales se sont mobilisés comme jamais.
Lancée en mars 2000 par l’Union européenne, la « stratégie de Lisbonne » visait à faire de l’Europe « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde à l’horizon 2010 ». L’ambition était grande, sans doute irréaliste. Peut-être pouvait-elle même faire sourire. Et de fait, huit ans plus tard, elle ne semble pas en bonne voie. Dans un rapport récemment remis au gouvernement français, Laurent Cohen-Tanugi en dresse un bilan contrasté : l’objectif d’un taux de croissance de 3 % n’a pas été atteint par l’Union européenne sur la période 2002-2006, constate-t-il, même si « la moitié des États membres ont affiché des résultats supérieurs ». Certes, les taux d’emploi global « ont connu une évolution positive ». Mais les dépenses européennes de R-D demeurent très loin de l’objectif affiché de 3 % du PIB. À 1,8 %, « elles apparaissent même en régression depuis 2000 ». Les 27 États membres de l’UE ne renoncent pas pour autant, et le Conseil européen de mars 2008 vient même de réaffirmer sa détermination.  
Le pape Benoît XVI ne viendra pas à Québec. Pourquoi donc ? Selon des spécialistes du Vatican, les raisons en sont multiples. La stratégie du cardinal Marc Ouellet, notamment, était indéniablement défaillante. Et la récente polémique sur le passé catholique du Québec n’a pas aidé non plus.  
Dans la plupart des pays, même s’ils sont généralement respectés, les politiciens n’ont pas bonne presse et ne trouvent pas aisément grâce aux yeux de leurs compatriotes. L’affaire n’est pas nouvelle. Voltaire lui-même n’avait pas une haute idée de la politique, dont il disait qu’elle « a sa source dans la perversité plutôt que dans la grandeur de l’esprit humain ». Plus près de nous, Michel Rocard, ancien premier ministre français et donc lui-même « animal politique », selon les mots de Platon, n’est guère plus encourageant lorsqu’il écrit : « La politique, c’est poisseux, c’est crasseux, et ce qui est noble n’est pas politique, mais vient d’ailleurs » !  
Phoebe Greenberg aurait pu choisir Ottawa, sa ville natale. Elle aurait pu choisir Paris, où elle a séjourné durant sept ans. En fait, elle aurait pu choisir n’importe quelle ville du globe. Parce qu’elle en a les moyens et qu’elle est sans contredit citoyenne du monde. Mais elle a choisi sa ville d’adoption, Montréal, pour donner naissance à un joyau exceptionnel dans le domaine : la DHC/ART Fondation pour l’art contemporain. Phoebe Greenberg accorde peu d’entrevues. Elle évite les projecteurs, préférant plutôt les braquer sur les créateurs et leurs créations. AVENUES vous propose une rencontre avec cette artiste, femme d’affaires et mécène.  
Le point de vue de Dorian Prince L’Union européenne se dit très favorable à une plus grande intégration économique avec le Canada. Si le processus enclenché à Berlin l’an dernier illustre le sérieux de l’engagement outre-Atlantique, nous sommes cependant encore loin du chantier qui mènerait à la signature d’un accord de libre-échange entre ces deux grands partenaires. L’ambassadeur de l’Union européenne, Dorian Prince, parle d’étapes à franchir et d’enjeux qui ne pourront être contournés. « Le cas échéant, tout devra être mis sur la table », ajoute-t-il, rappelant que certaines questions très importantes pour l’Europe sont de compétence provinciale.  
Le commerce Canada-Europe Le point de vue de Perrin Beatty Le moment est venu pour le Canada de diversifier ses marchés à l’exportation. Car le ralentissement économique américain et les élans protectionnistes, et surtout la remise en question de l’ALENA au sud de la frontière, braquent les projecteurs ailleurs. Sur l’Asie, certes, mais surtout sur l’Europe, où beaucoup reste à faire. La voie européenne est d’autant plus attirante que Bruxelles fait désormais preuve d’ouverture, ce qui n’était pas le cas il y a trois ou quatre ans.    

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